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    Economie

    Chèque en blanc au gouvernement

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    Contre toute attente, la Déclaration gouvernementale a suscité l'engouement des milieux d'affaires. Les réactions à chaud révèlent que les messages «volontaristes et mobilisateurs» de M. Youssoufi ont bel et bien été reçus.


    Sans préjuger des résultats du vote du vendredi 24 avril, M. Abderrahman Youssoufi a réussi avec mention son premier examen. La confiance des milieux d'affaires lui est acquise. Ils ont réservé en effet un accueil très favorable à la Déclaration gouvernementale. C'est en tout cas ce qui ressort des réactions à chaud recueillies par L'Economiste auprès de chefs d'entreprise. Les patrons sont sous le charme. Ils ne tarissent pas d'éloges tant sur le contenu de la Déclaration que sur la personnalité de M. Youssoufi. Grâce à l'envergure du Premier ministre et la bonne volonté de son gouvernement le capital confiance dont a bénéficié M. Youssoufi au lendemain de sa nomination reste intacte. Pour l'heure, aucune fausse note. Bien que générale, la Déclaration suscite beaucoup d'espoirs chez les hommes d'affaires. Chacun y a trouvé un peu de ses attentes. M. Youssoufi a tenu le langage que les chefs d'entreprise aiment tant entendre. La Déclaration est «volontariste et mobilisatrice», commente un industriel. La satisfaction est quasi générale. Le fait d'inclure la mise à niveau des entreprises dans la liste des priorités comble les patrons. La volonté du gouvernement de lever les obstacles et d'assainir l'environnement des entreprises est perçue comme un signal fort. Il met le doigt sur les points sensibles: en plus de la mise à niveau, les réformes de la Justice et de l'Administration, la lutte contre la corruption... La Déclaration «à la Prévert», selon l'expression d'un entrepreneur, ne comprend pas une ligne maîtresse, mais une liste des priorités. Les grandes réformes tant attendues sont annoncées.

    A titre d'exemple, le secteur des BTP applaudit à la volonté de transparence dans la passation des marchés, l'implication des opérateurs locaux et au dévelop-pement des logements sociaux.
    Globalement, la bonne volonté du gouvernement crée un mouvement d'adhésion et de soutien. En résumé, c'est une excellente déclaration d'intentions. «Il ne faut pas fermer la porte au gouvernement en faisant planer le spectre de la faible marge de manoeuvre», indique un homme d'affaires.
    D'ailleurs, les rares chefs d'entreprise récalcitrants affichent quand même une certaine indulgence. Les critiques sont contenues et le programme trouve facilement des défenseurs.
    Pour preuve, à ceux qui avancent que la Déclaration pèche par l'absence de chiffres sur les moyens à mettre en oeuvre, les autres répondent que le débat n'a pas à se focaliser sur cette question. L'essentiel des réformes d'ailleurs sont peu coûteuses, fait remarquer un hôtelier. Sont citées à titre d'exemple la lutte contre la corruption ou la réforme de l'Administration. Reste que le volet ressources constitue la principale inconnue.
    Concernant l'absence d'un calendrier précis, bon nombre d'hommes d'affaires font preuve d'indulgence au nom de la bonne volonté de la nouvelle équipe.

    Joli coup politique


    Ainsi donc un chèque en blanc est accordé au gouvernement par les milieux d'affaires. Mais la trêve est limitée à six mois. Il faudra rapidement passer à l'action. Les hommes d'affaires déclarent ouvertement qu'ils procéderont d'ici là à «un rapprochement entre l'inventaire comptable et l'inventaire physique». La prochaine Loi de Finances constituera d'ailleurs le premier véritable test. Joli coup politique pour maître Youssoufi qui, en jouant sur la continuité, ne dénigre pas le travail de ses prédécesseurs. En tout cas, affirme un entrepreneur, «cela ne saurait être pire», tout en sachant par ailleurs qu'il n'y aura pas de «baguette magique».
    Autre élément à l'actif de ce gouvernement, la concertation tous azimuts. «Les hommes d'affaires disent vouloir être associés à la vie du pays, d'autant plus que l'on attend beaucoup d'eux. Le gouvernement, lui, est à l'écoute, et c'est une bonne chose».
    Après les appréhensions de la fin 1997, les opérateurs s'accordent le «droit de rêver». Bien que conscients que le gouvernement a placé la barre un peu haut, ils sont prêts à l'aider. En tout cas, tous les ingrédients sont là et après la «boîte à idées», c'est au tour de la «boîte à actions».

    Fatima MOSSADEQ



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