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Biodiversité terrestre: Comment obtenir l'appui des gens

Par L'Economiste | Edition N°:395 Le 08/12/1998 | Partager

Si la plupart des ressources terrestres sont dégradées, il convient d'assurer la durabilité de leur protection. Comment? A travers une communication permettant l'implication des populations concernées.

La préservation de la biodiversité terrestre dépend largement du degré d'implication des populations concernées par l'utilisation de ces ressources. Mais l'adhésion des bénéficiaires à l'idée de la protection des éléments biodiversitaires terrestres n'est pas une entreprise facile. En effet, comment au nom de la préservation de la biodiversité terrestre convaincre par exemple un paysan de limiter ses pratiques quotidiennes comme le ramassage du bois de feu ou d'éviter le parcours du bétail, alors que cette activité satisfait un besoin vital chez lui?
Une information accessible et adaptée à son niveau d'assimilation est certes une action à entreprendre pour le sensibiliser. Toutefois, en absence de projets socio-économiques de substitution, la sensibilisation aura peu d'impacts positifs sur les comportements. La communication ciblant le milieu rural reste difficile du fait de la surdensité de la population (50% de la population marocaine) et son faible niveau d'instruction. Toujours est-il que la mise à la disposition des populations concernées d'une information permettant de développer une culture environnementale constitue une priorité fondamentale.

Actions prioritaires


Reste à dire que, si l'utilisation d'un ou plusieurs éléments de la biodiversité terrestre ne présente pas les mêmes intérêts pour les bénéficiaires, il est utile d'instaurer une concertation entre les différents usagers (populations, collectivités locales, industriels, promoteurs touristiques et immobiliers...).
Parmi les premières actions qui seront menées par le Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement(1), la production d'un documentaire de vulgarisation en langue dialectale dont le thème portera sur les espèces menacées.
Les techniciens de la Gendarmerie Royale et de la Douane bénéficieront de la formation, particulièrement dans le domaine de la sensibilisation.
A part le volet communication, la formation des scientifiques devra être approfondie dans les domaines zoologique et botanique caractérisés par un déficit en matière de compétences.
Il est prévu aussi la mise en place de la "liste rouge nationale" des espèces menacées. La compilation de ces espèces facilitera leur conservation aussi bien par les organismes nationaux qu'internationaux.
La constitution d'une banque nationale de gènes figure également sur la liste des actions. Le principe est d'entretenir des semences de végétaux à long terme et les exploiter en cas de besoin.
Un centre national pour la reproduction assistée des espèces terrestres menacées aura pour fonction de les intégrer dans leur environnement naturel. Les coûts de ces actions ne sont pas encore déterminés. Une chose est sûre, elles seront financées essentiellement par les départements ministériels concernés et les fonds des organisations internationales comme le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), FME (Fonds Mondial pour l'Environnement)...
L'actualisation et la consolidation du cadre institutionnel occupe quant à elle une place importante dans le programme de conservation. Il s'agit de faire l'inventaire des textes existants, de lister leurs lacunes et de proposer de nouveaux textes plus adaptés au contexte actuel.

(1): Atelier portant sur la biodiversité terrestre organisé les 3 et 4 décembre par le Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement.


2.277 espèces terrestres menacées


Les auteurs de l'étude nationale sur la biodiversité ont souligné que la diversité des espèces terrestres est beaucoup plus importante que celle des eaux douces et marines.
Les écosystèmes terrestres représentent actuellement 71% du nombre total d'espèces contre 22% de la faune marine, 5% pour la faune dulcicole (en eaux douces) et 2% de la flore marine. Actuellement, sur les 23.000 espèces terrestres recensées jusqu'à présent, 2.277 formes différentes sont en danger de disparition. Certaines ont même une importance au niveau mondial. Les espèces terrestres menacées y constituent 80% contre 12% appartenant à la faune marine. L'étude sur les "aires protégées" au Maroc a permis de classer 168 sites dont 79 terrestres et d'intérêt biologique et écologique sur l'ensemble du territoire. Ces sites se caractérisent par une diversité aussi bien forestière qu'agricole. Ces ressources recèlent d'autres potentialités végétales (plantes médicinales, plantes aromatiques...), animales (miel, gibiers, fertilisateurs du sol, mammifères...) et éco-touristiques (richesse des paysages).
Seulement 700 espèces font l'objet d'une réglementation nationale et internationale. Les espèces terrestres réglementées constituent 61%, suivies de la faune marine (38%), la faune dulcicole (1%) et les algues marines (moins de 1%). Le groupe des oiseaux (333 espèces) domine la réglementation de ces espèces.
En ce qui concerne l'aspect génétique, le Maroc recèle 4.110 espèces endémiques (11% pour les aquatiques et 89% pour les espèces terrestres) appartenant aussi bien à la faune qu'à la flore sauvage. Ce nombre peut être revu à la hausse, puisque plusieurs régions n'ont pas encore fait l'objet d'aucune exploration.
La plupart des espèces introduites au Maroc révèlent une dominance des formes terrestres essentiellement des invertébrés, ce qui explique d'ailleurs le grand nombre de ravageurs, de parasites et de vecteurs de maladies.

Mohamed DOUYEB



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