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Tribune

La course de fond de la diplomatie

Par L'Economiste | Edition N°:4583 Le 06/08/2015 | Partager

L’Aboutissement des négociations sur le programme nucléaire de l’Iran accrédite avec éclat la conviction

Javier Solana docteur en physique, haut-représentant de l’UE en politique étrangère et en sécurité, secrétaire général de l’OTAN et ancien ministre des Affaires étrangères de l’Espagne. Il est actuellement président du Centre pour l’économie mondiale et géopolitique de l’ESADE et membre d’honneur de la Brookings Institution.

de ceux qui placent leur foi dans la diplomatie. L’accord conclu après plus d’une décennie de pourparlers souligne la valeur de la persévérance face aux impasses qui nous semblent insurmontables et donne de l’espoir pour les nombreuses autres initiatives qui seront nécessaires pour instaurer une paix durable au Moyen-Orient.
L’Union européenne, qui a engagé les pourparlers, peut être fière de ses efforts. Et le rôle des États-Unis a été remarquable, depuis le travail sans relâche du secrétaire d’État John Kerry, présent même sur ses béquilles pour mettre fin au bras de fer de 35 ans entre son pays et l’Iran, jusqu’au coup de collier déterminant du président Barack Obama au moment de conclure les négociations. De même, le président iranien Hassan Rouhani peut être félicité pour sa détermination à remplir l’engagement contracté il y a plus de dix ans, quand il était secrétaire suprême du Conseil national de sécurité de l’Iran.
Rouhani et moi nous sommes rencontrés en 2003, assis face à face à la même table lors des premiers pourparlers nucléaires, quand notre équipe de négociation était composée des seuls européens. L’élection de Mahmoud Ahmadinejad comme président de l’Iran en 2005 a fait avorter ces entretiens et a finalement conduit à l’imposition de sanctions. Mais j’avais perçu à quel point Rouhani était déterminé à conclure un accord. Et naturellement quand Rouhani a succédé à Ahmadinejad en 2013, une porte s’est ouverte.
Rouhani m’a invité à son investiture en août 2013. Au cours de cette visite, j’ai pu assister à des réunions avec lui et d’autres hauts dirigeants iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Mohammad Zarif et, plus tard, son négociateur en chef durant les négociations de Vienne. J’ai vite compris qu’avec de tels hommes à la tête de l’Iran, un accord serait possible.
L’accord connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (PGAC) limite le programme nucléaire de l’Iran à des fins pacifiques, en échange de la levée de toutes les sanctions internationales sur le pays. Pendant les 15 années à venir, l’Iran ne sera pas autorisé à enrichir l’uranium à plus de 3,67% (la construction d’une bombe nucléaire nécessite de l’uranium enrichi à au moins 85%). L’enrichissement sera autorisé uniquement sur l’installation nucléaire de Natanz, pas sur l’installation souterraine de Fordow. Et l’Iran devra conserver son stock d’uranium enrichi à 3,67% en deçà de 300 kilogrammes.
En outre, le PGAC va forcer l’Iran à réduire progressivement le nombre de centrifugeuses utilisées dans le processus d’enrichissement, durant les dix prochaines années. De même, le réacteur à eau lourde d’Arak devra être réaménagé pour produire des radio-isotopes à des fins médicales et industrielles, ou pour la recherche dans d’autres utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. En outre, le combustible usagé  produit sera expédié hors du pays.
Plus important encore, l’Iran s’est lui-même engagé à appliquer le Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, en fournissant à cet organisme un accès 24 heures sur 24 à tous les composants de son programme nucléaire pendant 15 ans. L’AIEA va également surveiller la production de centrifugeuses pendant 20 ans.
L’accord a été rendu possible par le fait que les interlocuteurs de l’Iran (les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne et l’Union européenne (E3/UE+3) ont été en mesure de maintenir une position commune lors d’un processus qui a duré plus de dix ans. Cela fut vrai même pendant le coup de collier des négociations, quand une discussion sur les sanctions contre le commerce de l’Iran en armes conventionnelles et en missiles balistiques a menacé d’ouvrir une brèche entre les partenaires. Alors que la Russie et la Chine ont affirmé que la signature d’un accord rendrait tout type de sanction juridiquement injustifiable, les États-Unis ont tout tenté pour apaiser les craintes des voisins de l’Iran.

 

Le consensus entre les partenaires de négociation (l’un des rares points d’accord sur le Moyen-Orient entre les membres permanents du Conseil de sécurité) est crucial pour convaincre l’Iran de prendre les négociations au sérieux. Et à une période de tensions persistantes entre la Russie, les États-Unis et l’Europe, qui ont abouti au blocage politique chronique pour le Conseil de sécurité, la capacité des parties à rester unies justifie un plus grand optimisme pour l’avenir.
En effet, il est utile d’examiner si la coopération entre les membres permanents du Conseil de sécurité et l’Union européenne peut faire avancer d’autres problématiques. L’Occident et la Russie ont un intérêt commun dans la stabilité au Moyen-Orient, tout comme la Chine, particulièrement préoccupée par la sécurité de ses approvisionnements énergétiques.
L’étape la plus nécessaire, qui est également la plus difficile à réaliser, est un rapprochement entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. De nombreux conflits au Moyen-Orient s’expliquent par la tension entre Islam sunnite et Islam chiite. La coopération entre sunnites et chiites sera essentielle pour vaincre l’extrémisme de l’État islamique, ainsi que pour combler le fossé entre les combattants en Syrie, en Irak, au Yémen et au Liban. L’Iran doit démontrer qu’il est un acteur responsable dans la région et pas seulement un bailleur de fonds du pouvoir chiite.
L’accord historique avec l’Iran n’est qu’un accord parmi de nombreux autres, tous nécessaires pour apporter la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Nous venons de passer la première haie. Il nous reste à présent à terminer la course.

 

Répercussions

L’Établissement de nouveaux liens entre les États-Unis et l’Iran aura sans aucun doute des répercussions en Israël et en Palestine. Bien que l’accord avec l’Iran améliore objectivement la sécurité d’Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou le considère comme une erreur historique. Pour apaiser le sentiment d’abandon de leur allié traditionnel, les États-Unis pourraient (à tort) ne pas soutenir les initiatives reconnaissant l’État de Palestine dans les prochains mois. Mais il est essentiel que l’UE, qui finance et maintient les institutions temporaires de la Palestine, conserve toute sa détermination en vue de les rendre permanentes.

Copyright: Project Syndicate, 2015.
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