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Economie

Agrumes: Le marché local plus rentable 

Par L'Economiste | Edition N°:3056 Le 29/06/2009 | Partager

. Car les prix à l’international sont plus bas . 480.000 tonnes ont été expédiées à l’étranger contre 581.000 en 2008La campagne d’exportation d’agrumes 2008-2009 est pratiquement terminée. Et les résultats n’ont pas été au rendez-vous. «Nous avons réalisé un export total d’agrumes de 480.00 tonnes, contre 581.000 la campagne précédente», annonce Ahmed Darrab, SG de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam). Les prévisions initiales de début de campagne tablaient sur 650.00 tonnes, ce qui se traduit donc par un recul de 170.000. Plusieurs facteurs expliquent cette importante baisse.Il y a d’abord les conditions climatiques. Les pluies importantes reçues par le Maroc au cours de cette année ont eu un impact positif à la fois sur l’alimentation des nappes phréatiques et les disponibilités hydriques des principaux barrages, toutefois cela a aussi eu des conséquences négatives sur la campagne d’agrumes. En effet, des inondations ont touché 6.000 ha dans le Gharb, ce qui a endommagé environ 50.000 tonnes d’agrumes.

Les prévisions tablaient sur un volume de 650.000 tonnes à l’export
A cela il faut ajouter que les pluies ont rendu les vergers impraticables aussi bien pour la cueillette que pour les travaux de maintenance et d’entretien. «Tous ces facteurs ont entraîné des retards dans les programmes d’expédition à l’étranger, retards qui n’ont jamais pu être rattrapés», explique Darrab.Autre conséquence des fortes pluies, elles ont sensiblement altéré la qualité des fruits, les rendant en partie impropres à l’exportation. «Pour pouvoir supporter de longs voyages, surtout vers les pays lointains, le fruit doit être de bonne tenue», précise le patron de l’Aspam.Deuxième élément expliquant les résultats moyens de la dernière campagne d’exportation d’agrumes, la crise financière internationale. Au niveau de l’UE, l’aggravation du chômage a entraîné une baisse du pouvoir d’achat des consommateurs et donc une baisse de la demande sur les agrumes, même si l’alimentaire a été le dernier secteur touché par la crise, puisque les gens ont d’abord commencé à réduire les achats d’automobiles, les voyages et de vêtements. «Mais lorsque la crise a perduré, les gens ont essayé d’économiser également sur l’alimentaire. Et les fruits, surtout ceux qui viennent de pays tiers, sont considérés comme des produits chers et les consommateurs essayent d’en diminuer les achats», poursuit Derrab. Pour contourner cette baisse, les professionnels ont été conduits à consentir des baisses de prix notables pour pouvoir vendre à cause de la concurrence qui devenait de plus en plus rude.En ce qui concerne les autres destinations, en particulier la Russie sur laquelle le Maroc est très présent, puisqu’elle représente 50% du total des exportations, la campagne a été marquée par deux phénomènes. Il y a eu d’abord la baisse de 30% de la valeur du rouble qui s’est traduite par un important renchérissement des produits marocains dont les agrumes. Ce qui a contribué à une baisse notable de la demande de la part de la Russie. Le second facteur qui a impacté les expéditions d’agrumes vers la Fédération russe consiste en l’aggravation des risques de paiement puisque, crise financière oblige, les banques ont serré les crédits et réduit par la même occasion les facilités de financement pour les importateurs. «Dans ce contexte, les exportateurs marocains ont été obligés d’être plus vigilants et de réaliser des opérations au coup par coup, notamment en dosant les exportations en fonction des garanties de paiement», ajoute Darrab.Au niveau local, la crise financière a donné naissance à des rumeurs dans les milieux des exportateurs au sujet de la solvabilité et de la rentabilité de certains marchés extérieurs. Ce qui fait qu’une partie des professionnels marocains se sont détournés de l’export, préférant conserver leurs fruits sur les arbres, notamment les oranges tardives, qui commencent début mars et se poursuivent jusqu’en août. Les producteurs procèdent ainsi à la rétention du tonnage pour pouvoir écouler leurs oranges sur le marché local, à partir du 15 juillet jusqu’en août. Durant cette période, la demande sur les oranges augmente, en particulier avec l’été et Ramadan. Les professionnels attendent la fin de la campagne de fruits rouges (fraises, cerises, abricots, pêches, pastèques) en juillet. Concernant la pastèque, ce fruit est actuellement commercialisé au détail à environ 1,50 DH et à 0,50 DH dans les unités de production. Ces bas prix s’expliquent par la production disproportionnée cette année par rapport à la demande, d’autant plus que la grande chaleur de ces derniers jours accélère et aggrave la maturité des fruits et en altère la qualité. Résultat: les producteurs s’empressent de vendre leur récolte, même à bas prix. Sur le registre des retombées financières, la première partie de la campagne qui concerne les petits agrumes (clémentines, Nour, etc.), les résultats ont été assez satisfaisants, selon les producteurs. En ce qui concerne les variétés de demi-saison (Sanguine et Salustiana), les résultats sont en cours de liquidation. Par contre, pour ce qui est des oranges tardives (Maroc Late), avec lesquelles les producteurs bouclent la campagne, et qui ont subi de plein fouet les effets de la crise économique, les résultats risquent d’être très moyens. «Mais en tout état de cause, au niveau de l’Aspam, les producteurs restent sereins et optimistes. D’ailleurs, nous avons lancé une campagne pour sensibiliser les producteurs à continuer d’entretenir leurs vergers pour avoir des produits de qualité l’an prochain», déclare Darrab. Hassan EL ARIF
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