×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Après les accusations du Dr Alami contre les Prs Himmich et Benchemsi : Gammaglobulines: La polémique s'étend

Par L'Economiste | Edition N°:224 Le 04/04/1996 | Partager

Prévu initialement le vendredi 29 mars, le procès concernant les gammaglobulines reprend ce jeudi 4 avril. Le report a permis au ministre marocain de la Santé publique et à l'Institut Pasteur de multiplier les déclarations et mises au point réaffirmant la non-conformité des lots J.03 et H.01.


Le procès de Benabderrazik débuter ce Jeudi 4 avril. Auparavant, les déclarations et les mises au point se sont multipliées. La dernière en date est celle de l'Institut Pasteur qui maintient les résultats des expertises effectuées par ses services sur les deux lots J.03 et H.01.
Dans une mise au point datée du 3 avril, où ne figure pas la signature du Pr Benslimane, l'Institut confirme la présence d'anticorps de l'hépatite C et du Sida dans le lot J.03 et la présence d'anticorps de l'hépatite C dans le lot H.01.
Le semaine écoulée a également vu les interviews se multiplier, chacun défendant sa position avant le procès.
Tout d'abord celle du ministre marocain de la Santé publique, le Dr Alami, qui faisait allusion pour la première fois à un autre lot de gammaglobulines saisies chez Ingepharm: le lot H.01 de gammaglobulines polyvalentes.
D'après le ministre, les échantillons du lot H.01 contenaient des anticorps de l'hépatite C et avaient été commercialisés.
Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Maroc Hebdo, le ministre accusait les Prs Himmich et Benchemsi "d'incivisme et d'irresponsabilité".
Cette nouvelle dimension du débat autour des gammaglobulines saisies dans les locaux de la société Ingepharm était prévisible. A la suite du communiqué MSP/Institut Pasteur, qui faisait état de la présence dans le lot J.03 d'anticorps de l'hépatite C et du Sida, les deux professeurs avaient été les premiers à rassurer la population.
Pour ces experts, la présence d'anticorps ne signifiait aucunement la présence de virus et moins encore la contamination. D'autant plus que la PCR, technique utilisée pour déceler la présence du génome viral, s'était avérée négative.

Sans commentaires

Plus tard, les deux professeurs reviendront à l'attaque lorsque le Ministère de la Santé Publique évoquait pour la première fois le lot H.01.
En effet, à l'instar du MSP, le Centre National de Transfusion Sanguine, dirigé par le Pr Benchemsi, a également demandé des contre-expertises à des laboratoires français. Deux de ces laboratoires excluaient la présence d'anticorps de l'hépatite C dans les échantillons du lot H.01. Un troisième faisait état de leur présence. Le quatrième a émis deux versions de résultats: les uns positifs, les autres positifs avec réserves.
Ces échantillons, examinés auparavant par des laboratoires marocains, y compris le CNTS, avaient été déclarés positifs pour les anticorps de l'hépatite C.
Sur les raisons qui ont justifié les demandes de contre-expertise par le CNTS, le Pr Himmich nous a rapporté que le Pr Benchemsi a également examiné un des échantillons du lot H.01. Elle l'a trouvé positif pour les anticorps de l'hépatite C. Au regard de la littérature scientifique existante, le Pr a douté de ce résultat car il peut s'agir de faux positifs. Elle a donc légitimement demandé d'autres analyses auprès de laboratoires français qui ont étayé la thèse du doute.
Les deux professeurs, qui se refusent à tout commentaire sur les récentes déclarations du ministre marocain de la Santé Publique,
ont été soutenues officiellement par de nombreuses personnalités scientifiques et associations dont l'OMDH, et à travers la presse.

Pendant que le ministre marocain préparait ses déclarations sur le lot H.01, le laboratoire espagnol Grifols, d'où proviennent les gammaglobulines saisies chez Ingepharm, communiquait les résultats des contre-expertises demandées auprès de laboratoires espagnols (cf L'Economiste du 28 mars 1995). Les résultats de ces analyses étaient négatifs. Le MSP et l'Institut Pasteur n'étaient pas de cet avis. "Les analyses effectuées par le laboratoire espagnol, ont été faites sur le pool de plasma, c'est-à-dire sur la matière première. Les résultats devaient se faire en principe sur le produit fini", avait déclaré le directeur de l'Institut Pasteur. Pourtant, le même Institut a bien importé un autre produit fini fabriqué à partir de la même matière première.
En effet, le 8 septembre 1995, l'Institut Pasteur a passé une commande à Ingepharm pour des échantillons de facteurs VIII, produits utilisés par les hémophiles (l'hémophilie, maladie hémorragique, héréditaire, est due au déficit d'une protéine de la coagulation).
Ces patients utilisent des quantités importantes de sang et constituent donc un groupe à risque à l'infection par l'hépatite C et par le Sida. Ces produits proviennent du même pool de plasma que celui ayant servi à la fabrication des échantillons du lot J.03 et du lot H.01.
Autres déclarations, celles de l'avocat de Grifols, Me Tomas Daga Gelabert, qui était présent au Maroc jeudi 28 mars. Pour lui, l'affaire des gammaglobulines est purement maroco-marocaine. Il nous a déclaré: "En Espagne, le débat sur cette histoire de gammaglobulines est clos. L'opinion publique espagnole est dès le départ convaincue de la conformité de nos produits".

Mohamed.BENABID.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc