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La filière céréalière cherche son aggiornamento

Par L'Economiste | Edition N°:3056 Le 29/06/2009 | Partager

. Faible productivité et contribution économique limitée. Une capacité de stockage très faible . Un projet de loi sur la sécurité alimentaireLes meuniers et céréaliers ont du pain sur la planche. Après la signature du contrat-programme avec le gouvernement, en avril dernier, les perspectives d’évolution s’annoncent prometteuses, mais aussi laborieuses.Le constat est partagé par les professionnels: jusque-là, «le développement du secteur est en deçà des attentes», indique Moha Marghi, secrétaire général du ministère de l’Agriculture. La productivité du secteur reste en effet faible en moyenne avec des différenciations des performances selon les exploitations céréalières: 15 qx/ha. La France par exemple fait 70 qx/ha et l’Egypte 60 qx/ha. L’exploitation céréalière hors marchés représente près de 1,1 million de petites exploitations. Tandis que celle orientée vers le marché elle est de 300.000 exploitations avec des niveaux de performance fortement corrélés à la taille. Situation expliquée principalement par la petite taille des exploitations impliquant un déficit d’investissement dans les céréales.A cela s’ajoute le faible taux de mécanisation: 6 tracteurs/1.000 ha. La faible utilisation d’intrants performants: engrais (48 UF/ha), semences certifiées (taux d’utilisation 10%). Résultat: des distorsions importantes avec un coût très élevé pour l’Etat (2 à 3 milliards de DH). Plus concrètement, au niveau de l’amont, l’incitation à la production de céréales en particulier de blé tendre bénéficie à seulement 300.000 producteurs commercialisant leur production. Et en aval, l’inefficience majeure au niveau des minoteries génère un faible ciblage des consommateurs les plus fragiles et surconsommation du pain par les ménages.A noter que l’objectif du contrat-programme est d’atteindre, à l’horizon 2020, un socle de production céréalière de l’ordre de 7 millions de tonnes en année moyenne pour une superficie d’environ 4,2 millions ha. De même que la réduction de la superficie céréalière de l’ordre de 20% et amélioration de la productivité d’environ 50%. Ceci se traduirait par une progression du chiffre d’affaires qui atteindrait près de 20 milliards de DH à l’horizon 2020 et la réduction des importations de l’ordre de 15% à 20%.Ceci étant, ces objectifs «doivent être déclinés en plan d’action budgétisé et, surtout, planifié», souligne Ahmed Ouayach, président de la Comader. Autre défaillance du secteur, la transformation et l’import. Car l’aval céréalier est fragmenté avec une forte dépendance de certains acteurs du système de compensation actuel. A cela s’ajoute la part importante des minoteries traditionnelles: 10.000 unités représentant encore 35% des écrasements nationaux.Pour rappel, le tissu minotier est constitué de plus de 200 unités industrielles avec une structure fragmentée et des différences de performances majeures entre les opérateurs: âge moyen des installations, degré d’intégration, localisation par rapport logistique.En revanche, les importateurs sont relativement structurés: 5 à 6 entreprises accaparent 90% des volumes en raison de l’intensité capitalistique de l’activité. Par ailleurs, le maillon faible de la filière reste le stockage. Une étude réalisée par l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (Onicl) fait état d’un déficit logistique énorme. Ainsi l’étude dénombre 171 organismes stockeurs (159 commerçants et 12 coopératives) et 292 dépôts (228 détenus par les commerçants et 64 par les coopératives). Tandis que 48% des opérateurs et 41% des dépôts sont implantés dans les régions de Grand Casablanca  et Fès-Boulemane. Cependant seule une capacité de stockage de 4 millions de quintaux répondant à la norme du guide de bonnes pratiques (GBP) est mise en place par l’Onicl en concertation avec les professionnels. Elle représente 11% de la capacité globale et est détenue au niveau de 19 dépôts. Une capacité de 26,5 millions de quintaux est jugée valable mais nécessitant de combler des lacunes pour se conformer parfaitement à la norme du GBP. L’un des objectifs du contrat-programme est la remise en conformité des unités de stockage par rapport au guide de bonnes pratiques de stockage (NM 08.1.235).«La législation actuelle ne répond pas aux exigences internationales en matière d’hygiène et de salubrité des denrées alimentaires», indique Saâd Lahoucine, directeur de la répression des fraudes au ministère de l’Agriculture. Pour pallier cette carence, un projet de loi 28-07 relatif à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires a été mis dans le circuit législatif. Les dispositions du projet couvrent toutes les étapes de la production: la transformation, la distribution et la commercialisation des produits alimentaires destinées à la consommation humaine et des aliments pour animaux. «Certains professionnels ne sont pas impliqués dans la gestion de la qualité et ne mettent pas en place un système d’auto-contrôle au niveau de leurs entreprises ce qui pourra entraîner la mise sur le marché de produits non sûrs», poursuit Lahoucine. A noter que dans le cadre de la prochaine loi, le contrôle se fera par sondage des produits finis. Car il est difficile de définir les responsabilités en ce qui concerne la sécurité sanitaire des produits mis en vente (producteurs/vendeurs). Pour rappel, la justice a épinglé plusieurs entreprises pour non-conformité aux lois en vigueur, notamment la péremption des produits (cf. www.leconomiste.com). Ainsi la production est tributaire d’une autorisation ou agrément sanitaire des entreprises et établissements selon les cas. La loi 28-07 prévoit le retrait des produits impropres à la consommation. Par ailleurs, un certain nombre de produits sont exclus du champ d’application de la loi: les produits primaires destinés à un usage domestique privé, ainsi que la préparation, la manipulation et l’entreposage domestique des denrées alimentaires à des fins de consommation domestique privée.Tarik HARI

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