×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Après les mauvais résultats du bac, engageons-nous auprès de l’école
Par Tawfic Zniber, contrôleur de gestion

Par L'Economiste | Edition N°:1797 Le 24/06/2004 | Partager

OÙ tu mets tes enfants toi? On vient d’apprendre avec effroi les mauvais résultats du bac, 35% titriez-vous le 22/06/04.C’est, certes, désolant, mais n’est-ce pas aussi une présélection, avant d’envoyer tout ce monde à la faculté? On estime peut-être que ces gens-là n’ont rien à faire à l’université, car ils n’ont pas le niveau. Vous me direz néanmoins que c’est un peu tard pour sanctionner leur incapacité.Combien de fois en tant qu’enseignant on se retrouve devant des personnes, qui même en 4e année du supérieur, ne comprennent pas, ou à peine, ce que vous leur racontez? Ne pensez même pas leur faire rédiger un paragraphe sans fautes d’orthographe ou de français… Au moment de la correction, vous en oubliez le fond, excédé par une forme inadmissible.. Où vont les enfants?Notre système éducatif est inadapté, il peut être critiqué, car n’en sortent que beaucoup de «bras cassés» (en tant qu’enseignant j’estime à 30% -pour les écoles que je connais- les personnes éligibles au marché de l’emploi), ça c’est une réalité. Mais s’est-on demandé pourquoi? Moi, je crois qu’il y a au moins deux réponses:1/ Où le Marocain moyen, le cadre d’entreprise, l’avocat, le médecin… scolarisent-ils leurs enfants? Ils les placent soit dans des écoles privées, soit à la mission. Qui va à l’école publique? La masse dont les parents sont souvent incapables de suivre la scolarité de leurs enfants, généralement parce qu’ils sont encore plus analphabètes que leurs enfants. Comment voulez-vous dans ces conditions que le rendement des professeurs s’améliore si les parents ne sont pas derrière? Comment voulez-vous que les programmes et leur niveau s’améliore, si personne ne les regarde?J’ai l’impression que nos jeunes sont livrés à eux-mêmes, à leur échec scolaire aujourd’hui, et qu’on souhaite rejeter toute la responsabilité sur le système. Mais ne sommes-nous pas responsables d’envoyer (ce n’est pas encore mon cas) nos gamins dans des écoles françaises, espagnoles ou américaines? Les parents souvent se saignent à blanc pour leur progéniture, payant des sommes faramineuses (à se demander comment ils arrivent à financer tout ça!). Tant que l’on ne s’investira pas dans la gestion de l’école publique, qu’on n’assistera pas aux conseils de parents d’élèves, qu’on ne «gueulera» pas, eh bien, on récoltera des bras cassés à la sortie. Comme dirait mon patron, c’est la loi du «gigo» (garbidge in - garbidge out, poubelle en entrée, poubelle en sortie).. Pas de contrôleLes écoles, c’est comme nos immeubles, nos entreprises, notre politique, tant qu’on ne s’y investira pas, tant que les gens ne se mobiliseront pas, eh bien le pouvoir restera aux mains de quelques responsables qui feront ce qu’ils voudront, prendront les enfants comme des bêtes de laboratoire, et essaieront les méthodes pédagogiques les unes après les autres, testeront les échecs… sans que ça ne dérange personne. Les concernés eux-mêmes? Ils ne sont pas encore assez responsables (même à 18 ans) pour juger et pour saisir l’impact des erreurs commises sur leur avenir à eux! Et puis, la plupart du temps ils «s’en foutent pas mal». Quand le prof est absent, ne vient pas, fait cours n’importe comment, leur parle de foot, de religion ou autre pendant une séance de maths ou de français, ils «s’éclatent» ou ne viennent plus avec la complicité de l’établissement… On sait comment ça se passe.2/ La deuxième raison découle de la première puisque le Maroc à mon sens n’a pas vraiment de politique, de stratégie pour son système éducatif. On fonctionne au gré des humeurs des ministres, qui se succèdent et ne se ressemblent pas. Un moment, c’est le bac en français et puis 10 ans après, c’est des cours totalement en arabe, créant une cassure, certains ayant été largués au passage, ayant commencé leur scolarité en français puis glissant à l’arabe. Après le bac, ils sont censés repasser au français. De quoi perdre la boule.Ou alors cette histoire de faire passer le bac en 3 ans, qui depuis a été revue, tout récemment, avec un système encore plus complexe, auquel j’en suis sûr, beaucoup n’ont rien compris, les élèves moins que les autres. On évolue dans un système que nous découvrons au fil des années. Alors c’est vrai qu’il est instable, qu’il faut être fou pour lui confier nos gamins, mais tant qu’on fera un raisonnement égoïste, que l’on ne s’investira pas, avec nos enfants, en les suivant. Les structures existent, les conseils de parents d’élèves existent, et qu’il faut les faire vivre. Nous acceptons une cassure au sein de la société, avec des gens qui auront été à l’école, qui auront des têtes bien faites, et d’autres, même diplômés, qui resteront analphabètes.Tant que nous ne ferons pas de politique, que nous ne nous engagerons pas au sein des partis politiques, pour rédiger des programmes, en bonne et due forme, avec un volet pour l’éducation nationale, qui sera discuté avec les élus, voté au niveau du parti, puis proposé aux électeurs, on n’aura pas de fondements solides.Faut-il encore que les partis qui remportent les élections soient représentés au sein du gouvernement, et appliquent la politique mise sur pied. Là, c’est un autre débat moins évident tout à coup. Mais, si nous commencions, chacun à notre niveau, à nous engager, comme nous l’avons fait par exemple pour la Coupe du monde, pour l’éducation nationale, je parie avec vous que d’ici le bac de mes deux filles, nos écoles redeviendront ce qu’ont connu nos parents. Alors allons-y pour eux…-Tant que nous ne ferons pas de politique, que nous ne nous engagerons pas au sein des partis politiques, pour rédiger des programmes, en bonne et due forme, avec un volet pour l’éducation nationale, qui sera discuté avec les élus, voté au niveau du parti, puis proposé aux électeurs, on n’aura pas de fondements solides-

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc