×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    Fès/Investissements: Des problèmes vieux de 20 ans, mais toujours d’actualité

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4773 Le 16/05/2016 | Partager
    Mohamed Kabbaj suggère une politique de rupture
    «Fassis, arrêtez de pleurnicher!», rétorque le maire
    Chômage, insécurité, crise, la ville est en situation d’alerte

    20 ANS. C’est exactement la différence d’âge entre Mohamed Kabbaj (1946) et Driss El Azami El Idrissi (1966), respectivement ancien wali de Casablanca et maire de Fès, également ministre du Budget. Il y a vingt ans, Kabbaj était aussi ministre, puis conseiller du Roi Hassan II, et auparavant député de Fès aux couleurs de l’Union Constitutionnelle.
    Conscient des problématiques socioéconomiques de la ville, il créa l’association Fès-Saïss à qui on doit aujourd’hui l’organisation d’actions sociales (campagnes médicales, distribution de denrées alimentaires et vestimentaires, conférences, etc.) et le festival des musiques sacrées. Mais, ce n’est pas suffisant. Les maux que vit la capitale culturelle du Royaume sont les mêmes qu’il y a 20 ans: chômage galopant, insécurité, fermetures d’usines, extrémisme, outre une mauvaise image dans la presse, etc. Pire encore, d’année en année, Fès qui sombre dans la déchéance, est souvent qualifiée de «bombe à retardement». «A tel point que nous n’avons qu’une seule envie: quitter cette ville…qui enregistre plus de liquidation d’entreprises que de création», témoigne Mohamed Ammouri, expert-comptable affilié à la CGEM de Fès.   
    Présenté lors des dernières communales, comme le «sauveur de la cité millénaire», le maire avoue aujourd’hui que les difficultés sont énormes. «Les opportunités et les atouts aussi». En revanche, dit-il, «il faut faire un lobbying, forcing, et pression pour défendre les intérêts de cette ville, la développer et la sortir de sa léthargie». «Mais, auprès de qui doit-on entamer ces actions?», s’interrogent les opérateurs. Venant d’un membre du gouvernement, la «suggestion d’un lobbying» les a surpris à plus d’un titre. C’était mercredi dernier, lors d’une conférence-débat, initiée par la CGEM Fès-Taza, sous la thématique «Fès, perspectives de développement».
    Appelant d’emblée à une réflexion franche et fructueuse, Mohamed Berrada Rkhami, président de l’union patronale a souligné «une faible participation de la ville dans le PIB national, outre une augmentation du taux de chômage, une fuite des cerveaux, et un tourisme en perte de vitesse». «Notre secteur industriel est en voie de disparition et aucun avancement n’a été constaté depuis votre élection à la tête de la ville. Nous espérons une relance à partir d’aujourd’hui», souhaite le président de la CGEM Fès-Taza. «Il faut être indulgent et empathique», tempère Abdou Jouahri, économiste et modérateur de la conférence.      
    Chiffres à l’appui, Mohamed Kabbaj a signalé que le rythme de croissance de la région Fès-Meknès est plus bas que la moyenne nationale, proportionnellement par rapport à ses habitants  (12,5% de la population du Maroc). Et d’expliquer: «si le secteur primaire se positionne bien grâce à l’agriculture (15 à 16% de la production nationale), le secteur tertiaire ne représente que 8%, le secondaire 6,6%, l’investissement 4,5%, et la région n’exporte que 3%... elle est classée au 6e rang au niveau national». En matière de scolarisation, la région n’est pas bonne élève non plus. Elle est classée dans les trois derniers rangs.
    De l’avis de l’ex-ministre des Finances, «Fès a excellé uniquement dans la lutte contre les bidonvilles, avec un taux de 1,8%. Elle est à ce titre première grâce à l’intervention d’Al Omrane». Pour remédier à ces maux, Kabbaj propose une politique de rupture, changer de vision, et miser sur les créneaux du tourisme spirituel, artisanat de luxe, agriculture et savoir (formation des RH). «Il faut créer un consensus autour d’objectifs, travailler en commun, soulever les difficultés majeures et créer les organes d’exécution avec des structures stables», conseille le président de Lafarge Maroc. Et de poursuivre: «il faut établir rapidement les plans d’exécution, avec le contrôle et le suivi qu’il faut, et trouver les systèmes de financement». Séduit par la méthode «pragmatique» de Kabbaj, le maire de Fès s’est dit pour «la politique de rupture». Il a appelé les opérateurs «fassis» à couper court à toute sorte de pessimisme. «Arrêtez de pleurnicher et travaillez main dans la main. Soyez optimistes, votre ville est votre avenir», conclut le maire d’un ferme coup de poing.

    L’alerte d’El Azami

    «J’ai institué un suivi régulier avec les sociétés délégataires du ramassage des ordures et du transport public, installé la rigueur et la légalité dans la gouvernance locale». Les propos sont de Driss El Azami El Drissi. Ce dernier rappelle qu’il est élu à la tête de la ville depuis 7 mois seulement et qu’il travaille sur «la vision de Fès 2030 avec les architectes et l’agence urbaine, le plan d’actions communal (PAC) avec opérateurs et société civile, et la mise à niveau des zones industrielles avec le ministère de l’Industrie». «J’ai une responsabilité politique et je ne cesse d’alerter sur la situation critique de la ville», avoue le maire. « Il faut pousser vers la création de projets chocs et structurants, travailler ensemble avec des pressions mutuelles, créer la rupture et progresser», renchérit-il. En attendant, il y aura…«Quick, Décathlon, et Fès Shore II».

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc