×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    eleconomiste

    eleconomiste
    Economie Internationale

    La diplomatie orientale d'Israël

    Par L'Economiste | Edition N°:599 Le 21/09/1999 | Partager

    · Lenteurs, circonvolutions, ambiguïtés sont attendues dans le processus de paix

    · Barak, chef d'une coalition hétéroclite, signe avec Arafat et rend visite aux colonies de peuplement

    · Deux Marocains aux postes-clefs de la diplomatie: David Lévy aux Affaires Etrangères et Yehuda Lancri à l'ONU


    Du temps, il en faudra au processus de paix. Sur cette dimension au moins, les Israéliens sont aujourd'hui en phase avec leur région: rien ne presse, tout peut être remis à plus tard, il ne faut pas trop presser le calendrier. Car ils sont dans une position de force, occupent des territoires, et le statu quo les arrange, tant que les hostilités sont arrêtées.
    David Lévy, qui recevait une délégation de journalistes arabes, après l'accord de Charm El-Cheikh, insiste sur le temps pour qu'il n'y ait pas d'attente et de déception dans le Monde arabe.
    Cela ne remet pas en cause l'engagement pour la paix; Lévy rappelle que le Premier ministre, Ehud Barak, aussitôt élu, a rencontré le leader palestinien et qu'il avait été élu sur son programme de paix: « Les discussions pour le statut final des territoires occupés et Jérusalem viennent de commencer et il faut au moins un an pour voir les résultats se profiler", prévoit M. Lévy.

    Calculs politiques et sentiments


    Outre le temps, ces discussions seront empreintes d'un autre caractère tout aussi oriental, l'ambiguïté. Car rien n'est clair pour cette coalition israélienne au pouvoir, particulièrement hétéroclite. Il y a les travaillistes-pacifistes, dans la ligne de Rabin et Pérès, mais aussi les héritiers du communisme avec leurs élus arabes, les religieux tendance marocaine du Shaas, les transfuges du Likoud comme Lévy, et bien d'autres encore.
    Pour éviter l'éclatement, il faudra trouver des consensus, ce qui souvent veut dire une politique molle. Ce que réfute M. Lévy: «Notre force est que tous nos alliés aient accepté une politique commune de paix auparavant. Les petites coalitions sont toujours perturbées par des oppositions systématiques, sur leur gauche et leur droite, par ceux qui croient qu'elles en font trop, ou pas assez».
    L'ambiguïté, c'est encore ces derniers jours, quand Lévy était en pourparlers avec les Palestiniens et Barak visitait la plus grosse colonie de peuplement, disant qu'il n'allait jamais la démanteler.
    Pour gérer cette situation à l'orientale, la coalition a choisi un homme d'origine «orientale», David Lévy. En Israël, on surnomme ainsi les «Sépharades», originaires des pays arabes, qu'ils soient du Maghreb ou du Mâchera, par opposition aux «Ashkénazes» d'Europe, qui ont créé l'Etat hébreu.
    Lévy avait d'ailleurs bâti son ascension politique sur cette fibre marocaine et avait apporté ce vote (plus de 10% de la population) au Likoud, qui, avec Bégin, avait pour la première fois ravi le pouvoir à l'establishment ashkénaze travailliste.

    Depuis, le vote marocain, et par extension oriental, est courtisé. Le rôle du Maroc dans le processus de paix a donné plus de fierté à cette communauté, socialement et politiquement marginalisée dans les années 50 et 60.
    David Lévy est pour cela considéré comme une girouette politique, toujours prêt à la négociation et au compromis, ce qui peut en faire justement l'homme idoine pour la diplomatie mouvante.
    Rondouillard, il apparaît à la conversation comme charmeur, un peu langue de bois comme tout politicien, susceptible à l'occasion comme tout oriental plein d'orgueil. Ceux qui ont connu Shimon Pérès à ce poste regretteront son charisme naturel et ses qualités de visionnaire.

    Visite au Maroc


    David Lévy a mis du sentiment dans les calculs politiques, depuis qu'il est retourné à Rabat, sa ville natale, après 30 ans. C'était à l'occasion des funérailles de Feu Sa Majesté Hassan II: "En suivant la procession, j'ai montré à Barak les murailles qui protégeait les quartiers des Juifs et des Musulmans qui cohabitaient dans la concorde. Je m'engagerai personnellement pour le développement des relations entre le Maroc et Israël», dit M. Lévy, qui poursuit que M. Barak prévoit d'effectuer une visite officiel au Maroc avant la fin de l'année.
    Il ajoute: «Le Maroc où a commencé l'élan de paix avec courage et sagesse occupe une place de choix pour la diplomatie israélienne; c'est la reconnaissance du passé et l'espoir dans l'avenir».
    Le Maroc avait justement abrité à Casablanca la première conférence sur le développement économique intégré du MENA. La construction d'infrastructures communes et le commerce devaient servir à cimenter le processus de paix à l'image de la construction européenne. D'autres conférence ont suivi sans grands résultats. «Ces relations multilatérales sont devenues otages de la paix», regrette M. Lévy.
    Il oublie que M. Netanyahu avait éteint les rares bonnes volontés arabes, du Maghreb au Golfe, qui voulaient faire du commerce avec Israël.
    Aujourd'hui «dans ce temps le plus béni de l'histoire de la région», M. Lévy attends que ces volontés se manifestent et accompagnent les pourparlers actuels par la normalisation de leurs relations avec Israël. Pour cela, il appartient au Monde arabe de répondre par sa propre vision de la paix.

    Khalid BELYAZID

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc