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    Economie

    Aviculture: Toujours pas de décrets d’application

    Par L'Economiste | Edition N°:1786 Le 09/06/2004 | Partager

    . Manque d’hygiène, rupture de la chaîne de froid, absence de traçabilité… les maux . Les abattoirs en otage des tueries artisanales et du laxisme A quand une réglementation effective de la filière avicole? Depuis plus de quatre ans, l’on parle d’une loi (49-99) censée réguler une filière dont près de 95% de la production est assurée par l’informel, loin des normes élémentaires de salubrité. Or, dans les faits, professionnels et consommateurs ne voient rien venir. A l’origine de cette léthargie, les décrets d’application et des arguments d’ordre social. Selon les professionnels de la Fisa, l’argument du rôle social que joueraient les tueries traditionnelles en assurant de l’emploi et des revenus à des milliers d’employés informels et à leurs familles, ne saurait expliquer le statu quo actuel. “Il ne faut pas que cela serve d’alibi à la non-réglementation d’un secteur sensible”, souligne un opérateur. Pour rappel, la loi 49-99 consiste à assurer la protection sanitaire des élevages avicoles et le contrôle de la production et la commercialisation de ces produits. Or, cela fait maintenant 4 ans que les décrets d’application tardent à voir le jour et la normalisation de la filière avec. Entre-temps, trois à quatre abattoirs agréés ont déjà mis la clé sous le paillasson”, ajoute un représentant de la Fisa. Selon ce dernier, le problème de l’insalubrité se pose avec acuité pour la restauration collective. Dans ce cas précis, l’Etat est garant de la santé publique. “Plusieurs restaurants ayant pignon sur rue préfèrent s’approvisionner des souks et autres marchés informels”, accusent des opérateurs avicoles. Et ce “pour des considérations de prix”. Pis encore, tout ce qui est hôpitaux, prisons, cantines, universités, internats, colonies de vacances… s’approvisionnent directement des tueries artisanales, rappellent les professionnels. C’est dire le risque que cela constitue au quotidien et à l’insu de milliers de consommateurs. La logique veut que ces marchés porteurs soient intégrés dans le giron des unités agréées, de manière à réduire les intoxications alimentaires, contribuer à l’assainissement du secteur et à l’incitation des investissements. Aujourd’hui, la survie des abattoirs dits agréés est conditionnée par les tueries artisanales, soulignent des professionnels ayant investi ce créneau. La tendance de la production de volaille est effectuée dans le monde entier à travers ce type d’abattoirs, devenu un moyen de régulation et de traçabilité. Quant au Maroc, il reste à la traîne, ajoute-t-on à la Fisa. Actuellement, le risque est grand avec la signature des ALE. L’impact du manque de réglementation peut être fatal avec les accords de libre-échange, une arme à double tranchant. A moins que des mesures ne soient prises au préalable pour améliorer l’environnement légal, administratif, et sur le plan de la production, est-il ajouté. En attendant, les principales entraves de la filière demeurent la rupture de la chaîne de froid, les conditions de transport, de commercialisation et surtout d’abattage.


    La protéine la moins chère

    LES poulets et dindes représentent la protéine la moins chère, souligne-t-on auprès de la Fisa. Sur ce point, l’OMS recommande la consommation d’au moins 20 grammes par personne et par jour. Pour l’heure, le Marocain n’en consomme que 15,6 grammes/jour. D’où un gap en protéine animale de l’ordre de 5 grammes jour. “Seuls les produits avicoles ont la possibilité de combler ce gap nutritionnel important”, répète-t-on auprès de la Fisa. Pour ce qui est des oeufs, la production en 2003 a été de l’ordre de 3 milliards d’unités, dont les 3/4 assurés par le secteur moderne. Aussi, la consommation a-t-elle représenté 108 œufs par habitant en 2003 contre 96 en 2002. En Tunisie, la consommation d’œufs a atteint 130 unités par habitant et 245 aux Etats-Unis en 2003.


    Commercialisation

    LA commercialisation a toujours été le maillon faible de la production avicole”, a déclaré Youssef Alaoui, président de la Fisa, lors d’un point de presse tenu le 7 juin à Casablanca. Selon lui, le marché marocain a une capacité de 130.000 tonnes d’abattage. Or, les abattoirs agréés produisent à peine 15.000 tonnes, soit à peine 10% de la production nationale. En termes de valeur ajoutée, les abattoirs agréés ont le mérite de servir de moyen de régulation avec des normes européennes revues par les pouvoirs publics, ajoute-t-il. Résultat, un poulet garanti et une gamme de produits élaborés de plus en plus élargie (escalopes, cuisses, filets…). Le reste, soit quelque 90%, est représenté par l’informel et commercialisé sous forme de poulet vivant et un abattage dans des conditions d’extrême insalubrité, est-il ajouté auprès de la Fisa.A. R.

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