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Economie

Canicule: Les poulets sinistrés

Par L'Economiste | Edition N°:1834 Le 17/08/2004 | Partager

. Les élevages «sauvages» sont les plus touchés. Côté consommateur, les prix continuent de flamber . Selon la Fisa, encore 2 semaines pour un retour à la normaleEncore un été difficile pour les aviculteurs! Les effets conjugués des deux vagues de chaleur, survenues vers début et fin juillet dernier, font encore parler d'eux. Les derniers chiffres de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) estiment les pertes globales à 180 millions de DH. Et la profession se déclare «sinistrée», compte tenu des lourdes pertes subies. C'est dire que la situation actuelle se traduit par de fortes mortalités (30 à 40%) ainsi que des chutes en termes des performances de production. C'est devenu un fait marquant depuis quelque temps. «Chaque année, le secteur perd en moyenne 150 à 200 millions de DH à cause du manque d'équipements à même de pallier la canicule», souligne Ahmed Addioui, président de l'Association des producteurs de volaille (APV). Un système de brumisation (fabrication d'un léger brouillard) est généralement suffisant.Pour l'heure, le retour à la situation normale n'est pas encore envisagé. «Le rétablissement des niveaux de production et de performance nécessitera au moins deux semaines supplémentaires et ce, dans des conditions de température normale», précise-t-on auprès de la Fédération. En termes de bilan, la canicule aura décimé plus de 5 millions de poulets. Et ce sont surtout les élevages des abris sous-serres qui ont été les plus touchés. Or, 60% de la production de poulets de chair sont réalisés sous-serre, précise le président de l'APV. C'est un système qui demande très peu d'investissements mais qui est risqué dès qu'il fait chaud. Souvent ces élevages sont des installations sauvages, pas à niveau sur le plan sanitaire.Pis encore, «les propriétaires des serres ne sont soumis à aucune autorisation préalable», avertit un responsable à la Fisa. Du coup, ils échappent à tous les contrôles, notamment ceux des services communaux, sanitaires et fiscaux, ajoute-t-il. Ce que les éleveurs modernes perçoivent comme une entrave à la mise à niveau du secteur dans un contexte d'ouverture et d'accords de libre-échange. Quant aux fermes d'élevage agréées, elles se spécialisent plutôt dans la dinde, selon un cahier des charges bien précis. Ce qui explique en partie le faible taux de mortalité chez eux (10 à 15%). De l'avis de la Fédération du secteur avicole, «certains producteurs, ne répondant pas aux normes requises, ont perdu la totalité de leur élevage suite à la vague de Chergui». Et pour se débarrasser des cadavres de poulets, «ces exploitants de serres se sont contentés de les empiler dans des sacs en plastique pour les jeter la nuit tout au long des routes à Témara, Had Soualem, Bir Jdid…», ajoute le président de l'APV. Un véritable scandale sanitaire qui a été révélé l'année dernière par L'Economiste dans la région de Chtouka, à 60 km au sud de Casablanca (www.leconomiste.com). Mais pour des raisons incompréhensibles, aucune sanction n'a été prise contre cette nuisance sanitaire dangereuse.Dans le milieu rural, c'est plutôt une affaire qui incombe à la gendarmerie de l'Environnement. Contactés par L'Economiste, les responsables de la direction de l'Elevage sont restés «injoignables ».Autre impact de la canicule, mais aussi des perturbations que connaissent l'offre et la demande, le prix du poulet qui continue de flamber. Il dépasse, selon la Fisa, la barre des 17, voire 18 DH le kg vif départ ferme. Même élevés, «les prix actuels ne permettent pas de couvrir les pertes subies», précise la Fédération. Car la hausse des prix profite surtout aux intermédiaires et autres grossistes.Depuis janvier dernier, le prix du poulet a oscillé entre 8 et 11 DH départ ferme. Et ce, pour un prix de revient… de 12 DH le kg, selon la Fisa. Côté consommateur, le prix oscille actuellement entre 20 et 22 DH le kilo, selon la ville et la région, 33 à 34 DH dans les supérettes et hypermarchés qui s'approvisionnent avec des circuits courts. Pour rappel, l'aviculture génère un chiffre d'affaires annuel de 12 milliards de DH. Elle emploie près de 230.000 personnes et représente un investissement cumulé de 6 milliards de DH. Dans ces chiffres, l'informel a été inclus, grosso modo.


TVA, un principe biaisé

EN attendant un retour à la normale, les aviculteurs interpellent les pouvoirs publics. Les responsables de la Fisa espèrent que l'Etat prenne en considération l'ampleur des pertes occasionnées , notamment dans la fiscalité. La suppression de la TVA sur les constructions de bâtiments d'élevage ainsi que les équipements tant à l'importation que sur le marché local permettrait d'atténuer l'impact de telles situations, encourager l'investissement et pallier l'effet de la canicule. La suppression de la TVA est perçue comme la solution, dans la mesure où elle permettra à la profession de se structurer et activer le processus de mise à niveau dans les exploitations. Autrement, cette taxe est perçue comme «une taxe sur l'investissement et sur la mise à niveau des éleveurs, ce qui entretient  le système médiocre de production». Le principe de la TVA est biaisé pour notre secteur, est-il ajouté. Et pour cause, car c'est une taxe que l'éleveur ne peut récupérer puisque le poulet et les œufs sont hors champ d'application de la TVA. Du coup, les professionnels la répercutent sur le prix de revient puisqu'ils ne peuvent la récupérer sur les ventes.


Procédure

Selon des vétérinaires, généralement en période estivale, la décomposition des cadavres se fait rapidement, entraînant de véritables foyers de bactéries, des risques d'infection et autres allergies. Ainsi et en cas de décès de poulets, il y a toute une procédure à suivre. Il s'agit de creuser des fosses de plus de 1 mètre enduites de couches de chaux et y incinérer le poulet. La logique veut aussi que, après accord des autorités, les cadavres de poulet soient enterrés ou incinérés dans une décharge contrôlée. De l'avis d'un praticien, «sur le terrain, rien ne se fait (pas même les sanctions!) Pourtant, la loi est claire».A. R.

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