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Entreprises

L’usine qui habille 700.000 voitures par an!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4734 Le 22/03/2016 | Partager
Polyfil exporte l’équivalent de 3.000 tonnes de fil polyester
Soit l’équivalent de 8 millions de mètres de tissu technique
L’industrie reste pénalisée par les coûts de l’énergie
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L’usine Polyfil, qui fonctionne 24h/24, 7j/7, est en mesure de livrer dans un délai de 4 à 5 jours des clients aussi bien en France qu’en Slovaquie (Ph. Jarfi)

Dans le secteur textile, il y a le discours officiel et il y a la dure réalité du terrain. C'est celle que vivent au quotidien les unités industrielles. Parmi elles, la société Polyfil qui lutte pour sa survie à l'image de nombreuses autres usines.

L’entreprise est spécialisée dans la production de fil en polyester, destiné à la fabrication de tissu de la famille Berrada dans la zone industrielle de Berrechid. Erigée sur 45.000 m2, l’usine a déjà enregistré 440 millions de DH d’investissement depuis sa construction en 1990. Chaque année, elle produit 6.500 tonnes de fil, dont environ la moitié est destinée à la fabrication de 8 millions de mètres de tissu automobile. De quoi habiller 700.000 véhicules chaque année. Mais le tissu servant à confectionner les coiffes de voitures n’est pas fabriqué au Maroc. Les importateurs de fil automobile se trouvent en Espagne, France, Slovaquie… Le fil est également exporté en Tunisie pour être transformé par l’usine française Chomarat en tissu et réexporté notamment à deux unités industrielles situées à Tanger et Kenitra pour la fabrication de coiffes de voitures. Le produit fini est ensuite expédié en Europe. Les clients de Polyfil ont pour donneurs d’ordre Renault, Peugeot, Volkswagen…

Aux côtés de Sefitex et Filarsi, Polyfil est l’une des trois usines de texturation qui résistent encore à la crise alors qu’en 2001, elles étaient 13. «La production de fil destiné à la fabrication des coiffes de voitures est une activité très complexe, onéreuse et difficile. C’est le point de départ d’autres activités telles que le tissage, le finissage, le fomage et la confection», affirme Saïd Berrada, PDG. Le fil servant à la fabrication du tissu a une particularité par rapport au textile classique. Il doit résister aux années qui passent car une voiture a une longévité de plusieurs années. De plus, elle est tout le temps exposée au soleil. Le tissu ne doit pas jaunir avec le temps. D’où la nécessité de lui passer une batterie de tests. Polyfil est certifiée ISO et Imanor. Elle est maintenant référencée auprès des plus grands constructeurs internationaux. «Nous sommes aussi bien notés que les usines européennes», signale Saïd Berrada. Mais ce n’est pas suffisant pour arracher des marchés car la concurrence est rude.

L’autre contrainte spécifique à l’industrie de la filature et texturation porte sur le respect des délais de livraison. Aucune excuse n’est valable si un chargement n’est pas livré dans les délais. «Que ce soit en cas d’accident de la circulation ou de retard d’embarquement, Polyfil doit toujours se tenir prête à expédier la même livraison tout de suite après. Ce qui suppose de préparer la commande en double», signale le PDG. Le système est maintenant rodé. L’usine a appris à anticiper les risques. L’export représente 50% du chiffre d’affaires de Polyfil. Le reste est destiné au marché local du textile classique. Quatre ou cinq camions sortent chaque semaine des lignes de production de l’usine vers TangerMed, pour être transbordés vers les clients. L’usine est en mesure de livrer dans un délai de 4 à 5 jours des clients aussi bien en France qu’en Slovaquie.  Polyfil fonctionne 24 h/24, 7j/j. L’usine ne s’arrête que pendant le mois d’août pour une révision générale des machines. Ce qui suppose un répit de trois semaines pour arrêter et redémarrer les machines.

Un cahier des charges draconien

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Saïd Berrada,
PDG de Polyfil

Le tissu utilisé pour l’habillage des sièges automobiles doit remplir des conditions draconiennes. Il doit répondre à toutes les spécificités de résistance des couleurs, de solidité et de régularité. L’une de ses particularités, c’est qu’après le tissage, il subit un traitement appelé fomage. L’opération consiste à appliquer une couche de polyuréthane pour augmenter la résistance du tissu.  Les clients ne badinent pas avec la qualité. Le moindre défaut, aussi infime soit-il, risque de bloquer la chaîne de fabrication chez les donneurs d’ordre. En cas de non-conformité sur une partie de la livraison, la facture est lourde. Le fabricant s’expose à des pénalités salées, qui peuvent s’élever à 100.000 euros. Ce qui suppose une multitude de contrôles depuis la fabrication du fil jusqu’à son conditionnement final avant chargement. L’usine est équipée d’un matériel dernière génération, le tout piloté à partir d’une salle de contrôle entièrement automatisée.

 

 

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