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Crise: Le pays épargné, mais...

Par L'Economiste | Edition N°:2901 Le 13/11/2008 | Partager

. Impact inévitable sur l’économie réelle . L’export, premier à en pâtir. Rencontre des diplômés de Dauphine«A chaque fois que l’on vous dit: cette fois, c’est différent!... n’y croyez pas! Nous sommes juste dans un cycle, plus sévère, plus long, il n’y a rien de particulier qui ne se soit déjà passé». Ce sont les propos de Adil Douiri, ex-ministre du Tourisme, lors de la conférence organisée le 11 novembre par l’Association marocaine des diplômés de Dauphine, autour du thème «Crise financière internationale: quel impact pour le Maroc» .Pour la circonstance, Adil Douiri a revêtu sa casquette de spécialiste des marchés financiers. «Le Maroc est passé à côté de la crise, car son économie encore jeune et son système de change l’ont mis à l’abri». Par contre, pour l’économie réelle, l’impact est inévitable. Mais il resterait quand même limité. Les exportations du Royaume seraient les premières à en pâtir. Celles-ci avoisinent les 200 milliards de DH par an, dont 50 milliards pour les seuls services touristiques. «Sur ces 200 milliards, il y aura probablement une baisse, due notamment au recul de la consommation. Ce qui va nous coûter quelque 20 milliards de CA à l’export, notamment à cause de la baisse de la demande des ménages étrangers», explique Douiri, avant d’ajouter que « Le PIB national étant de quelque 600 milliards par an, la baisse à prévoir serait probablement de 1,5 à 2%». L’ex-ministre du Tourisme a insisté sur l’importance de notre faible intégration à l’économie mondiale, en rappelant que le palier franchi par la croissance nationale l’a été grâce à des facteurs endogènes. «2005 a été l’année de la rupture. Notre économie s’est développée grâce à l’investissement public de l’Etat, qui a doublé en cinq ans», précise Douiri, avant d’ajouter que «les plans Emergence ou encore Vision 2010 vont forcément être impactés, mais nous commençons à peine à en voir les fruits». Pour Thami Kabbaj, professeur agrégé d’économie à l’université de Paris-Dauphine, les marchés financiers peuvent échapper à toute rationalité. A travers un exposé mêlant théories économiques et origines de la crise, le public a eu droit à un véritable cours magistral. «L’épargne investie massivement aux Etats-Unis a conduit à une pression à la baisse sur les taux d’intérêt. Par conséquent, l’économie américaine s’est retrouvée avec des taux d’intérêt inférieurs à son taux de croissance», souligne Kabbaj, avant d’ajouter que «les ménages se sont donc endettés de plus en plus. En outre, 50% des achats immobiliers aux Etats-Unis ont été investis pour l’acquisition de résidences secondaires».Le Maroc a-t-il intérêt à rester à l’écart de l’économie mondiale? Sur ce point, Kabbaj a défendu la position opposée: «S’aligner sur l’économie internationale ne peut que rendre la nôtre plus performante, à l’instar de l’économie chinoise». Adil Douiri a corroboré cette opinion. «Même si on a gagné le premier palier de croissance grâce à des facteurs endogènes, cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner la bataille du libre-échange. D’ailleurs, le facteur endogène finira par s’essouffler».


La théorie l’avait prédit!

D’après l’économiste John Maynard Keynes, «il n’y a rien de plus irrationnel que d’investir de manière rationnelle sur les marchés». L’exposé de Thami Kabbaj a abondé dans ce sens. «Les investisseurs sont rarement rationnels en situation d’incertitude. Plusieurs données inconnues du grand public peuvent surgir, et justifier la valorisation actuelle du titre boursier», indique-t-il. A cet égard, la théorie des conventions et des déterminants du cours boursier est édifiante. D’après cette théorie, le cours peut être déterminé par une raison d’ordre fondamental, comme, par exemple, le prix du pétrole. La seconde raison peut être d’ordre psychologique, comme l’euphorie ou la panique, qui peuvent donner lieu à une «rationalité mimétique» des boursicoteurs. La troisième raison peut être inattendue, tel le délit d’initié, celui qui a bouleversé récemment la place casablancaise.Adam Berrada

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