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Classes préparatoires aux grandes écoles
«Le manque de moyensn'est pas une fatalité»

Par L'Economiste | Edition N°:1720 Le 08/03/2004 | Partager

. Les centres sont logés à la même enseigne que n'importe quel lycée. Les entreprises sont appelées à les sponsoriser Amine Myel est ingénieur Ponts et Chaussées. Il est passé par les classes préparatoires du Lycée Mohammed V à Casablanca. Il se remémore avec amertume les conditions difficiles qu'il était obligé de supporter pour arriver à son but. A Paris, les choses se sont améliorées. Le spectre de son expérience à Casablanca ne l'a pourtant pas quitté. Myel est devenu président de l'Association des Marocains lauréats des grandes écoles françaises (AMGE-Caravane), résultat de la fusion de deux associations. Pour lui, la démission de l'Etat vis-à-vis des classes prépas n'est pas une fatalité. Le privé devrait attirer cette élite de demain.- L'Economiste: Comment expliquez-vous qu'avec le peu de moyens dont disposent les classes préparatoires au Maroc, les étudiants marocains forment encore la plus forte population d'étudiants étrangers dans les grandes écoles françaises? - Amine Myel: Les seuls pays à adopter un système de classes préparatoires sont le Maroc, la Tunisie et le Liban. La majorité des élèves tunisiens et libanais qui intègrent les écoles françaises ont effectué leurs classes prépas en France. Le Maroc est le principal pourvoyeur d'élèves ayant fait leurs classes dans leur pays d'origine. Cela est dû à une forte coopération avec la France depuis la création de ce système dans les années 80, notamment avec la présence jusqu'à très récemment de professeurs agrégés français qui ont formé des enseignants et des générations d'ingénieurs de haut niveau. Sur le plan des ressources humaines, la filière est bien ancrée dans le système marocain, avec une bonne formation scientifique au niveau du secondaire. C'est la source de la présence massive des Marocains qui représentent la plus forte minorité des écoles françaises, entre 5 et 10% des promotions.- Comment expliquez-vous les conditions difficiles des étudiants en classes prépas? Internats, cantines, laboratoires et salles de TP sont dans un état de délabrement avancé.- Disons que le problème tient au manque de moyens. D'abord, les centres de classes préparatoires aux grandes écoles relèvent du ministère de l'Education nationale et non de l'Enseignement supérieur. De ce fait, ils sont logés à la même enseigne que n'importe quel lycée. Le seul critère budgétaire est le nombre d'élèves. Ce manque de moyens n'est pas une fatalité. On peut le contourner par des partenariats avec le monde de l'entreprise par exemple. Par exemple: inciter les entreprises à sponsoriser ces centres. En retour, l'entreprise, par un système de parrainage, pourrait puiser dans ce vivier les futurs cadres. Je ne pense pas que l'Etat ait des ressources inépuisables. Il faut imaginer des solutions faisant appel au privé, pourquoi pas réunir tout le monde autour d'une table et expliquer aux uns et aux autres les bénéfices de ces partenariats. Encore faut-il qu'il y ait prise de conscience du problème, ce dont je ne suis pas sûr.- Les entreprises marocaines qui partent à la recherche de lauréats dans les expositions et forums à l'étranger reviennent souvent bredouilles. Quelle est la perception que ces jeunes issus de grandes écoles françaises ont de l'entreprise marocaine? - La question du retour est éminemment personnelle. Dans certains cas, une rupture avec le Maroc se fait lors du passage en prépa. Surtout lorsqu'on compare les conditions des prépas avec celles qui nous sont offertes dans les écoles françaises...C'est donc un rejet en bloc qui se produit dans ces cas-là. Ensuite, il faut préciser qu'il y a une réelle dichotomie du tissu économique marocain. Il y a d'un côté des entreprises qui ont intégré la problématique des ressources humaines, qui réalisent des efforts et se donnent les moyens d'attirer des cadres à haut potentiel. De l'autre, on trouve des entreprises qui peinent et préfèrent vivoter. Ce que nous souhaitons, c'est que l'action des premières produise un effet boule de neige sur les politiques de recrutement. Il ne faut pas perdre de vue que dans les années à venir, il y aura un appel d'air. Beaucoup de cadres dans le public comme dans le privé partiront à la retraite. Il va falloir les remplacer. Par ailleurs, les barrières douanières tomberont d'ici à 2010. Certaines entreprises devront s'adapter à un environnement concurrentiel auquel elles ne sont pas habituées.


AMGE-Caravane

L'Association des Marocains lauréats des grandes écoles françaises existe depuis 2 ans après la fusion de deux associations. Elle a pour but entre autres de maintenir le lien entre les Marocains des grandes écoles et leur pays à travers le monde de l'entreprise. L'association mène des actions à caractère social comme l'accueil des élèves admissibles aux épreuves orales en France. C'est une mission d'accompagnement, d'information par le biais du “guide de l'admissible” et aussi d'aide financière aux plus nécessiteux.L'idée motrice d'AMGE-Caravane est qu'il y a de la déperdition de compétences alors que le Maroc vit dans une dynamique positive. Il faut l'accompagner. La mise à niveau passe selon l'association par une mise à niveau des ressources humaines. D'où son action en amont (envers les prépas) et en aval, pendant et après le passage dans une grande école. L'objectif ultime étant de favoriser le retour des cadres marocains dans les meilleures conditions.Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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