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Affaires

60 millions de DH de recettes au noir !

Par L'Economiste | Edition N°:1162 Le 11/12/2001 | Partager

. Un audit du cabinet KPMG révèle de graves anomalies dans le contrat de gestion des parcs d'attraction de Casablanca. Cette affaire remet en surface les conditions opaques dans lesquelles cette concession a été accordée Ce qui a mis le feu aux poudres dans l'affaire du parc Sindibad, c'est la question de gestion des aires de jeux de Casablanca. Il y a moins d'un mois, la Wilaya de Casablanca a ordonné de fermer officiellement Sindibad pour des raisons d'hygiène. Une semaine plus tard, après discussions et négociations, le parc fut rouvert. Ce n'est pas terminé pour autant. Aujourd'hui, ce n'est pas la wilaya qui a ses parcs en ligne de mire, mais la Communauté Urbaine de Casablanca (CUC). Foires et distractions, actuel gestionnaire, risque de perdre sa concession pour la gestion des parcs. Une décision qui n'est pas pour plaire aux dirigeants de l'entreprise qui estiment «être persécutés par les élus». Au passage, ces mêmes responsables se sont désistés devant les nombreux rendez-vous que L'Economiste leur a proposés.Flash-back: En 1996, les élus de la CUC décident sur proposition de leur président de concéder sept parcs à un entrepreneur. Objectif: développer les parcs et les rendre rentables. A l'époque, le président était un certain Abdelmoughit Slimani. Le concessionnaire est Abdelkader Anouar qui n'en était pas à son premier projet avec la CUC puisqu'il avait obtenu la concession de plusieurs lignes de bus (Rahabus/Salama). Moins de 10 ans plus tard, il n'y a pas eu de développement notable selon des responsables de la Communauté et pas de rentabilité non plus d'après les promoteurs.Avant 1996, la CUC gérait directement les parcs de Casablanca, tant bien que mal d'ailleurs. La gestion laissait à désirer et l'état des lieux des parcs devenait précaire. Du coup, la Communauté décida de procéder à un lifting à ces lieux, mais ne s'est occupé en réalité que de Sindibad et Yasmina. Elle y a consacré un investissement de plus de 40 millions de DH. Seulement, la CUC n'avait pas les moyens et n'aurait donc pas pu payer ses fournisseurs. Difficile à vérifier.Parmi ses créanciers, Foires et Distractions, fournisseur de manèges était en première position avec 30 millions de DH.Du coup, la CUC lui accorde un contrat de gestion de ces parcs, très avantageux pour une durée de 10 ans renouvelable. En contrepartie, le gestionnaire s'engageait à rembourser l'ensemble des créanciers et payer une redevance de 5 millions de DH, mais seulement une fois les dettes apurées. Celles-ci s'élevaient en 1996 à 50 millions dont 30 millions se rapportent à une seule entreprise qui n'est autre que Foires et Distractions.Le nouveau gestionnaire s'engageait également à réaliser un investissement de 50 à 100 millions de DH durant les 10 ans.Six ans plus tard et selon les responsables de la Communauté urbaine, Foires et Distractions n'a pas tenu ses engagements.Un audit du cabinet KPMG en 2000, initié par la CUC, révèle de grave anomalies.L'investissement de l'entreprise n'a pas dépassé 14 millions de DH alors qu'elle devait débourser 50 à 100 millions. Ils ont été consacrés à 86% à Sindibad et Yasmina même si le concessionnaire s'était engagé sur les sept parcs. Quant aux créances, seul le tiers a été remboursé. Selon KPMG, Foires et Distractions n'a pas non plus honoré ses engagements quant au payement des assurances, des impôts et le CNSS des employés.Pire, le cabinet d'études a relevé des recettes encaissées au noir dont le montant dépasse les 60 millions de DH. Elles émanent entre autres des redevances que payent directement les cafés et les snacks qui ont ouvert au sein du parc.


Interdit de prendre des photos!

«Interdit de prendre des photos». Le gardien du parc d'attraction Murdoch est formel. L'interdiction touche aussi les parents qui veulent prendre en photo leurs enfants dans le parc, à moins d'être prémunis d'une autorisation de la société de gestion Foires et Distractions. Cette interdiction semble-t-il a été décidée suite à une invraisemblable histoire de moeurs. Une équipe de photographes étrangers auraient pris des photos pour les besoin d'une publicité, puis procédé à un montage qui montrait l'image d'une file nue. Une véritable histoire à dormir debout, faute d'être un conte pour enfants.. Le foncier, enjeu des parcs de loisirs«C'est à l'importance qu'on donne aux loisirs qu'on peut mesurer le développement d'un pays ou d'une ville», s'indigne un citoyen. Sans aller aussi loin, il est vrai que les autorités régionales et nationales devraient s'impliquer davantage pour encourager les activités ludiques en facilitant par exemple les autorisations, en simplifiant les procédures... Un projet tel le Joubaland ne devait pas se solder par un échec. Force est de constater que peu d'investisseurs se penchent sur ce créneau, (à part le groupe Zniber qui va ouvrir un parc fermé à Rabat). Le foncier y est aussi pour beaucoup dans cette frilosité. Un parc a besoin de grands espaces et à des prix raisonnables. A Sindibad, l'espace ne manque pas. Le parc occupe une superficie de huit hectares sans compter la forêt tout autour. Le parc, du moins au niveau de l'espace répond aux normes. Des rumeurs circulent quand à son éventuelle fermeture. Il serait question de récupérer les terrains et en faire des complexes immobiliers alors que la tendance ailleurs est complètement opposée. Le Maroc serait-il en train de ramer à contre courant? Ailleurs la tendance est plutôt de récupérer les terrains destinés initialement à des projets immobiliers pour en faire des foires.Ce n'est pas par hasard que Disney a choisi Paris pour y ouvrir son parc. Les autorités françaises lui ont assuré un soutien jamais démenti. En plus d'un terrain de 2.000 hectares, elles ont mis à sa disposition presque toute une ville Marne-La Vallée. Les Français ont ramené l'autoroute au parc et aussi le TGV. Mieux, ils ont même adopté de nouvelles mesures fiscales pour réduire la TVA pour ce type d'activité. Les Espagnols qui étaient également intéressé par Disney n'ont pas pu faire mieux.Pourquoi alors tant de concessions?, s'interrogerait-on. Evidemment, pour tout ce que rapporte la présence Disney dans une région: création d'emplois et de richesses qui se comptent par millier, valorisation de l'espace. Avant les années 1990, Marne-La Vallée était une région insignifiante. Eurodisney, qui pèse un chiffre d'affaires de 6 milliards de francs, a édifié dans la région un parc à thèmes, un village, un quartier des hôtels, des salles de congrés, des golfs, des lotissements....D'autres projets sont en cours pour les années qui viennent (studios, centre commerciaux...). B. B.

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