Entreprises

Assurance agricole
Comment renforcer la dynamique

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4694 Le 26/01/2016 | Partager
Le cap du million d’ha dépassé pour la multirisque climatique
12 milliards de DH sécurisés lors de l’actuelle campagne
300.000 agriculteurs sociétaires à la Mamda

A peine annoncée, l’entrée du nouvel opérateur dans l’assurance agricole est différée sine die. Saham Assurance a décidé de «stopper l’application de la convention qu’elle a signée avec le gouvernement le 21 janvier». D’ailleurs, s’il y a passage à l’action, il ne peut se faire que lors de la campagne 2016-2017. Les souscriptions au titre de l’actuelle saison ayant été clôturées en décembre 2015. Mais le motif invoqué par le nouvel entrant est «d’attendre l’adhésion d’autres compagnies à ce produit». Un objectif qui s’éloigne désormais avec le désistement de Saham. La convention conclue, en 2011, avec la Mutuelle marocaine d’assurance agricole prévoyait déjà l’ouverture du produit à d’autres opérateurs. Son article 13 spécifiait que Mamda «s’engage à entreprendre les démarches nécessaires afin de proposer aux autres assureurs du marché marocain d’y adhérer». A travers cette clause, «le gouvernement cherchait à éviter l’instauration du monopole», précise une source proche du dossier. Cinq ans après, les assureurs n’ont pas été nombreux à se bousculer. Et le seul n’a finalement opté que pour la multirisque climatique. Un créneau où le risque est trop partagé par l’Etat, puisque ce dernier y supporte entre 53 et 90% de la prime. De plus, l’éligibilité à l’indemnisation est subordonnée à la déclaration officielle des zones et cultures sinistrées. Pour faire marche arrière pour quelque polémique partisane alors que l’enjeu est de taille, car il porte sur un aspect hautement stratégique? Pour les agriculteurs, l’essentiel est de soutenir la dynamique du renforcement de la couverture de la production et de l’investissement. «L’opérateur historique, la Mamda en l’occurrence, a fait ses preuves en dépassant en 2015 le million d’hectares de céréales et légumineuses», relève Ahmed Ouayach, président de la Confédération de l’agriculture et du développement rural.

«Nous sommes pour l’ouverture de l’assurance aux autres opérateurs mais selon une approche maîtrisée», précise-t-il. Car il ne faut perdre de vue que la mutuelle qui compte 300.000 agriculteurs sociétaires. L’urgence, pour le moment, est de traiter les zones touchées par la sécheresse est d’indemniser, au plus vite, les agriculteurs sinistrés.
Depuis 2011, date de la mise en place de l’assurance agricole, nouvelle version, la superficie assurée est passée de 330.000 à plus de 1 million d’hectares l’année d’avant. Elle a également été élargie à l’arboriculture fruitière. Pour l’actuelle campagne, le capital assuré dépasse la douzaine de milliards de DH. Et il est prévu de le doubler à l’horizon 2020. Parallèlement, l’effort de l’Etat va crescendo. De 200 millions de DH en 2012, la contribution de la communauté est passée à 315 millions en 2015 et autant est prévu au titre de l’exercice qui vient de démarrer.

Le rendement sécurisé

Un relèvement de l’indemnité combiné à une réduction de la contribution des petits agriculteurs a été ensuite opéré. Il s’agit de garantir un minimum d’indemnité variant entre 600 et 900 DH/ha pour les exploitations des zones arides et semi-arides. Alors que la contribution des agriculteurs se situe entre 16 et 22 DH pour la même superficie. Quant au bour favorable, la garantie passe à 1.450, 2.900 et 4.350 DH/ha selon les régions. Moyennant, bien évidemment, des contributions respectives de 26, 199 et 398 DH/ha.

A. G.

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