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Economie

Dépendance énergétique: Comment s’en affranchir

Par L'Economiste | Edition N°:1948 Le 31/01/2005 | Partager

. Les fluctuations des cours du brent exigent la diversification. Alternatives: Gaz naturel, GPL et nucléaire. Le ministère s’y prépare Un casse-tête chinois. Comment le Maroc peut-il réduire sa dépendance au brent? “Il est imminent de penser à la diversification des ressources énergétiques, notamment l’introduction du gaz naturel”. Les participants au deuxième séminaire international sur “les défis énergétiques du XXIe siècle pour le Maroc et pour l’Europe” sont unanimes sur ce point. Organisée le 27 janvier à Rabat par la Fédération nationale de l’énergie, la rencontre a porté via des regards croisés sur les expériences française et marocaine et les différents scénarios de prospective. D’emblée, le président de la Fédération de l’énergie a planté le décor en proposant une alternative. Pour Abdellah Alaoui, “le développement du gaz permet d’assurer une plus grande sécurité de l’approvisionnement du pays et atténuer sa dépendance du pétrole”. Des propos partagés par Hassan Chami, président de la CGEM, pour qui “le gaz naturel doit avoir une place de prédilection dans la politique énergétique”. Selon lui, les résultats d’un récent benchmark ont montré que l’énergie au Maroc est 4 fois plus chère qu’en Espagne, en France ou encore l’Italie. Et pour cause, “nous utilisons des énergies autres que le gaz naturel”, explique le patron des patrons. Pis encore, selon lui, le coût du gaz est 40 fois plus cher au Maroc qu’en Egypte. D’où l’impératif d’aller vers d’autres sources et trouver des solutions alternatives. Le président de la Fédération de l’énergie a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’une prospective énergétique pour préparer l’avenir. L’objectif étant de définir les solutions susceptibles de relever les défis du pays. Ces derniers ont trait à la sécurité de l’approvisionnement à long terme, aux tensions sur les prix, au respect des engagements internationaux pour la préservation de l’environnement ou encore à la raréfaction des réserves.Pour l’utilisation du gaz, les pouvoirs publics sont appelés à donner plus de visibilité aux futurs opérateurs. L’enjeu est d’intégrer une politique gazière dans les plans d’aménagement du territoire et les schémas directeurs d’urbanisme. Le scénario actuel prévoit le déploiement du gaz dans la production de l’électricité ainsi que son extension aux usages industriel, tertiaire et résidentiel. Dans une première étape, le Gazoduc Maghreb-Europe devra alimenter les premiers branchements pour produire l’électricité. Mais, pour des raisons de sécurité d’approvisionnement, des scénarios prévoient la diversification des sources par des investissements mitoyens des zones industrielles et tout au long du littoral. Aussi, pour plus de visibilité, le secteur veut que “la révision et la promulgation du projet du code gazier soient enclenchées”, souligne Alaoui. Aujourd’hui, il faut tirer des enseignements des fluctuations des prix du brent en 2004 sur la balance de l’économie nationale et de la Caisse de compensation, estiment les professionnels. La facture énergétique pèse lourd sur les équilibres financiers et économiques. En témoigne son coût qui s’est élevé à 26 milliards de DH l’année dernière malgré une consommation jugée relativement faible. Une situation attribuée essentiellement au renchérissement du pétrole mais aussi au coût du charbon qui est passé de 35 à 70, voire 80 dollars, explique Abdelali Bencheqroun, secrétaire général de l’Energie.A cela s’ajoutent les arriérés de paiement de la Caisse de compensation pour les produits pétroliers et le butane. A fin décembre 2004, ces derniers étaient estimés à plus de 4 milliards de DH (cf. www.leconomiste.com). Le surcoût a révélé la vulnérabilité du secteur énergétique. Les pouvoirs publics se disent conscients de cette fragilité due principalement à la non-production de ressources et à la forte dépendance des marchés étrangers (95%). D’où une nouvelle approche. “Une stratégie pétrolière est entrée en application en mai 2004 visant la mise à niveau de l’outil de raffinage”, rappelle la tutelle. Sur le plan institutionnel, une réorganisation du département de l’Energie a été enclenchée pour accompagner cette dynamique, est-il ajouté. Mais au préalable, des efforts ont été accomplis pour réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole par la diversification des sources d’approvisionnement, est-il signalé. En témoigne l’évolution de la part du pétrole dans le bilan énergétique. Celle-ci compte pour 60 contre 95% dans les années 70, selon Bencheqroun. Quant à la contribution du charbon, elle a évolué depuis les années 80 passant de 8 à 31,5%. Aujourd’hui, 57% de l’électricité sont produites à base de cette source d’énergie qui a elle aussi connu une flambée des cours en 2004, ajoute-t-il. Ce qui, selon les analystes, a coûté cher à l’ONE. Cette évolution s’est traduite pour l’Office par une augmentation des charges de l’ordre de 1,3 milliard de DH en 2004. Des surcoûts qui n’ont pas été répercutés sur la facture finale du client. Par ailleurs, si la situation perdure, “une augmentation des tarifs pourrait être envisagée après concertation avec le gouvernement”.Selon Bencheqroun, il est nécessaire de passer à une énergie compétitive avec une baisse des tarifs de l’électricité d’au moins 35%. Aussi, va-t-il falloir passer à une consommation rationalisée. Le tout via une articulation entre le système de tarification et la sensibilisation du consommateur comme c’est le cas dans l’Hexagone (voir encadré). Autres solutions envisagées pour atténuer l’impact des fluctuations du marché pétrolier, la tutelle préconise de réorienter le transport vers des modes comme le ferroviaire ou encore l’utilisation du GPL (gaz de pétrole liquéfié). Quel que soit le scénario, la garantie de service public devra être prise en compte ainsi que la notion de solidarité. Le tout dans un système cohérent adapté à l’offre et la demande pour éviter des ruptures de stocks. Bien entendu, des simulations sont à effectuer pour tracer les contours du marché de demain. Bref, les investissements appropriés aux besoins en consommation, à l’environnement et au développement durable. Rappelons que le secteur énergétique est fortement capitalistique. Selon les experts, il nécessite des investissements annuels de 7 à 10 milliards de DH.


Faisons vite… ça chauffe!

Pour optimiser les économies d’énergie et réduire les émissions de CO2, une campagne de mobilisation a été enclenchée dans l’Hexagone en 2004. Une action inscrite sur 3 ans dont l’objectif est de susciter l’adhésion de la société et inciter les Français, “responsables de 50% des émissions de gaz”, à économiser l’énergie pour la lutte contre l’accroissement de l’effet de serre. Le slogan est simple mais très évocateur “Faisons vite… ça chauffe”. Pour sa part, le Maroc est sur le point de lancer une campagne liée aux émissions de gaz d’échappement. Dès février, des actions seront enclenchées pour sensibiliser les conducteurs de camions, autocars et véhicules diesel sur les nuisances de la pollution et leurs conséquences sur le climat.


Le nucléaire pour le long terme

Le Maroc, à l’instar du monde entier, doit penser à l’énergie nucléaire. C’est une fatalité qui s’impose à long terme. Selon le président de la Fédération de l’énergie, “le Maroc aura d’ici 20 à 40 ans sa production nucléaire”. Pour beaucoup, cette solution est jugée chimérique, d’autant plus qu’elle suppose des investissements faramineux. Pourtant, la Fédération ne voit pas le problème financier comme un obstacle infranchissable. Elle compte sur le soutien des pays de l’OCDE riverains (France et Espagne). Meryem MOUJAB & Amin RBOUB

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