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Economie

Actionnariat salarié dans les privatisables : Un gentil mythe ou une affaire de techniques?

Par L'Economiste | Edition N°:234 Le 13/06/1996 | Partager


Mauvaise conscience ou politique volontariste, toujours est-il que la privatisation avait prévu un actionnariat salarié. Résultats mitigés.

Actuellement, soit 10 ans après les grands débats politiques, la privatisation n'a pas eu son RES-emblématique (Rachat d'Entreprise par les Salariés).
En réalité, il y a quand même eu un rachat, celui d'un hôtel par son gestionnaire, lequel n'appartenait ni à une chaîne, ni à un groupe. L'opération n'a pas marqué les esprits. Pas plus que les parts de la BMCE (3%), de la CIOR (1,22%) ou de la CTM-LN (2,6%) cédées aux salariés n'ont marqué le mouvement de la privatisation: apparemment, le bonus de 15% donné au départ dans les cas d'acquisition de titres par les salariés de l'entreprise n'a pas davantage retenu l'attention. De plus, il semble de sources concordantes que ces titres ont été rapidement cédés.
Opération différente à la SAMIR, où les options salariales sont amenées de longue main: financement sans intérêt avec retenue à la source, mais sur la base du groupe le moins puissant financièrement, les ouvriers. Les autres salariés, les cadres et la maîtrise doivent autofinancer les achats additionnels (au-dessus de 10.000DH), mais toujours avec la décote.
Pour l'instant, on ne connaît pas bien le comportement de ces acheteurs de titres face à la situation nouvelle créée par la SAMIR. En effet, d'une part la SAMIR a été la première opération de cession effectuée avec l'effet-tremplin des bons et, d'autre part, le côté jackpot qu'avaient les privatisations jusqu'ici s'est estompé. Ces deux mécanismes ont-ils peut-être concouru à stabiliser l'actionnariat salarié? Peut-être pas?
La loi sur le transfert des titres de l'Etat au privé prévoit bien dans son article 5, traitant des "nouvelles catégories d'actionnaires", de faire bénéficier les salariés des privatisations.

Obligations nouvelles


La loi et ses décrets souhaitent même que le prix de cession soit spécifique. Le principe, naturellement, est que les salariés ont concouru à la valeur de l'entreprise. Au moment où la loi a été élaborée, il y a dix ans, s'y ajoutait aussi le fait que l'entreprise appartenant au patrimoine public devait donc y rester "un peu" à l'occasion de la cession, le "un peu" étant représenté par ses salariés. Expression d'une sorte de mauvaise conscience; cette disposition n'a plus cours aujourd'hui, mais l'obligation légale reste, alors que dans un tout autre registre naissent des obligations nouvelles.
Ces obligations découlent du changement de murs intervenu dans les relations employeur-employé et d'un souhait, encore très diffus, d'avoir des instruments plus modernes de politique sociale.
L'actionnariat salarial peut en être un, pas seulement dans les privatisables.
En effet, depuis le début des années 70, avec l'expérience d'IMEG (première société de matière grise marocaine consacrée à l'ingénierie informatique), les PME ont multiplié ce mode d'organisation qui implique l'encadrement: esclavage déguisé, menottes dorées, diffusion du capital ou encore coopérative qui ne dit pas son nom... Toutes les formes existent dans le paysage marocain. Chez les grandes sociétés, comme la BCM ou la Société Générale, l'actionnariat salarial a été aussi introduit, avec des opérations de solvabilisation de la demande. Ces opérations ont même trouvé, avec les OPCVM, un mécanisme d'appui.
Dans les privatisations, deux questions se posent: solvabiliser la demande et fidéliser la propriété avec, derrière, le sentiment d'avoir une occasion pour pousser des valeurs nouvelles comme la sécurisation financière des ménages, l'accumulation patrimoniale de la couche moyenne. S'y ajoutent les motivations plus classiques liées à la gestion des hommes dans l'entreprise: meilleure appréciation des conjonctures vécues par l'entreprise pour réclamer efficacement des améliorations de situation (les leçons de Djebel Aouam sont encore très présentes), intéressement aux résultats, partage de l'information, sinon de la décision...
Solvabiliser la demande est, une fois la volonté politique posée, une question de technique et de coût. En tout état de cause, la cession "à la soviétique"(1) est exclue, autant par principe qu'à cause du prix pour le Trésor. Technique aussi pour fidéliser les nouveaux porteurs. Politique mais surtout techniques à inventer seront au menu du dîner-débat organisé par l'Association Ribat Al Fath, le mardi 18 juin 1996, avec le concours de L'Economiste.

Nadia SALAH


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