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Analyse

Régionalisation avancée
Les leçons de Benhima

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4739 Le 29/03/2016 | Partager
La région n’est pas un gouvernement local et ne se substitue pas à l’Etat
L’administration régionale serait «un contresens coûteux»
Approfondir la connaissance du territoire, décisif pour l’efficience de la régionalisation
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Pour Driss Benhima, invité de l’    ESJC, «la région est le champ de bataille idéal dans la mondialisation,
à travers l’exacerbation des atouts et la lutte contre les points de faiblesse» (Ph. Khalifa)

Entrée en vigueur il y a quelques mois, la régionalisation avancée connaît quelques couacs de démarrage. Certains présidents de régions ont déjà commencé à pointer des problèmes qui risquent d’entraver la réalisation des objectifs de cette nouvelle architecture territoriale. En dépit de cette situation, Driss Benhima, ancien ministre et haut fonctionnaire(1), se dit «optimiste, même si cela va se faire dans la douleur, avec quelques contresens». L’ancien wali du Grand Casablanca, qui était l’invité de l’Ecole supérieure de journalisme de Casablanca (ESJC), jeudi dernier, a livré une vision innovante, favorisant une implémentation efficiente de la régionalisation avancée. La première recommandation adressée aux présidents des régions porte sur la perception de cette entité territoriale. «Le conseil régional n’est pas un gouvernement local. Son champ d’intervention est indépendant des communes», a-t-il insisté. Une refonte de l’articulation entre les deux niveaux de gouvernance territoriale qui reste décisive pour être en phase avec l’esprit de la Constitution. Aujourd’hui, il est important d’en finir avec la logique de distribution des parts du budget régional au profit des communes. Un souci également évoqué par Mohand Laensar, président de la région de Fès-Meknès, lors d’un colloque organisé jeudi dernier (cf.www.leconomiste.com). Dans le sens consacré par la Constitution de 2011, la Région est appelée à jouer de nouveaux rôles. «Elle est créée pour assumer des attributions qui jusque-là n’étaient pas prises en charge. Ces compétences sont d’ordre économique, social, culturel et environnemental. Son rôle est d’assurer l’intégration du territoire dans la mondialisation et de promouvoir le développement durable». D’où le sens du nouveau découpage régional, «adapté», selon Benhima. Car, «il a été réalisé sur la base de données socioéconomiques, qui ont permis de faire ressortir des groupes homogènes», a-t-il ajouté. Contrairement à l’approche adoptée dans les anciens découpages régionaux, «où l’on voulait mettre en place des régions diversifiées»… Cette fois-ci, l’Etat a misé sur «la spécialisation, qui favorise l’ancrage dans la mondialisation, à travers la valorisation des facteurs de force et de limiter les points de faiblesse», explique l’ancien wali.
Au moment où différents intervenants appellent à l’accélération du processus de déconcentration, pour doter les régions d’antennes des ministères et autres entités publiques, Benhima considère que cela «n’est pas une priorité». Pour ce grand commis de l’Etat, «la construction éventuelle d’une administration régionale serait un contresens coûteux et un geste historique contreproductif». L’important, selon ce polytechnicien, est de mener une série d’actions, qui constituent des préalables indispensables à la réussite de l’implémentation de la régionalisation. Les mots d’ordre restent flexibilité, souplesse et appropriation. L’ancien directeur de l’Agence de développement du Nord a également dressé une feuille de route, à même de renforcer les capacités des décideurs régionaux. Première action à mettre en place: «approfondir la connaissance du territoire régional». Benhima a appelé au développement d’un système d’information géographique, en s’appuyant notamment sur les compétences universitaires. C’est cette «connaissance précise qui permettra aux Conseils régionaux de se positionner en tant qu’interlocuteurs reconnus et recherchés par le reste de l’appareil constitutionnel». L’idée est aussi d’éviter que les responsables régionaux se contentent de «répéter de fausses certitudes». Il a donné l’exemple du Rif, qui était considéré pendant des années comme un territoire marginalisé et laissé pour compte. Or, «cela ne résulte pas d’une décision politique, mais plutôt des conditions de ce territoire marqué par une forte concentration de la population, avec une absence de l’exode rural vers les centres urbains, parallèlement au développement des activités illicites», a-t-il expliqué. Par exemple, l’état délabré des routes dans cette région est plus lié à des facteurs géologiques, au point où les frais de leur entretien, pendant une dizaine d’années, correspondaient au prix de la réalisation de l’autoroute Casa-Marrakech.
Cette maîtrise des réalités locales favorisera «l’élaboration d’une stratégie de développement régional intégrée aux grands chantiers du Royaume, qui met en valeur les atouts du territoire et limite ses faiblesses».

Mode opératoire

La mise en œuvre des stratégies de développement des régions doit se baser sur des organes d’exécution souples et flexibles. Chaque région est appelée à se doter d’une «Agence, placée sous le contrôle politique du conseil régional». Elle sera chargée de la déclinaison de la stratégie en programmes et projets, en complément des efforts de l’Etat, ou d’autres acteurs, comme les ONG locales, qui doivent être mises à contribution pour faciliter l’accès aux populations. Le statut de ces agences permettra d’offrir une flexibilité et un mode de fonctionnement innovant en matière d’organes d’exécution, à travers des équipes ad-hoc chargés de travailler sur des dossiers précis. Ces organes auront aussi la possibilité de réunir les partenaires pertinents pour chaque projet. Le conseil régional peut également disposer d’autres outils, à travers le recours notamment aux SDL pour la mise en œuvre de certains programmes.

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(1) Il a également été directeur général de l’Office national de l’électricité, directeur de l’agence de développement des provinces du Nord, wali de Casablanca ainsi que PDG de Royal Air Maroc

 

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