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Affaires

Ces managers qui montentBachir Rachdi, un patron des NTI à la tête de Transparency Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1160 Le 07/12/2001 | Partager

. Le jeune patron a été exclu de l'Ecole Mohammadia des Ingénieurs alors qu'il était en dernière année. Mais il a fondé deux sociétés d'édition de logiciels et mène la lutte contre la corruption. Pour lui, l'action du gouvernement sur les dossiers de l'éthique et la promotion des NTI restent léthargiquesBachir Rachdi, 41 ans, est impassible. Difficile de définir ce qu'il ressent à travers ses paroles. Le patron de la société d'édition de logiciels Involys écoute bien son interlocuteur et prend tout son temps pour répondre calmement mais fermement. Aucun souvenir, aussi perturbant soit-il, ne lui fait changer d'expression. Il avait poursuivi des études à l'Ecole Mohammadia des Ingénieurs, section génie électrique et informatique industrielle. Mais son parcours estudiantin a été cassé par une injustice. Il parle de cette période avec un petit sourire timide mais amer. Rachdi, originaire de Khouribga, a été exclu de l'école pour des raisons syndicales. Cela s'est passé en 1983. Il était à sa dernière année d'étude et classé parmi les premiers de sa promotion. Cette année-là, l'école était passée sous la houlette d'un régime militaire. Chose que les étudiants n'ont pas appréciée. La fronde couvait. La séquestration de quelques étudiants et l'interdiction du mouvement syndical ont provoqué la révolte. Des grèves ont éclaté. Le conseil militaire de l'école a proclamé l'exclusion de 4 étudiants (dont Rachdi) et la suspension de six autres. “Personne n'est à l'abri de l'injustice, même si on est brillant dans ses études”, se désole Rachdi.Le mot “injustice” revient souvent dans son discours. Le jeune patron des NTI veut que chacun soit estimé à sa juste valeur. Son ascension professionnelle sera justement sa revanche contre l'abus, subi à l'Ecole des ingénieurs. Il cherchera à prouver sa compétence le restant de sa vie. La même année de son exclusion, il intègre Promo Consult, un bureau d'étude dirigé par Omar Bennani. Rachdi doit beaucoup à son patron qui a cru en ses performances sans exiger de diplôme. Il en fera son compagnon de route. “Il m'avait, plusieurs fois, répété que les jeunes exprimant leur protestation iraient loin dans leur vie professionnelle”, dit-il de son ex-patron, actuellement son associé.Le bureau d'études avait créé le premier logiciel dédié aux métiers du bâtiment. La société avait constaté l'absence de solutions d'automatisation de la production sur le marché. Pour bien écouler son produit, elle devait soutenir la commercialisation. Mais l'investissement était trop lourd. En plus, le marché marocain ne permettait pas de réaliser une rentabilité. En 1985, Rachdi et son associé lancent la première société d'édition de logiciels en France. Baptisée Batisoft, elle réalise quelque 1,2 million de FF de chiffre d'affaires. Le pôle commercial se développait très bien en France. Une année après, le côté technique a été transféré au Maroc via la création de Batisoft Maroc. C'est à partir d'ici que les logiciels de bâtiment sont conçus. Ils sont commercialisés par la suite dans l'Hexagone. Mais face à la chute du secteur de l'immobilier durant le début des années 90, la société marocaine s'est trouvée dans l'obligation de diversifier ses produits. Elle se lance alors dans la conception d'outils de gestion complémentaires. En 1995, elle met sur le marché la première version du up-manager, un produit spécifique pour les grandes sociétés. Décliné en cinq gammes dont la gestion des achats, de la distribution et des immobilisations, ce produit sera un succès sur le marché. Séparée de sa maison mère, Batisoft Maroc change de dénomination et devient Involys. D'après Rachdi, ce nom n'a pas une signification particulière, mais véhicule quand même une notion d'intelligence et d'évolution. La nouvelle société a élargi son activité à la conception de logiciels intégrés qui retracent d'une façon automatique toutes les étapes de la gestion d'un domaine donné. Aujourd'hui, up manager et up design (logiciel de bâtiment) sont à la pointe de ce qu'il y a sur le marché canadien et nord-américain. “Une prospection de ces marchés nous a montré que nous avons une avance technologique de 18 mois”. Une période non négligeable dans un secteur qui évolue rapidement. L'ambition professionnelle de Rachdi est beaucoup plus grande. A côté d'Involys, il dirige une autre société: Involia. La ressemblance entre les deux dénominations est frappante. Un nom fétiche? Involia est une société de services informatiques qui opère pour le compte d'industriels étrangers dans des domaines de pointe. Elle fait de la sous-traitance pour des produits fortement technologiques comme la navigation et l'usinage. Comme la plupart des jeunes patrons, Rachdi reste jusqu'à des heures tardives dans son bureau. Il ne s'étale pas beaucoup sur sa vie privée et ses loisirs. Secret de Polichinelle? Apparemment non. Il n'a pas beaucoup de choses à dire sur ce sujet. Son travail lui prend tout son temps. Le peu qui lui reste, il le consacre à ses activités associatives. Vice-président de l'APEBI et secrétaire général de Transparency Maroc, Rachdi veut participer au changement du Maroc sans pour autant faire de la politique directe. Pour lui, la politique marocaine manque d'audace. Elle est entachée d'une forme d'impunité. “La sanction du vote n'existe pas. Les politiciens ne rendent pas compte de la réussite ou de l'échec de leurs programmes. Mêmes les intègres sont laxistes. Ils ne réagissent pas pour dénoncer les fraudes ou pour rétablir ce qui ne va pas”, dit-il.Quant à “sa lutte” contre la corruption, Rachdi en garde une sensation d'inachevé. Cette action souffre d'un problème d'application. “Le gouvernement nous écoute. Mais rien ne se fait sur le terrain”, se désole-t-il. Le patron de Transparency Maroc note même “un recul général” par rapport à 1996, date de la création de l'association.Côté promotion des NTI, le bilan n'est pas vraiment reluisant. Le contrat-progrès, élaboré par l'APEBI et soumis au gouvernement, ne s'achemine pas vers un début de réalisation. Là encore, les échos du gouvernement sont positifs, mais rien de concret. Pour l'équipe au pouvoir, la promotion des NTI est prioritaire. La Loi de Finances n'a inséré aucune des propositions de l'association pour dynamiser le secteur. Et le contenu du contrat-progrès risque d'être dépassé, vu l'évolution rapide des NTI au niveau mondial. Mais Rachdi reste conciliant. Tacticien, il ne veut pas insulter l'avenir et garde toujours espoir à ce que la profession obtienne la place qu'elle mérite.


Elections et corruption

“Y a-t-il eu des élections où le gouvernement n'a pas dit ça?” C'est par cette fausse question que Bachir Rachdi répond au discours gouvernemental indiquant que les prochaines échéances seraient transparentes. Le patron de Transparency Maroc ne croit pas trop aux déclarations de bonnes intentions. A la veille de l'élection du tiers sortant de la Chambre des Conseillers, le ministère de l'Intérieur avait assuré que celle-ci se déroulerait dans la transparence. Cela n'a pas empêché l'utilisation de l'argent. Pour Rachdi, ce n'est pas le choix du mode de scrutin qui changera la situation, mais plutôt la réforme des pratiques électorales. “Le scrutin de liste complique l'achat des voix contrairement au mode actuel. Mais le plus important est d'instaurer une réactivité immédiate aux actes de corruption”, dit-il. Comment? En renforçant les mécanismes de dénonciation devant la justice de façon à ce que toute élection suspecte soit annulée instantanément. Mais la corruption reste opaque. Il est difficile de trouver des preuves. Nadia LAMLILI



Vos réactions

Depuis le début Ramadan, L'Economiste dresse chaque jour sur une double page, parfois un peu plus, le portrait d'un jeune manager, homme ou femme. C'est une forme nouvelle d'information puisque les articles entrent en profondeur dans l'histoire personnelle, dans celle de la famille en plus de donner le portrait professionnel de la personne présentée à nos lecteurs.Les journalistes de L'Economiste s'attendaient à ce que vous réagissiez à ce type nouveau de portraits, à la sélection qui a été faite par eux… Ce que vous avez fait naturellement puisque L'Economiste est votre journal bien plus que celui de la Rédaction.Voici ce que vous pensez de ces portraits.Sélection: Vos réactions se scindent en deux groupes. Dans le premier, nettement plus nombreux, vous dites votre plaisir de découvrir de “nouvelles têtes”, ou bien de “voir que la relève est assurée”. Parfois, vous nous avez remercié en disant que vous aviez entendu parler d'un de ces jeunes et que maintenant, vous savez qui il ou elle est exactement. Souvent, vos commentaires se teintent d'une approche sociologique, voire politique: “ces portraits donnent tort aux pessimistes qui disent que personne ne fait rien dans ce pays”, “C'est bien pour le Maroc de voir des jeunes audacieux”. Quelques-uns d'entre vous, bien sûr, ont contesté la présence de telle ou telle personne dans cette galerie de portraits. Les motifs de la contestation, parfois virulente, sont toujours intéressants: un sélectionné “n'a pas assez prouvé sa valeur par ses réalisations”, “vous n'auriez pas dû choisir des personnes qui font de la politique”, “vous auriez dû choisir des personnes un peu plus connues”, “vous devez aussi présenter des personnes n°3 ou 4 dans leur entreprise car elles sont les futurs n°1”, “vous n'auriez dû prendre que celles qui ont créé des entreprises”. Il y a même eu des cas où, la longueur des soirées de Ramadan aidant, des lecteurs ont engagé entre eux des quasi-disputes pour fixer les critères de sélection, tout en prenant à témoin le journaliste présent.Style: Les réactions sont positives, vous avez été très peu nombreux à penser qu'il vaudrait mieux ne pas parler de l'espace privé des jeunes responsables. Dans ce sens, vous êtes donc tout à fait dans le vent de la modernité qui s'intéresse au parcours personnel des responsables. Ces réactions positives ont surpris la Rédaction de L'Economiste qui redoutait d'être davantage critiquée pour avoir montré à ses lecteurs des aspects de vie privée.

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