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Economie

Compétitivité territoriale
Le Nord commence à émerger

Par L'Economiste | Edition N°:1937 Le 13/01/2005 | Partager

. Casa-Rabat toujours incontournable . Souss Massa: Dynamique mais relativement pauvre . Déséquilibre: 2% du territoire produisent 48% du PIBComme pour les Etats, les villes ou plus généralement les régions peuvent faire l’objet d’une analyse mettant en rapport la croissance démographique et la productivité économique. La pertinence d’une telle étude s’explique par un motif interne de développement économique et social mais aussi par des contraintes externes. Ces dernières consistent dans les recommandations des institutions financières internationales portant sur l’amélioration de la gouvernance, la décentralisation et la lutte contre la pauvreté. Au Maroc, le dernier recensement économique et celui de la population permettent d’avoir une idée sur le degré d’harmonie et d’équilibre de la politique économique. En d’autres termes, il s’agit de répondre à la question suivante: Est-ce que les régions (ou villes) bénéficient d’un développement économique en adéquation avec leur croissance démographique? Les résultats du dernier recensement de la population, fournis par le Haut-Commissariat au Plan, indiquent que la région du Grand Casablanca est la plus peuplée (3,6 millions de personnes). Elle domine le tissu économique également. Selon le dernier recensement économique effectué en 2002, celle-ci se positionne en tête avec 17,1% des établissements que compte le pays et 29,5% des emplois. Ces atouts se traduisent aussi par une première place au classement du PIB par habitant et par km2 selon une étude publiée par la direction de l’Aménagement du territoire en février 2003. La région du Souss-Massa-Drâa vient en seconde position sur le plan démographique avec 3,1 millions d’habitants. Elle se distingue également par un grand dynamisme économique. En 2002, la région comptait 10,5% des établissements économiques du Royaume, qui emploient 8,3 % de sa population active. Mais elle ne vient qu’en sixième position dans le classement du PIB par habitant et par km2. Ce retard s’explique par la concentration des activités essentiellement de pêche dans cette région. La plupart des employés appartiennent, par conséquent, à la catégorie des faibles revenus. . Canaliser de plus en plus d’investisseursPar la suite, le classement ne reflète plus la corrélation entre poids démographique et dynamisme économique. Ainsi, la région de Rabat-Salé vient après celle de Tensift-Al Haouz sur le plan démographique, mais la précède sur le plan économique. De plus, elle talonne la région du Grand Casablanca dans le classement du PIB. Le bon classement de cette région est dû au fait qu’elle constitue un des principaux pôles de développement du Royaume. Sa forte urbanisation et l’important taux de scolarisation de ses habitants fournissent une explication supplémentaire. A côté de ces références classiques, on constate l’émergence de nouvelles régions en tant que futurs pôles de développement. La région de Tanger-Assilah s’illustre à ce niveau. Selon le dernier recensement, la ville de Tanger est parmi celles qui affichent la plus forte dynamique démographique. Economiquement, la région Tanger-Assilah vient juste après celle de Rabat-Salé quant au nombre d’emplois générés et en cinquième position pour le nombre d’entreprises. Ce dynamisme lui permet d’accaparer la troisième position dans le classement du PIB par habitant et par km2. Commentant le résultat du dernier recensement, Ahmed Lahlimi, le Haut commissaire au Plan, dira à ce propos que le Nord canalise de plus en plus d’investisseurs et finira par attirer les populations (cf. www.leconomiste.com).. Au détriment de Fès-BoulemaneCette montée de la région du Nord se fait au détriment de Fès-Boulemane. Traditionnellement considérée comme une zone industrielle de premier plan, elle est dépassée par sa voisine de Meknès-Tafilalt en nombre d’entreprises. Cette contre-performance de la région pourrait s’expliquer entre autres par le climat d’insécurité qui règne à Fès et ses faubourgs. De plus, la mauvaise gestion de certaines entreprises n’a pas aidé, semble-t-il, à fructifier le capital industriel de la région. L’agriculture permet de sauver la mise et place la région de Fès en quatrième position dans le classement du PIB. Les régions susvisées ont une superficie qui ne dépasse pas 2% du territoire marocain mais produisent 48% du PIB. Ceci témoigne d’une politique économique très déséquilibrée qui profite à certaines régions tout en marginalisant d’autres. Ainsi en est-il de la région du Sud dont certaines villes connaissent pourtant une forte dynamique démographique. Celle-ci ne connaît qu’une activité économique rudimentaire traduite par un tissu industriel symbolique et une agriculture quasi inexistante. Le PIB relativement élevé dans les villes du Sud peut étonner au vu des données précédentes. L’importance des transferts dont bénéficient ces territoires en est l’explication principale. Les performances de Laâyoune et de Jerrada, plus particulièrement, sont dues à la présence d’une activité de pêche hauturière pour la première et une mine de charbon pour la deuxième.


Inégalités de 1 à 20

Alors que le revenu moyen par habitant au Maroc est faible, le PIB par habitant et par km2 des régions du Grand Casablanca et de Rabat-Salé est supérieur de trois fois à la moyenne nationale. Il dépasse, selon une enquête de la direction de l’Aménagement du territoire publiée en février 2003, environ 40.000 DH par an. Comparé aux autres régions dont le PIB oscille généralement entre 2.000 et 10.000 DH, l’écart devient stratosphérique. En effet, l’inégalité entre les régions les plus riches et les plus pauvres est de l’ordre de 1 à 20. Ceci remet sur le tapis le débat classique sur la meilleure approche pour réaliser un développement économique optimisé. Faut-il opter pour le modèle français qui prône la généralisation du développement à tous les coins du territoire national ou faire la part des choses à l’américaine? Dans la pratique, le premier modèle a montré ses limites alors que le deuxième accroît la rationalité de la démarche économique. Mais est-ce une raison suffisante pour justifier l’écart faramineux entre régions au Maroc? Si les chiffres sont un facteur d’explication de l’importance du PIB de la région du Grand Casablanca, il n’en est pas de même pour la région de Rabat. Jugez-en par vous-mêmes. La région du Grand Casablanca est la plus peuplée (3,6 millions de personnes). Elle domine également le tissu économique. Selon le dernier recensement économique effectué en 2002, celle-ci se positionne en tête avec 17,1% des établissements économiques que compte le pays et qui génèrent 29,5% des emplois!Il est donc tout à fait compréhensible que son PIB par habitant et par km2 soit aussi conséquent. Le cas de la région de Rabat-Skhirat est moins évident. Celle-ci avec 9,3% des établissements et 9,8% d’emplois est loin de concurrencer la région du Grand Casablanca. Pourtant elle vient en deuxième position dans le classement du PIB par habitant et par km2. Ceci nous conduit à penser que si la richesse se crée généralement par la productivité, la redistribution des ressources peut parfois biaiser le jeu et privilégier une région par rapport à d’autres. Morad El Khezzari

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