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Affaires

Ces managers qui montentKhalid Ouaadoud, l'islamiste du XXIe siècle

Par L'Economiste | Edition N°:1162 Le 11/12/2001 | Partager

. Khalid Ouaadoud est un jeune membre du mouvement Attaouhid Oual Islah et du PJD. Très actif dans le domaine associatif, Khalid est également un sportif hors pairePour ceux qui le connaissent et qui l'ont côtoyé, Khalid Ouaadoud est un homme de foi, sérieux et doté d'un sens de l'humour inégalable.Khalid Ouaadoud est né en 1966 à Rabat. Dans le fameux hôpital Dubois & Rockeber dans le quartier Hassan. Le hasard a fait que le gynécologue qui l'a mis au monde ne soit autre que le Dr El Khatib, figure imminente de l'histoire du Maroc et actuel secrétaire général du PJD (Parti de la Justice et du Développement). Ce parti est considéré comme étant «islamiste modéré«. Pourquoi faut-il parler de destin? Pour la simple raison qu'aujourd'hui, Khalid Ouaadoud est un membre actif du PJD et du Mouvement Attaouhid Oual Islah. Un jeune qui a un avenir politique certain. Les idées qu'il développe sont, pour le moins qu'on puisse dire, claires, réalistes et parfois même originales (ce qui fait énormément défaut chez beaucoup de politiciens marocains). «Pour faire de la politique, il faut connaître les problèmes des Marocains«, affirme Khalid. Et d'ajouter: «Le meilleur connaisseur, c'est celui qui a vécu ces problèmes«. C'est à l'école Sainte-Marguerite-Marie dans le quartier l'Océan que Khalid a poursuivi ses études primaires. Cette école dépend de l'archevêché de France. Khalid garde d'excellents souvenirs de son passage à Sainte-Marguerite-Marie. «Les soeurs qui géraient cette école faisaient beaucoup de bien, sans prosélytisme«, assure-t-il. Pour ses études secondaires au lycée des Orangers, il choisit la branche Technique commerciale. Khalid est fils de commerçant, il choisit donc la même voie que son père. «Je n'oublierai jamais les années passées au lycée«, déclare-t-il. L'ambiance était unique et les études très intéressantes. «J'ai appris énormément« affirme Khalid. Au lycée, c'est le même groupe d'élèves qui se retrouve, chaque année, tout au long du cycle. Ils avaient 15 matières et des horaires stricts (de 8h à 12h et de 14h à 18h). «C'est la raison pour laquelle tout le monde nous appelait: les fonctionnaires sans salaire«, se rappelle-t-il. Khalid Ouaadoud était un brillant élève. Il était même major de sa promotion. Il a obtenu son bac en 1985 avec la mention Bien. Il a été choisi pour recevoir le prix du meilleur élève dans sa branche décerné chaque année par le ministre de l'Enseignement. Mais comme Khalid Ouaadoud était «le mal-aimé« du censeur de son lycée, le prix fut décerné à une élève du prestigieux lycée Dar Essalam, l'établissement que fréquentent les enfants de la bourgeoisie r'batie comme ceux des familles modestes des quartiers Takadoum et Hay Anahda. C'était le censeur du lycée les Orangers lui-même qui s'était opposé au choix de Khalid. Ce dernier était, comme bon nombre d'élèves de son âge, quelque peu agité. «Rien de bien grave«, assure-t-il. Mais parallèlement, il était l'un des meilleurs élèves de Rabat. A partir de cet événement, Khalid a appris, à ses dépens, que le mérite ne se gagne pas uniquement à la sueur du front. Une fois le bac en poche, Khalid a également réalisé combien les étudiants marocains manquent d'orientation par les autorités chargées de le faire, en l'occurrence le ministère de l'Education. Il part pour la France pour y poursuivre ses études. A Lyon, il s'inscrit à l'Université Jean-Moulin pour l'obtention d'un certificat préparatoire aux études comptables et financières. Le gouvernement marocain lui octroyait une bourse d'études de 600 FF par mois et la France lui attribuait la même somme en guise d'aide au logement. En tout, l'étudiant marocain disposait théoriquement de 1.200 FF (ce qui équivaut à 1.200 DH par mois si l'on tient compte de la parité de change à l'époque). En outre, habitué au Maroc à un rythme scolaire strict et à des examens réguliers tout au long de l'année, Khalid se retrouve à Lyon dans une ambiance qu'il a du mal à intégrer. Il prit donc la décision de mettre un point final à son voyage d'études et de rentrer au Maroc. A son retour au pays, Khalid s'inscrit à l'Ecole Supérieur d'Informatique et de Gestion à Casablanca où il poursuit des études en marketing. «Je me suis pleinement retrouvé à l'école«, commente-t-il. «J'étudiais la réalité économique du Maroc, mon pays, là où j'étais amené à travailler«, poursuit-il. L'école était à ses débuts. La formation y était excellente et les activités parascolaires étaient très développées. A ce titre, en 1988, Khalid Ouaadoud intègre l'association internationale des études en sciences économiques et commerciales (AIESEC). Il poursuit un stage LDS (Leadership Development Seminar) à Saint-Gall en Suisse, puis représente le Maroc au Congrès de l'AIESEC aux Etats-Unis. Grâce à cette association, Khalid noue des rapports avec plusieurs jeunes managers du monde entier. En décrochant son diplôme et à l'instar de la majorité des étudiants diplômés du Maroc, Khalid Ouaadoud s'est posé la question suivante: «Suis-je fait pour travailler chez autrui ou pour mon compte?« La réponse n'est pas du tout simple. Khalid estime que parmi les problèmes des jeunes Marocains, figurent l'entrave à l'accès à l'information et le manque total d'encouragement. «Si Bill Gates avait évolué au Maroc, il ne serait pas ce qu'il est devenu aujourd'hui«, raconte-t-il. Il opte pour le secteur de l'immobilier, où il intègre une société de promotion pour y rester 3 ans, le temps d'acquérir de l'expérience. Khalid pénètre dans les méandres du monde des affaires. Il constate que la compétitivité seule ne fait pas la différence entre les sociétés. Il réussit quand même à créer sa propre société de promotion immobilière ainsi qu'une entreprise destinée à l'importation et distribution de pièces automobiles à Rabat. Pour ces deux secteurs, Khalid estime qu'un contrôle rigoureux par les autorités publiques est nécessaire. La raison en est simple car dans les deux cas, ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Sur ce point, Khalid rappelle «qu'au Maroc, toute personne est capable, du jour au lendemain, d'ouvrir un garage de mécanique et bousiller les voitures des gens«. Il considère en outre que les revendeurs de pièces de rechange sont des «pharmaciens« qui doivent être diplômés, comme c'est le cas en France par exemple.Khalid Ouaadoud a participé au tournoi du GMC (Global Management Challenge). Il faisait partie d'Attahadi (le défi), l'équipe gagnante du championnat national et qui a représenté le Maroc à la finale internationale au Portugal.. De l'associatif au politique Depuis son plus jeune âge, Khalid Ouaadoud s'est intéressé au milieu associatif. Avant 1991, il n'était qu'un simple sympathisant du mouvement Attaouhid Oual Islah. Depuis 10 ans, il s'est fortement impliqué, en tant que membre à part entière, dans l'action du mouvement. Cependant, Khalid préfère, par modestie, ne pas s'étaler sur le sujet de l'action caritative. Il estime que les bonnes actions ne doivent nullement servir l'image d'une personne. En outre, le cheval de bataille de Khalid au sein du mouvement Attaouhid Oual Islah est la sensibilisation à la prise d'initiative privée ainsi que la communication. «La plupart des médias nationaux ternissent l'image des islamistes, c'est la raison pour laquelle le volet communicationnel est désormais important«, souligne Khalid. «On parle d'eux mais jamais avec eux. C'est le cas de 2M, comme de RTM d'ailleurs«, conclut-il. Parallèlement, Khalid Ouaadoud est un homme politique, membre du Parti de la Justice et du Développement (PJD). En tant que tel, il estime que ce parti n'est pas celui des islamistes, mais de tous les Marocains. Concernant les échéances électorales, Ouaadoud refuse la notion de coalition politique. Pour lui, une coalition signifie exclusion des autres formations, surtout que les partis et les associations islamistes souffrent énormément de l'exclusion politique«. Khalid donne à titre d'exemple celui des congrès des partis politiques. Alors que le PJD invite systématiquement à son congrès toutes les formations politiques du pays, l'USFP et le PPS ne l'ont pas invité lors de leur dernier congrès. . Les conséquences du 11 septembre De prime abord, Khalid estime que la culpabilité de Ben Laden n'a pas été prouvée. Même pas par les Américains. Les attentats de New York et Washington sont les conséquences de la politique du «deux poids, deux mesures« menée par les Etats-Unis dans tous les conflits impliquant les musulmans. C'est le cas en Palestine, dans le Caucase, dans les Balkans, au Cachemire et aux Philippines. «L'attaque contre l'Afghanistan vise à faire prosterner la Oumma, plus qu'elle ne l'est déjà«.


Aboualbachir

Khalid Ouaadoud est marié et père de 3 garçons: Al Bachir, Salmane et Zayd. Il souhaite que ses enfants choisissent eux-mêmes leur voie sans interférence de sa part. Cependant, il veut uniquement, avec l'aide de sa femme, leur inculquer l'identité marocaine, basée essentiellement sur les préceptes de l'islam. Ouaadoud pratique l'iaïdo qui est un art martial qui puise ses racines dans la tradition guerrière japonaise du sabre. Cet art martial a pour but de parfaire la santé et cultiver l'esprit de chacun à des fins d'équilibre. L'école avec laquelle il pratique s'appelle Muso Shinden Ryu qui pourrait se traduire par «l'école de l'inspiré des divinités par un rêve «. L'iaïdo vise l'harmonie avec soi-même, avec son environnement et avec les autres, en l'absence de tout esprit de dominance ou de compétition. Abdelmohsin EL HASSOUNI



«Je respecte Youssoufi car il a l'âge de mon père«

- L'Economiste: Quelles reproches faites-vous à l'Alternance?- Khalid Ouaadoud: Je respecte Youssoufi car il a l'âge de mon père. Mais je me demande où sont passés ses principes, ceux sur lesquels nous sommes tous d'accord, socialistes et islamistes confondus. Il est regrettable de voir des ministres se pavaner dans des Mercedes et toucher des salaires faramineux, alors qu'ils ont été élus justement pour mettre un terme à ces privilèges. - Quelles sont selon vous les entraves à l'investissement?- Au Maroc, le petit investisseur souffre énormément. L'économie du Maroc est malheureusement gérée par des lobbies familiaux. Je ne suis pas contre l'investissement familial, mais quand cet investissement ne profite nullement à l'économie du pays, l'Etat doit intervenir rapidement et y mettre un terme, sinon les risques de dérapage seront nombreux. Quant à l'Administration, c'est tout simplement un monstre au service du sous-développement et du désinvestissement.- Et les banques?- Le problème, c'est que nos banques sont des établissements de dépôt et non d'investissement. Chez nous, les employés de banque se prennent pour des banquiers. Il faut noter que certains chefs d'agence entretiennent des relations douteuses avec des sociétés. Ils perçoivent des sommes d'argent en contrepartie de services illégaux. A noter par ailleurs que les banques islamiques sont toujours interdites d'installation au Maroc. En termes de marché, tout un segment de la population est écarté. Ce qui représente un manque à gagner énorme pour l'économie marocaine.- Les élections approchent. Des pronostics?- L'homme politique au Maroc doit être intègre, compétent, pragmatique, objectif et très proche des populations. Personnellement, je côtoie toutes les catégories socioprofessionnelles et je peux vous assurer que les gens font la différence entre le bon et le mauvais candidat aux élections.- L'amazighité est aujourd'hui d'actualité. Qu'en pensez-vous?- Je me considère musulman avant tout. Je suis originaire de la province d'Ouarzazate. L'amazighité ne doit pas être perçue de manière chauviniste, mais plutôt comme une différence culturelle. A ce titre, la monarchie constitutionnelle est à mon sens la garantie de l'unité nationale.- Que pensez-vous des intégristes?- L'oppression, la pauvreté, l'exclusion et les conditions inhumaines de vie créent l'intégrisme dans tous les sens.- Et la femme?- La femme est la plus belle créature de Dieu. Je dois énormément de choses à ma mère. Par conséquent, je ne peux que respecter toutes les femmes du monde à commencer par mon épouse qui me procure tout le bonheur du monde. Propos recueillis par Abdelmohsin EL HASSOUNI

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