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Dépenses publiques: L’Etat veut serrer la ceinture

Par L'Economiste | Edition N°:3328 Le 27/07/2010 | Partager

. Parc automobile, frais de déplacement, de réception… visés . Mais pas question d’austérité. Un guide de bonne gestion des deniers de l’Etat en préparationL’Etat vit-il au-dessus de ses moyens? La question revient dans tous les débats. Pourtant, ce n’est pas les avantages en nature, accordés aux membres du gouvernement, qui sont pointés du doigt comme c’est le cas dans de nombreux pays. Et encore moins la double rémunération de certains hauts fonctionnaires (cumul des mandats), mais les «dépenses publiques improductives». Dans le collimateur, les frais liés au parc automobile de l’Etat, les dépenses de téléphone, de réception et de déplacement. Dans le passé, la décision de limiter le développement du parc automobile de l’Etat avait déjà donné de très bons résultats (cf.www.leconomiste.com) avant que les préposés à cette rationalisation ne retombent dans le laxisme. Parmi les postes de dépenses publiques au répertoire de chasse au gaspi, les frais de téléphone jugés faramineux. Certaines administrations font déjà face à des arriérés de paiement. C’est insensé quand on sait que de gros investissements sont faits dans les nouvelles technologies pour moderniser l’administration publique. Aussi, la concurrence du marché de la téléphonie contribue largement à baisser les factures. Seul le ministère des Finances aurait un plafond maîtrisé de ses dépenses en téléphonie. Mais à quoi sont exposées les administrations défaillantes? Les règles de modernisation des services de l’Etat n’ont pour l’instant rien prévu.D’autres économies restent à faire «même si elles peuvent sembler des bouts de chandelles». Il s’agit des frais de réception et de déplacement, qui ne sont soumis à aucun contrôle, qui saignent les dépenses publiques. L’on évoque ici et là, la possibilité de confier leur gestion à une seule entité de l’Etat. Il y a une forte rationalisation à opérer également dans l’utilisation de la masse salariale, dans le cas où un ministère se réorganise et crée un établissement public (cas très courant) pour, dit-on, être plus performant. Il suffit de ne plus cumuler la même masse salariale, car «le bon sens voudrait de revoir son organigramme, son organisation pour le redéploiement de ses ressources humaines pour être plus performant». A cet effet, il faut mettre en adéquation les transferts de budget en faveur des établissements publics, qui pèsent lourdement avec les capacités d’exécution. Car, «ça ne sert à rien de booster des trésoreries qui deviennent pléthoriques, sans impact, sans exécution». L’initiative du ministère des Finances, consistant à faire désormais le point à mi-parcours sur l’exécution du budget en cours de l’Etat, avec les parlementaires, a quelque chose de salutaire. Elle permet d’acter plus largement les choix économiques du pays. L’objectif, selon Mohamed Chafiki, directeur des Etudes et Prévisions financières, c’est d’éviter justement de concevoir une sorte «d’intégrisme des finances publiques» qui serait déconnecté des priorités de l’Etat. De ce fait, le ministère des Finances appelle de tous ses vœux pour introduire un changement dans la loi organique des finances. «Pour que ses ancrages, encore plus fondés que les relations entre évolution, priorités économiques et objectifs du millénaire, soient le point de départ du processus budgétaire». Ce qui permettrait également d’avoir les moyens d’évaluation des politiques publiques au regard des populations cibles, des objectifs déclinés au départ. La réunion sur l’exécution du budget 2010, tenue le 13 juillet, d’une part, entre le ministère des Finances avec tous les secrétaires généraux des ministères, et de l’autre, avec les responsables des établissements publics, va dans le même sens de rationalisation des deniers publics.Selon nos informations, le ministère des Finances travaille sur un guide de bonne gestion des deniers publics. Même s’il ressort de cet exercice avec les parlementaires que le gouvernement est en ligne avec les prévisions de la loi de finances, démontrant une maîtrise des dépenses publiques avec une croissance sur les recettes à 52,5% à fin juin. D’autant plus que l’Etat n’a plus les mêmes marges de manœuvre avec une élasticité de l’épargne et que le commerce extérieur peine à suivre. Certe, l’évolution des services permet de compenser les pertes de la balance commerciale, mais au final, le compte courant reste négatif, confirmant l’assèchement de l’épargne. D’un point de vue de bon sens économique, c’est bon signe. Car, «comment concevoir pour un pays en développement comme le Maroc d’avoir de l’épargne non utilisée», fait remarquer Chafiki. On est dans une situation où l’économie marocaine continue de développer une grande capacité d’absorption des financements. En tout cas, aujourd’hui, le taux d’investissement est supérieur à celui de l’épargne, ouvrant la voie du financement de notre croissance à une partie de l’épargne mondiale. En ce sens, sauvegarder le cadre macroéconomique permettant ce financement est une priorité pour le ministère des Finances. Mais pour Chafiki, «il n’est pas question de plan de rigueur ou d’austérité, mais juste une rationalisation des dépenses publiques». Sachant que le signal d’un déficit de 3,5% est donné pour signifier que «notre économie va dans le sens de l’amélioration». Mais pour cela, deux moyens s’offrent aux conjoncturistes: augmentation des recettes fiscales, moyennant des réaménagements à la hausse du TVA par exemple. Ce qu’ont fait beaucoup de grands pays dont l’Allemagne. «C’est un scénario que le Maroc rejette parce que contraire à la logique des réformes qu’il a engagées et dont l’objectif est de baisser les taux et élargir l’assiette», déclare Chafiki. Faut-il faire du budget d’investissement alors une variable d’ajustement, en le sabrant? «C’est le pire scénario pour un pays en développement». Reste alors les dépenses improductives de fonctionnement de l’administration et qu’il faudra désormais rationaliser.


Rigueur en Europe

Là où certains pays européens ont opté pour un plan de rigueur, le Maroc entend maintenir le trend de la croissance, mais en appelant à une rationalisation des dépenses publiques. La Grèce misera 30 milliards d’euros, entre 2010-2012, pour effacer un déficit de 14% de son PIB en 2009. En même temps, l’Italie veut réduire le déficit budgétaire de 5,3% du PIB en 2009 à 2,7% en 2012, en misant 24 milliards d’euros.L’Espagne mise sur une rallonge de 50 milliard d’ici à 2013 pour ramener son déficit de 11,2% à 6% dès 2011. L’Angleterre a déboursé 7,2 milliards d’euros en 2009 pour un déficit de 11,1%. C’est le cas aussi de l’Irlande qui veut ramener ses 14,3% de déficit en 2009 à 11,5% cette année, en misant 7 milliards d’euros.Bachir THIAM

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