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International

Caucase: Les 27 évitent d’irriter Moscou
De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz Ben Marzouq

Par L'Economiste | Edition N°:2852 Le 03/09/2008 | Partager

. L’épée de Damoclès énergétique a pesé lourd dans les débats du Sommet européen . Le conflit du Caucase met à nu les dissensions européennesComme on pouvait s’y attendre les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, réunis en Conseil européen extraordinaire le 1er septembre à Bruxelles, n’ont pas pris le risque de mettre en danger leurs approvisionnements en gaz et hydrocarbures de l’UE. Tout au plus les 27  ont décidé de reporter les négociations d’un accord de partenariat avec la Russie «au cas où les troupes russes refuseraient de se retirer des territoires géorgiens» et ont «fermement condamné» la reconnaissance par Moscou des scissions de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Une visite de la Troïka européenne (Nicolas Sarkozy, Javier Solana et Jose Manuel Barroso) est programmée pour le 8 septembre pour tenter d’amener les autorités russes à respecter l’accord en six points signé par Moscou et Tbilissi. Bloquer l’intégration de la Russie à l’OMC, suspendre les négociations en cours sur un accord de coopération UE/Russie, décider des sanctions commerciales, restreindre la délivrance de visas pour les citoyens russes en Europe, voire l’exclusion de la Russie du groupe du G8. Toutes ces suggestions musclées avancées par notamment les nouveaux Etats membres de l’UE pour punir le grand voisin russe ont été sagement écartées par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE lors de leur réunion de trois heures à Bruxelles. Paralysés par les divisions entre pro-américains et «amis» des Russes ainsi que par des intérêts commerciaux différents, les 27 se sont limités à mandater le président Sarkozy, le Haut représentant de l’UE, Javier Solana(1) et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à effectuer une visite le 8 septembre à Moscou et à Tbilissi pour tenter de faire respecter par les deux parties les dispositions de l’accord en six points obtenu le 12 août dernier suite à la médiation de l’Union européenne en la personne de Sarkozy. Les trois hommes sont chargés de demander à la Russie «d’appliquer scrupuleusement» le plan en six points négocié et signé par Moscou et Tbilissi. «Je sais que ce ne sera pas facile et il ne sera pas question de montrer ses biscoteaux», a tenu à préciser Sarkozy soi-même. Il s’agira notamment de tenter d’obtenir de la part de Moscou «le remplacement des troupes russes présentes en Géorgie par une force internationale y compris par des troupes de l’OSCE et de l’UE». Le président français a indiqué que «si ça marche, l’UE aura prouvé son efficacité. Dans le cas contraire les 27  se réuniront pour prendre d’autres décisions. Il faut graduer les choses et les contacts que j’ai eu avec le président russe Medvedev indiquent que ce que nous faisons va dans la bonne direction».

Pas de reconnaissance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie
Le Conseil européen condamne fermement la décision unilatérale de la Russie de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud. Jugeant cette décision «inacceptable», il appelle les autres Etats membres «à ne pas reconnaître ces indépendances proclamées» et demande à la Commission européenne «d'examiner les conséquences concrètes à en tirer». Il rappelle qu’une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie doit être fondée sur «le plein respect des principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale reconnus par le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies». L'UE se dit prête à s'engager, «y compris sur le terrain, pour soutenir tous les efforts en vue d'une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie». A cette fin, les Etats membres de l’UE se doivent de contribuer «de manière significative au renforcement de la mission d’observation de l’OSCE en Ossétie du Sud, par l’envoi d’observateurs et par des contributions matérielles et financières substantielles». L’UE décide également l’envoi immédiat d’une mission exploratoire chargée de contribuer au recueil d’informations et de préciser les modalités d’un engagement renforcé de l’UE sur le terrain, au titre de la politique européenne de sécurité et défense. Les 27  invitent le Conseil des ministres de l’UE de mener à bien l’ensemble des travaux préparatoires nécessaires pour qu’une éventuelle décision d’engagement d’une telle mission d’observation puisse être prise par le Conseil des ministres des affaires étrangères de l’UE le 15 septembre, «en fonction des développements de la situation et en étroite coordination avec l’OSCE et les Nations unies». Le Conseil européen a décidé par ailleurs la nomination d’un Représentant spécial de l’UE pour la crise en Géorgie.----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) En marge du Sommet européen, Javier Solana a rencontré le Premier ministre géorgien Lado Gurgenidze.

Aide à la reconstruction de la Géorgie

L’UE se dit prête à apporter une aide à la reconstruction en Géorgie «y compris dans les zones d’Ossétie du sud et d’Abkhazie»(*). Elle est prête à soutenir des mesures de confiance et le développement de la coopération régionale. Prête aussi à examiner le renforcement de sa relation avec la Géorgie y compris au travers de la facilitation des visas et la mise en place éventuelle d’une zone de libre-échange complète et approfondie «dès que les conditions en seront réunies». Elle compte réunir à bref délai une conférence internationale en vue d’aider à la reconstruction de la Géorgie et demande au Conseil des ministres de l’UE et à la Commission européenne d’en engager la préparation. L’UE estime plus nécessaire que jamais de soutenir la coopération régionale et de renforcer les relations qu’elle entretient avec ses voisins orientaux notamment au travers de sa Politique européenne de voisinage, le développement de la «Synergie mer Noire»  et un «Partenariat oriental» que le Conseil européen souhaite adopter en mars 2009. La Commission est invitée à faire des propositions en ce sens «dès décembre 2008». ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(*) Pour l’instant l’UE a accordé à la Géorgie une aide d’urgence de 6 millions d’euros à laquelle il convient d’ajouter quelque 9 millions d’euros de contributions des Etats membres. Mais le souci majeur actuellement réside dans la situation des quelque 20.000 personnes déplacées par le conflit géorgien.


Diversifier les approvisionnements énergétiques

Dans leurs conclusions, les 27  soulignent notamment que «les événements récents illustrent la nécessité pour l'Europe d'intensifier ses efforts en matière de sécurité de l'approvisionnement en énergie». Le Conseil européen a donc invité le Conseil, en coopération avec la Commission, à examiner les initiatives à prendre à cet effet, en particulier «en matière de diversification des sources d'énergie et des routes d'approvisionnement».

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