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    Conditions bancaires: Les entreprises acculées à plus de vigilance

    Par L'Economiste | Edition N°:400 Le 15/12/1998 | Partager

    Quand les sociétés, quelle que soit leur taille, comprendront que le contrôle et le suivi des conditions bancaires constituent une source appréciable et immédiate d'économie, elles s'organiseront en conséquence. AKCE Finance montre la voie.


    A quelques exceptions près, les entreprises ne sont pas structurées pour assurer un contrôle efficace des conditions bancaires qui leur sont appliquées. Elles les subissent comme une donnée exogène, voire comme une fatalité. Une attitude qui accentue d'ailleurs le déséquilibre de la relation banque/entreprise au profit de la première. Certes, il est communément admis que l'entreprise de taille moyenne est largement dépendante de son banquier, notamment parce que sa structure financière ne lui permet pas de lever des fonds directement sur le marché financier. Toutefois, le contrôle et le suivi régulier des conditions bancaires peut lui faire économiser de l'argent et dans l'immédiat.
    Concrètement, l'optimisation de la relation banque/entreprise comporte deux volets. "Le premier est lié à la réussite de la négociation des conditions avec la banque, le second à l'obtention d'une confirmation écrite", précise M. Mohamed EL Hajjouji, président-directeur général d'AKCE Finance, lors du séminaire de formation organisé le 10 décembre sur le contrôle des conditions bancaires. A ce stade, l'objectif est à la fois d'obtenir une simplification maximale des conditions appliquées et les faire notifier par la banque. Ce qui constitue une preuve en cas de conflit. "Mais attention, cela ne suffit pas", ajoute M. EL Hajjouji. Il faut ensuite être à même d'assurer un suivi régulier du respect de ces accords, car la banque risque à tout moment de s'éloigner de l'engagement initial. En outre, est-il rappelé, c'est à l'entreprise de suggérer l'actualisation des accords en cas de changement de taux ou de tarification. "Rares sont les institutions qui répercutent la baisse automatiquement".

    Sur le plan interne, les enjeux du contrôle sont loin d'être négligeables pour l'entreprise. Les gains en termes de frais financiers peuvent même être immédiats au niveau par exemple de l'application du régime des dates de valeur.
    A rappeler que les dates de valeur sont applicables sur l'ensemble des flux générés par l'entreprise et donc sur tout mouvement d'entrée ou de sortie d'argent. D'autres sources d'économie peuvent être identifiées, issues notamment des écarts de taux d'intérêt ou des variations de cours des devises. "La mission de contrôle peut à travers ces postes dégager des économies conséquentes pour l'entreprise".


    Comment négocier avec sa banque


    Réclamer une simplification des conditions bancaires suppose au préalable une parfaite connaissance de commissions et dates de valeur prélevées pour chaque type d'opération. Il est donc nécessaire de les répertorier avant d'explorer les possibilités de simplification. Cette dernière doit donc concerner, non seulement les dates de valeur, mais aussi le système de commissions. L'idéal serait d'arriver à obtenir un régime de date de valeur unifié (une date de valeur moyenne unique) et de remplacer la multiplicité des commissions par une seule commission flat (forfaitaire) dont le montant pourrait être renégocié périodiquement. Certaines banques commencent peu à peu à s'ouvrir à cette démarche de simplification, car elles ont compris qu'elles pourraient également en tirer partie. Par exemple, au lieu de paramétrer une douzaine de commissions relatives au crédit documentaire, il est plus intéressant pour les deux parties d'instaurer une commission flat à l'encaissement. La relation banque/entreprise gagnera en transparence.


    La démarche à suivre


    Comment organiser la mission de contrôle au sein de l'entreprise. En menant d'abord une réflexion sur le réseau bancaire avec lequel elle entretient des relations suivies. Il s'agit ensuite de répertorier les documents de base et d'identifier la procédure de circulation des documents à travers les différents services. "Dresser l'état des lieux doit à ce niveau susciter un véritable travail de réflexion", explique M. El Hajjouji. Existe-t-il un engagement écrit de la banque qui fixe les conditions appliquées? Si oui, il est alors plus aisé d'établir un recueil des commissions.
    Par ailleurs, avant de mettre en place une organisation de contrôle, il est préférable de recenser les outils disponibles (logiciel informatique notamment). La délimitation de l'étendue du contrôle requiert également un travail de réflexion et à ce niveau, des arbitrages sont nécessaires. Il ne sert à rien de tout contrôler. "Il ne faut faire que du contrôle rentable sur la base de règles de travail précises". Ce qui va entraîner inévitablement une redistribution des missions au sein de la direction financière de l'entreprise et l'affectation d'une personne à la tâche de contrôle et de suivi des conditions bancaires. "Une mission qui permettra à l'agent à fort potentiel d'évoluer vers le poste de trésorier". Outre le contrôle, sa mission portera sur le suivi des réclamations adressées à la banque et des régularisations le cas échéant. "La mission du responsable de contrôle ne s'arrête pas à l'envoi de la réclamation, car elle doit englober aussi le suivi de la relation avec la banque afin de déceler à temps les problèmes de fond". Enfin, ne pas oublier de mettre en place un système de reporting. Il est nécessaire, car il va permettre de mesurer l'efficacité du travail accompli par le contrôleur. "Aussi ce dernier est-il tenu de crédibiliser sa démarche en réalisant des économies immédiates", relève M. El Hajjouji.
    En fait, le reporting aura une double mission. D'abord, évaluer la performance du contrôleur et de l'organisation adoptée. Ensuite, apprécier la qualité de service de la banque à travers la masse des réclamations en suspens et les délais de régularisation. Un clignotant supplémentaire pour évaluer la qualité de la relation banque/entreprise.

    Mouna KABLY

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