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R&D: Gros décalage entre inputs et outputs

Par L'Economiste - Ahlam NAZIH - | Edition N°:4694 Le 26/01/2016
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Le Maroc intensifie ses efforts, mais n’arrive pas à en engranger les bénéfices
Il dégringole de la 3ème à la 6ème place en Afrique
Langue, gouvernance, implication du privé, manque de chercheurs…les défis
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Certes, le Maroc a consenti de grands efforts en R&D sur les 15 dernières années. Ses dépenses pour la recherche sont, par exemple, passées de 0,55% du PIB en 2001 à 0,73%  en 2010 (voir tableau). Sa production scientifique s’est également nettement améliorée. Les publications des chercheurs marocains dans des revues indexées (dans Scopus et Web Of Science) qui ne dépassaient pas 243 en 1987, sont montées à 4.887 en 2013. Pareil pour le personnel dédié à la recherche qui a grimpé de 26.039 en 2001 à 42.802 en 2014, dont 33.240 dans les universités (3.768 dans le secteur privé). Mais les résultats obtenus sont en dessous des attentes. Il existe un déséquilibre patent entre les inputs et les outputs. Ce fut l’un des principaux constats des travaux du colloque organisé la semaine dernière à Rabat par le GERSI (Groupe d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation). Il avait pour thématique l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’innovation au Maroc: réformer pour émerger.
En 2015, l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) a classé le Maroc 78ème sur 141 pays en matière d’innovation. Néanmoins, le score qui lui a été attribué pour ses inputs (capital humain, infrastructures, institutions, …) a été fixé à 40,55/100 (76ème), contre seulement 25,84/100 (84ème) pour ses outputs (technologie, production de connaissances, innovation et créativité,…). «Si nous analysons ce que produit note système d’enseignement supérieur en termes de productions scientifiques, nous sommes très mal classés», fustige Mohamed Smani, directeur de R&D Maroc. Un jugement tempéré par Najib El Hatimi, de l’Académie Hassan II des sciences et techniques. Selon El Hatimi, la production scientifique nationale est  très jeune. Les premières contributions sur le plan international remontent à 1986 seulement. Mais le fonctionnement du système a besoin de plus de moyens, notamment humains. Sur ce volet, le Maroc a réalisé des progrès en comparaison avec les pays de la région. L’effectif du personnel actif (chercheurs, enseignant chercheur, ingénieurs, techniciens…)  dans la recherche scientifique a évolué de près de 63% entre 2001 et 2014. Cela représente environ 3,3 chercheurs pour 1.000 habitants, un niveau qui reste très loin de celui enregistré dans les pays avancés. Le nombre de doctorats produits demeure aussi insuffisant, avec une moyenne entre 700 et 800 par an.
Difficile par ailleurs d’attirer les meilleurs, face à des pays qui misent le tout pout le tout. «Il existe une véritable guerre sur la mobilité des chercheurs. Plus du tiers de ceux de l’OCDE travaille aux Etats-Unis», relève l’économiste Ahmed Azirar.
Le Maroc a pu se positionner 3ème en Afrique en termes de production scientifique dans les années 2002 et 2003. Il a par la suite dégringolé pour occuper actuellement la 6ème place. Cela s’explique en partie par un dysfonctionnement au niveau de la connexion entre les moyens mobilisés et le rendement de la R&D. «Il s’agit d’un problème central auquel nous devrions apporter une solution, afin de donner un nouveau souffle à la production scientifique et technologique nationale», suggère le directeur de R&D Maroc.
Le manque de maîtrise de l’anglais est également un handicap majeur. Pour figurer sur les radars de la communauté scientifique mondiale, il est crucial de produire des travaux dans la langue de Shakespeare. «Le choix de cette langue figure parmi les atouts des systèmes d’enseignement supérieur des pays qui ont devancé le Maroc en Afrique, comme l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et le Kenya», argumente un chercheur marocain. Certains de ces pays ont également mieux réussi car ils disposent de leurs propres revues indexées. Le Maroc n’en possède qu’une seule (Agadir).
Parmi les recommandations de ce colloque, l’on retient aussi la nécessité du rapprochement entre l’université du monde de l’entreprise. Ceci devrait permettre d’assurer plus de moyens financiers en faveur de la recherche. «La part du secteur privé dans la dépense intérieure de recherche et développement est de seulement 29%. Or, pour dynamiser le système de recherche national, elle devrait se situer à 40%», soutient El Hatimi. Il est, en outre, important de se doter d’une stratégie globale claire en recherche et innovation, afin de fédérer les actions de tous les intervenants.
NEA & A.Na
 

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