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    Economie Internationale

    Algérie: Un référendum en one-man show

    Par L'Economiste | Edition N°:599 Le 21/09/1999 | Partager

    · Des discours qui font rêver

    · Tous les rôles sur l'échiquier politique accaparés


    Il y a une foule énorme, tout un pays qui fait cercle autour de la scène. Et on se bouscule, on joue des coudes. Au milieu, un homme, tout seul, lance des mots, des mots, des mots à n'en plus finir. Plus il parle, plus on l'écoute, 16 millions d'habitants suspendus à un monologue. Depuis un mois, tous les soirs à 19 heures, on allume la télé pour écouter encore ce qu'on a déjà entendu le matin à la radio. Les médias publics, dont il était théoriquement convenu de se railler en Algérie, n'ont jamais eu autant d'auditeurs en quarante ans. Dans ce pays, tout commence par un surnom.
    Le sien, c'est Mousselssel, le terme employé pour ces feuilletons orientaux trempés dans le miel, qui monopolisaient jusque-là cette tranche horaire des programmes.
    Le Président Abdelaziz Bouteflika a transformé le dernier référendum en une sorte de one-man show. «Quand il parle, je me mets à rêver», explique une femme. «On est transporté ailleurs. Et ici, on a tellement envie d'être ailleurs».

    Cette campagne fut à lui, et à lui seul. Tous les jours, depuis quelques semaines, il tient meeting dans une ville différente, sillonnant le pays avec d'autant plus d'aisance que les partis restés dans l'opposition, comme celui de Taleb Ibrahimi (islam conservateur) ou le FFS (Front des Forces Socialistes), ont du mal à décrocher des salles, ou alors juste au dernier moment et hors de prix. Ils n'ont pas non plus accès à la télévision. Au café, on s'informe des dates, des horaires, qui seront ceux de Bouteflika. «Dans quel mariage il joue, ce soir?», demande-t-on, usant de la même expression que celle pour s'informer des prestations de ces orchestres en vogue loués pour les cérémonies familiales. On y va comme au spectacle. Deux copines se tiennent par le bras, talons hauts dans les rues d'Alger. «Tu as vu Bouteflika? Il faut y aller au moins une fois. C'est la mode, tu sais».

    Rôles multiples


    Avec rien, trois mimiques, le poing qui cogne sur la table, quelques roulements de voix, il a accaparé tous les rôles sur l'échiquier politique. Il fait aussi bien l'opposant («Réformons le système, demandons plus de justice») que le dictateur (pour se moquer de la faiblesse de ses prédécesseurs, il a lancé: «Ils ont la Constitution de Franco et ils gouvernaient comme la reine d'Angleterre»). Il joue tantôt De Gaulle, tantôt Coluche. Dans son meeting, hier, à Alger, une femme se lève et demande comment se réglera le problème des «disparus», ces milliers d'hommes enlevés par les services de sécurité et dont leurs familles sont sans nouvelle depuis parfois des années. Liamine Zeroual, le président précédent, avait, pour cette question lancinante, une réponse toute prête, toujours la même, répétée d'un ton monocorde: «Il y a seulement quelques cas signalés.» Cette fois, la salle retient son souffle. Bouteflika part en douceur, voix douce de l'ami. «Moi aussi, un de mes neveux a disparu».
    Cette façon de retourner les situations, d'inverser l'échiquier, est sans doute sa grande force. Mal élu lors d'un scrutin contesté, il y a à peine six mois, Abdelaziz Bouteflika traînait alors l'étiquette honnie «d'homme du système». Depuis cet été, un à un, les partis institutionnels, les associations, les syndicats, tout l'appareillage officiel se bouscule désormais derrière celui qu'il soutenait du bout des doigts. Il y a là sans doute beaucoup d'allégeance, un appétit d'honneur, un réflexe plus qu'une conviction à se jeter dans les bras du vainqueur. Si chaque scrutin provoque ainsi à Alger ces revirements en chaîne, il faut reconnaître qu'ils sont cette fois spectaculaires.

    Florence AUBENAS, envoyée spéciale à Alger
    Syndication L'Economiste-
    Libération (France)


    Une approbation massive


    Les Algériens ont approuvé massivement la loi sur la concorde civile en répondant oui à 98,63%. C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Intérieur Abdelmalek Sellal. Le taux de participation définitif s'élève à 85,06% des quelque 17,5 millions d'électeurs inscrits, a précisé le ministre. Le oui a recueilli 14.591.064 suffrages et le non 202.151, soit 1,37% des 14.793.215 des votes exprimés.

    (AFP)

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