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    Amal Atrach: «J'ai appris à rêver juste«

    Par L'Economiste | Edition N°:1165 Le 14/12/2001 | Partager

    Il est difficile de marcher avec Aïcha sans attirer les regards. A peine la première fois et elle est une star. Apeurée, étonnée, elle n'en revient pas. - Tendances: Comment est né votre intérêt pour la comédie?- Amal Atrach: Enfant, mon père m'emmenait voir des pièces de théâtre, au cinéma... Je me rappelle qu'en ces temps-là, il y avait une pièce qui s'appelait «Nakous Ou Snisla«. Les acteurs étaient des amis à mon père qui à chaque fois insistaient pour que je monte sur l'estrade pour la remise des cadeaux. Je n'osais pas monter sur scène. Je refusais, j'avais peur. Je voyais que c'était trop haut.- Qui est Amal Atrach?- Je suis née à Rabat le 29 avril 1976. Après le divorce de mes parents, à l'âge de cinq ou six ans, je me suis installée à Casablanca avec ma mère. Je n'ai pas fini mes études. J'ai commencé alors à peindre, j'ai même fait une petite exposition où j'ai vendu des tableaux à des amis. Je n'ai pas une école précise, c'est semi-abstrait. Par exemple à travers un ami professeur de danse, j'ai découvert la danse, j'ai commencé à dessiner des coeurs, des corps. Cet ami me disait: vas-y, tu as le coup de créance.- Et vous vous êtes pris comment?- Je suis parti à la maison de jeunes de Sidi Mâarouf, là où j'habite. Histoire de connaître des gens, de me lancer. Au bureau du directeur, j'ai rencontré un lauréat de l'ISADAC, si Mohamed Lhror qui préparait un atelier de théâtre. Il avait cinq garçons et il lui fallait une fille pour monter une pièce. Il voulait former des jeunes de son quartier, leur apprendre quelque chose pour qu'ils puissent continuer.C'était en 1998-99. Tout a commencé depuis, six mois de formation intensive, quelques représentations, du succès. Je n'y croyais toujours pas. Je me suis dit que c'est peut-être un exercice. Jamais, je n'ai pensé que j'allais devenir une actrice. Puis tout est fini, chacun devait reprendre son chemin. Moi, je voulais rester dedans.- Comment?- La seule façon était de rencontrer des artistes, d'aller à leur recherche et de les connaître. J'ai rencontré Taïeb Seddiki en 1999 lors d'une soirée dans son théâtre. Une amie qui faisait partie de sa troupe nous a présenté. Il m'a demandé si je savais jouer et chanter. J'ai dit oui. Je lui ai chanté une chanson de sa pièce que ma copine avait pris la peine de m'apprendre pendant une semaine. Sincèrement, je ne sais pas chanter. Il m'a écoutée et a éclaté de rire. Il m'a demandé de revenir le lendemain et de lui montrer ce que je savais faire. C'est ainsi que j'ai travaillé avec Taïeb Seddikki dans deux pièces «Shour« et «Kaftan Al Houb«. - Après Taïeb Seddiki?- Rien. Il m'a été difficile de trouver quelque chose. J'ai chômé pendant près d'un an. Mais je ne ratais aucun spectacle, aucune projection de long ou court-métrage. J'étais tout le temps dedans même si je ne travaillais pas. - Vous étiez sûre d'y arriver un jour?- Ma mère n'était pas d'accord. Elle me conseillait de faire autre chose. Elle disait que je ne vivais rien, que je ne rêvais rien. Que je me faisais de fausses idées. Je lui répondais que je serais un jour comédienne. J'ai confiance en moi. Et c'est pas mal d'avoir peur. Elle est nécessaire, tu as tellement peur de perdre quelque chose que cette peur te force à la garder.- Avez-vous pensé avoir autant de succès avec le rôle de Aïcha? - Pendant le tournage, on me disait que j'allais cartonné, mais je ne le croyais pas tellement. Tout ce succès m'étonne. A peine la première fois et on fait tout ça. Tout le monde m'appelle Aïcha, me reconnaît dans la rue, me salue... Il m'est difficile de sortir, ce n'est pas souvent facile de vivre cette popularité. - Selon vous, le succès de Aïcha est dû à quoi?- Un bon encadrement, une bonne équipe qui m'entourait. Cet amour-là a rendu ce personnage aimable. Je pense qu'avec de l'amour, on fait quelque chose de beau.- Comment avez-vous préparé ce personnage?- Le jour où j'ai fait le casting, j'ai compris qui était Aïcha. Avant même d'avoir la confirmation, j'ai commencé à travailler le personnage à la maison. J'ai essayé de lui trouver une démarche, des gestes, des grimaces...- Comment s'est déroulé le tournage de «Lalla Fatema«?- Je suis fière d'y avoir travaillé. L'équipe technique était très bien. Je parle des maquilleuses, je précise les habilleuses qui ont fait un excellent travail, les cadreurs, les caméramen, les éclaireurs, le réalisateur, etc. Je n'ai pas attendu en vain. Je ne regrette pas d'avoir refusé entre-temps des propositions pour des rôles de figuration. - Et après Aïcha?- Je n'ai pas encore de propositions de travail. Je vais attendre, j'ai appris à patienter. - Vous avez une préférence pour la comédie ou le drame? - Les gens m'aiment dans le comique. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de faire du drame. Je souhaite jouer plusieurs registres. Je suis fascinée par exemple par le cinéma, très attirée par l'image. Je suis une fanatique des courts-métrages.- Quel est le rôle que vous aimeriez interpréter?- Je n'ai pas de rêve dans ce sens-là. Je dois aimer le rôle et apprécier le scénario.- Est-ce que vous êtes mariée?- Non. Je ne suis pas contre le mariage, mais il ne faut pas se marier pour se marier. Il faut que je comprenne l'homme avec lequel je vais vivre. Je n'ai pas de préférence physique ou autre. L'homme de ma vie, c'est celui que je vais aimer. Il n'est pas celui dont je pourrais rêver. Je suis réaliste, j'ai les pieds sur terre. J'ai appris à rêver juste. - Vous avez pourtant rêvé haut?- C'était un rêve juste car je le sentais. Mais rêver de quelqu'un de beau qui va venir avec un cheval blanc pour... je ne pense pas comme ça.- On peut aussi aimer quelqu'un qui ne le mérite pas?- Je ne pense pas pouvoir aimer quelqu'un qui ne saura pas bien me traiter. Je ne vais pas l'aimer du tout. Avec le temps, on apprend à voir juste. Il faut aimer ceux qui nous aiment, accepter ceux qui nous acceptent et non pas le contraire. Prendre ce qui est à la portée de nos mains et ne pas chercher l'impossible dans la vie, que ce soit dans le théâtre, dans le travail ou avec la personne avec laquelle on veut partager sa vie.- Vos acteurs préférés?- Hassan El Fad, l'actrice française Natalhie Baye...- Où réside le problème des acteurs marocains? - On manque de moyens financiers. Il faut produire beaucoup de films, de feuilletons, de pièces de théâtre pour que les gens puissent faire la différence entre ce qui est de qualité et ce qui est médiocre. Il faut encadrer les artistes pour qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-mêmes. Durant ce mois de Ramadan, il y a eu beaucoup de productions nationales, ce qui est très bien. Dorénavant, les gens seront plus exigeants. On n'aura pas n'importe quoi chez nous. - Quels sont vos hobbies?- J'essaie de lire, d'avoir une culture générale pour ne pas rester loin de tout ce qui se passe. Déjà le fait d'aller voir tous les spectacles est important pour l'artiste. Je regarde les chaînes de télévision étrangères comme «Arte«. J'aime beaucoup tout ce qui est culturel. J'adore aussi voyager. Dernièrement, j'ai fait une randonnée avec des amis entre les Gorges de Dades et ceux de Gages. On a marché près de 50 kilomètres sous une chaleur de 40 degré. C'est une expérience qui apprend à être patient. - Vous continuez à avoir peur avant de jouer un rôle?- Oui. Mais aujourd'hui, j'associe la peur à l'amour. Car je considère que pour faire un bon travail, il faut avoir peur.

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