×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Le textile, une industrie en voie d’extinction?

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4734 Le 22/03/2016 | Partager
La facture d’électricité à l’origine de fermetures d’usines
Hausse de 32% en moins de quatre ans!

Le textile fait-il vraiment partie des secteurs stratégiques? Saïd Berrada, PDG de Polyfil, en doute. «Il est incohérent d’inciter les industriels à investir et à décider une augmentation annuelle de 7% du tarif de l’énergie pendant quatre ans alors que le prix de l’électricité au Maroc reste plus cher que chez nos principaux concurrents», affirme-t-il.

L’usine Polyfil n’est pas la seule à être durement impactée par la hausse du coût d’énergie. Il a fallu supporter trois augmentations successives depuis août 2014, puis janvier 2015 et janvier 2016. Une autre est prévue en janvier 2017 dans le cadre du contrat-programme signé entre le gouvernement et l’ONEE. Au total, la facture énergétique aura augmenté d’environ 32% en moins de quatre ans. Ce qui suscite la colère des industriels qui voient les coûts de production exploser. Dans le cas de Polyfil, la note est salée: 22 millions de DH par an ! Le poste représente 35% des charges d’exploitation, soit autant que la masse salariale. Le niveau atteint par les frais d’électricité remet en cause la viabilité de l’usine. Le management redoute de connaître le même sort que les dizaines d’unités de textile qui ont déjà fermé ou sont en train de mettre la clé sous le paillasson. Leurs propriétaires ayant préféré se reconvertir dans le négoce, beaucoup plus «confortable».  Les fermetures d’usine ne sont pas le seul indicateur de la désindustrialisation du Maroc dans le textile, secteur où il avait toujours occupé le haut du pavé. Depuis de longues années, aucune convention d’investissement dans le textile n’a été signée. Les investisseurs préfèrent trop souvent des secteurs spéculatifs au rendement garanti. Or, le textile est un domaine qui emploie beaucoup de main-d’œuvre. Certains groupes emploient jusqu’à 5.000 salariés. Pendant que le gouvernement décide d’une hausse de l’électricité, les pays concurrents tels que la Chine ou l’Inde font bénéficier leur tissu industriel de la baisse du cours du pétrole et du charbon. «Il y a quatre ans, le prix de l’électricité était compétitif et les entreprises de textile pouvaient tenir tête à leurs concurrents en Turquie, Portugal, Inde, Chine…», affirme Berrada. Pour atténuer l’impact de la facture énergétique chez les opérateurs orientés export, le gouvernement avait mis en place au début des années 2000 un système de «drawback». Ce régime économique consiste à reverser aux entreprises exportatrices une partie de leurs dépenses d’électricité. Dans le cas de Polyfil, la ristourne s’élève chaque année à environ 400.000 DH, pour une facture de 22 millions de DH.

A présent, il est difficile de faire marche arrière sur la grille tarifaire de l’électricité, mais il existe deux options pour sauver l’industrie, suggère le PDG de Polyfil. La première consiste à aligner le tarif du kw/h sur celui des principaux concurrents du Maroc. La seconde, qui semble la plus réaliste, porterait sur la révision du montant du drawback qui permettra de ramener le kw/h à l’export au prix des concurrents. Sans ce schéma de réforme, la politique d’accélération industrielle ne permettra pas de réaliser les objectifs qui lui sont assignés.

Polyfil, l’usine qui a perdu sa façade

usine_polyfil_034.jpg

 

La fermeture du passage à niveau par l’ONCF a provoqué la condamnation de la route qui menait vers l’usine Polyfil. Par conséquent, l’entreprise n’est plus accessible par son entrée officielle, mais par une issue à l’arrière de l’usine. Mais pour y arriver, il faut emprunter une route qui ressemble plutôt à un sentier en zone rurale, truffé de nids de poule et sur lequel deux véhicules ne peuvent se croiser. Le conseil de la ville reste sourd aux nombreuses réclamations de l’usine.

Trop chère, la logistique!

camion_logistique_copie.jpg
 

En 2010, le Maroc a mis en œuvre une stratégie pour réduire les coûts de la logistique. Cinq ans plus tard, les effets se font attendre. En tout cas, pour Polyfil, le fait de transférer un container de Berrechid à Valence en Espagne via TangerMed, par exemple, coûte 28.000 DH au moment où le même container est exporté par les industriels chinois à environ 3.400 DH (350 dollars). Ce qui gruge la compétitivité des entreprises nationales.

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc