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Comment réussir le développement régional

Par L'Economiste | Edition N°:2057 Le 05/07/2005 | Partager

. Les erreurs qui empêchent l’éclosion de la région. Il faut organiser et favoriser les échanges entre acteurs locaux. Quel rôle pour la Caisse de dépôt et de gestion?Qu’est-ce que le développement régional? Quels mécanismes d’échanges entre les acteurs locaux et modes d’interventions pour le réussir? Ces questions ont été au cœur du débat, organisé à Marrakech fin juin à l’occasion de la convention collective de CDG Développement sur «le développement régional entre volonté et réalité» (cf. www.leconomiste.com). Deux modérateurs: Nadia Salah, rédactrice en chef de L’Economiste et Khalid Laraïchi, directeur de cabinet du directeur général de la CDG, face à un panel d’intervenants composé de Mustapha Bakkoury, DG de la CDG, Ahmed Darouich, DG de CDG Développement, Ali Ghannam, PDG de MHV et ex-wali de la région d’Agadir, Mohamed M’Barki, DG de l’Agence de l’Oriental et ex-wali de la région de Tétouan et Mohamed Fassi Fihri, membre du Conseil d’administration de la CDG et ex-DG de l’OFPPT.Tout d’abord, M’Barki a fait remarquer que le développement régional existe uniquement dans les discours et concepts avancés ici ou là, mais pas sur le terrain. «Il y a un rejet de l’idée de la région», a-t-il relevé. D’où son constat que «nous sommes en train d’apprendre la région». Il temporise ces affirmations en notant «qu’il y a une forte volonté institutionnelle d’ancrer l’idée de la région dans les politiques étatiques, mais que le développement régional a été toujours monopolisé par l’Etat et n’a jamais été relayé vers la région». En tant qu’ex-wali, Ghannam est interpellé par Nadia Salah sur la nature des relations du wali avec le Conseil régional pour savoir ce qui a bloqué le transfert dont parle M’Barki. «A travers l’expérience de la région d’Agadir, le financement de projets structurants ne pouvait pas être conçu sans l’implication constructive du Conseil régional, sinon, à cause notamment de l’attitude des élus, les intervenants politiques locaux se noyaient dans l’urgence des besoins et demandes à très court terme, servant davantage les calculs électoraux», a affirmé Ghannam. La modératrice relance alors Fassi Fihri sur les possibilités de formation des élus pour les imprégner du souci de développement de projets économiques et sociaux à long terme. «Malheureusement cela n’a jamais été fait!» constate Fassi Fihri. Ce dernier note que «la préoccupation du développement local existe, mais c’est la structuration institutionnelle des organes de gouvernance et gestion locales qui fait défaut». Il y a ainsi une sorte de déperdition des actions des organes de la collectivité locale, de par même l’organisation des relations entre élus et représentants locaux de l’administration. D’où la difficulté de traduire sur le terrain la vision centrale du développement de la région.Laraïchi, qui a notamment relevé dans une étude sur le développement régional «la complexité des contraintes» freinant l’élan des élus et agents de l’autorité centrale, s’est interrogé sur le moyen d’organiser et fluidifier efficacement ces échanges. En réponse, M’Barki souligne que même si la volonté des élus et représentants administratifs existe pour conduire des projets structurants, le canal officiel d’approbation et d’exécution retarde significativement l’exécution».Nadia Salah relance le débat sur ce rôle que pourrait jouer la CDG dans la facilitation des échanges entre intervenants locaux pour la conduite de projets économiques et sociaux: «On comprend que la Caisse construit un hôtel ou aide la collectivité à tracer une voie publique, mais pas à édifier une école!» Bakkoury affirme sur ce registre que plusieurs ouvertures existent. Il donne l’exemple, déjà déployé sur le terrain (projet Agdal à Marrakech et partenariat avec la région de Fès-Boulemane), d’une association CDG/collectivité locale pour l’étude, recherche de financements et exécution d’un programme d’infrastructures, même s’il relève de l’Etat, mais selon un schéma client/fournisseur avec partage de résultats. Ahmed Darouich précisera toutefois que «la caisse ne pourra pas intervenir partout et qu’à travers son action, elle donnera l’exemple pour que d’autres intervenants suivent». M’Barki enchaîne sur la même idée en soulignant que «sur le plan pratique, il y a toujours un équilibre vertueux à trouver et qui pourrait créer un concept original permettant d’aller de l’avant et fluidifier les échanges». Car, dit-il, «en définitive, la région est encore nouvelle et des possibilités existent pour valoriser ses potentialités, selon ses propres spécificités et contraintes». En ce sens «qu’il faut déployer les énergies -quelle que soit l’origine des intervenants- pour créer des actions de développement nouvelles, et c’est là que peut intervenir la CDG pour donner forme à cette intervention régionale».Nadia Salah et Khalid Laraïchi se sont interrogé sur l’opportunité d’un développement régional à travers les acteurs locaux et sur la possibilité et la manière dont la CDG y prendra part. Bakkoury était très clair sur la manière d’approcher et d’exercer ce «nouveau rôle structurant de la CDG». D’abord, souligne-t-il, «des études et analyses sont déployées pour comprendre chaque région, ses moyens de décollage économique et la réalité de ses besoins». Car, souligne-t-il, «l’essentiel c’est notamment de savoir exprimer les besoins, ce qui dans la majorité des cas fait défaut au niveau des collectivités». Ensuite, «arriver à poser les vrais problèmes et mettre en place une forme de partenariat, selon les possibilités d’interventions des uns et des autres, pour dégager une vision globale et une stratégie d’exécution dans un cadre de concertation de place avec tous les intervenants». Enfin, «dégager d’autres potentialités et aller chercher les financements et les compétences nécessaires pour les concrétiser». Le DG de la Caisse de développement et de gestion fait remarquer en outre «qu’il ne faut pas appliquer les mêmes stratégies à toutes les régions, car c’est en valorisant le patrimoine local que l’on réussit les programmes». Il donne dans ce sens le mauvais exemple des régions qui, sans disposer des atouts nécessaires au développement touristique, voulaient en faire! La réflexion n’a pas laissé Ghannam indifférent. L’ex-wali de la région d’Agadir a mis le doigt sur ce qui favorise notamment ces erreurs de parcours, en relevant que «plusieurs régions ne disposent pas des ressources humaines, ni des finances suffisantes et adéquates pour étudier les choix de développement possibles». Ce qui pose encore tout le problème de la qualité des intervenants locaux et leur capacité à structurer les potentialités et prévoir les possibilités de concrétisation. Le travail de choix des intervenants retrouve toute son importance, et «c’est là encore que l’intervention de structures de développement, notamment la CDG qui dispose de compétences humaines et financières suffisantes, est nécessaire pour le choix des acteurs et l’organisation de l’intervention», souligne M’Barki. La Caisse sait qu’elle devra jouer au porte-clés. «Plusieurs régions ne disposent pas des ressources humaines, ni des finances suffisantes et adéquates pour étudier les choix de développement possibles«Bouchaïb EL YAFI

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