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Société

Affaires des évadés de Kénitra
Ils ont pensé à tout!

Par L'Economiste | Edition N°:2753 Le 10/04/2008 | Partager

. Les détenus sont passés par les toilettes d’une cellule. Ils disposaient de matériel de construction. Des cassettes du saint Coran pour étouffer le bruit des pelles S’il y a un sujet qui tient beaucoup de Marocains en haleine cette semaine, c’est bien celui des 9 salafistes évadés de la prison de Kénitra. Le remake marocain de la série américaine à succès «Prison break» laisse plusieurs questions en suspens: Comment ont-ils réussi à creuser un tunnel pour s’enfuir? Avaient-ils des complices parmi le personnel pénitencier? Qu’ont-ils fait du sable qui s’amassait à mesure que les travaux avançaient?Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ), les neuf évadés ont utilisé du matériel de construction pour creuser le tunnel. «Ils ne se sont pas contentés des cuillères. D’ailleurs, les enquêteurs ont appréhendé un ouvrier du bâtiment. Il est soupçonné d’avoir vendu le matériel nécessaire pour creuser un tunnel aux détenus», précise une source policière. Selon elle, les travaux avaient lieu pendant la nuit. En fait, les prisonniers en cavale avaient pensé à tout. Le tunnel a été creusé à partir des toilettes d’une cellule appartenant à un des évadés. «Ce système leur a permis d’aller plus vite puisqu’ils ont suivi les canalisations», explique la même source. Une fois les travaux commencés, les prisonniers ont pensé à mettre des draps sur le mur pour cacher le chantier. La partie de la cellule cachée étant celle qui abrite les toilettes, les gardes ont été totalement bluffés. Les évadés ont également pensé au bruit des pelles. Pour le camoufler, «ils passaient en boucle des versets du Coran sur la radiocassette pour étouffer le bruit des coups de pelle», souligne un proche du dossier.L’enquête n’a pas épargné les gardes pénitenciers en poste dans l’aile qui abritait les fuyards, puisqu’ils sont tous passés devant les agents de la BNPJ. Une seule version a été avancée par les 5 gardes appréhendés: «Après la dernière grève de la faim, les gardes ne sont plus autorisés à entrer dans les cellules. Par conséquent, ils ne pouvaient pas savoir ce que les détenus organisaient», explique-t-on auprès de la BNPJ. A l’heure où nous mettions sous presse, aucune information ne filtrait sur le sort des 5 gardes arrêtés. Rappelons que l’évasion des 9 détenus salafistes n’est pas la première du genre. Outre l’affaire du célèbre trafiquant de drogue El Nene qui avait réussi à s’enfuir du même établissement pénitencier en décembre 2007, un autre baron de la drogue avait pris la poudre d’escampette en 2006 (cf. www.leconomiste.com). Mourad Bouziani, narcotrafiquant de la bande de Mounir Erramach, purgeait une peine de prison de 20 ans. Il s’était évadé un matin de mai en sortant de l’hôpital Ibnou Rochd à Casablanca où il se rendait pour une consultation. Et si Bouziani a été attrapé moins de 24h après sa spectaculaire évasion, El Nene court toujours et risque de ne pas être inquiété parce qu’il a réussi à passer la frontière. Une chose est sûre néanmoins: dans ces deux cas d’espèce, les gardiens de prison ont été condamnés.


Elément légal

L’évasion est une infraction à part entière. Elle est réprimée par les articles allant de 309 à 316 du code pénal. Selon l’article 309, «est puni d’un emprisonnement d’un à trois mois, quiconque étant, en vertu d’un mandat ou d’une décision de justice, légalement arrêté ou détenu pour crime ou délit, s’évade ou tente de s’évader, soit des lieux affectés à la détention par l’autorité compétente, soit du lieu du travail soit au cours du transfert». L’article 311 prévoit quant à lui la complicité des services de sécurité. Ainsi, lorsque ceux-ci sont jugés coupables de négligence ayant facilité l’évasion, ils sont punis de l’emprisonnement d’un mois à deux ans. La peine peut aller à un maximum de 5 ans s’il s’avère que les agents cités dans l’article 311 étaient de connivence avec les évadés.Naoufal BELGHAZI

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