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Chronique

Que font les banques américaines

Par L'Economiste | Edition N°:4494 Le 31/03/2015 | Partager

Les banques américaines ont créé la crise des subprimes de toute pièce.

Omar Fassal est financier, expert en finance internationale. Il est également auteur du livre «Tout savoir sur la finance», et chroniqueur pour L’Economiste et Atlantic Radio. Retrouvez-le sur www.fassal.net
 

Il est donc toujours intéressant de suivre de près ce que font ces institutions. Les Etats-Unis ont été les premiers à entrer en crise, et les premiers à en sortir. Cela témoigne d’une force d’adaptation sans pareil.
L’exercice 2014 s’est clôturé par des évolutions très divergentes des résultats. La grande gagnante est Morgan Stanley (+5% de PNB et +119% de résultat net); la grande perdante est BofA Merrill Lynch (-5% de PNB et -58% de résultat net). L’exercice de Goldman Sachs et de JP Morgan est médiocre en termes de PNB (+1% pour la première et -2% pour la seconde), mais JP Morgan arrive à réaliser une bonne progression de son résultat net (+21%), alors que Goldman Sachs a plus de mal (+5%).
Hormis Morgan Stanley dont les charges salariales ont progressé de +9,5%, les autres banques américaines ont toutes tenu à couper les compensations (+0,6% chez Goldman Sachs, -2,1% chez Morgan Stanley, et -2,7% chez BofA Merrill Lynch).
Les charges hors compensation ont été fortement impactées par des éléments exceptionnels, liés aux frais des litiges juridiques. Sept ans plus tard, certaines banques américaines subissent encore des amendes pour leur comportement durant la crise des subprimes. C’est le cas de BofA Merrill Lynch, qui a reçu une amende historique de 17 milliards de dollars; jamais le Department of Justice n’avait infligé une telle sanction. Ses charges ont fait un saut de +19,8%. Chez d’autres banques qui ont déjà payé, cela se traduit par une forte baisse des charges cette année; c’est le cas de JP Morgan (-21,6%). La banque s’était acquittée en 2013 d’un record de 13 milliards de dollars, record qui fut battu cette année par BofA Merrill Lynch.
Les marges nettes prennent en compte les éléments exceptionnels cités précédemment. Elles sont de 23% chez les leaders (Goldman Sachs et JP Morgan), 17% chez Morgan Stanley, et anormalement basses à 5,7% chez BofA Merrill Lynch. Les rentabilités sur fonds propres s’inscrivent à 11,2% chez Goldman, 10.3% chez JP Morgan, 8,6% chez Morgan Stanley, et 2,2% chez BofA Merrill Lynch.
Les performances commerciales furent très variables. L’année fut porteuse pour le marché des fusions-acquisitions (M&A) et des émissions de produits actions (Equity Capital Markets - ECM), en raison de la hausse des marchés actions, et de l’augmentation des multiples boursiers de valorisation. Goldman Sachs fut la grande gagnante sur ce segment: progression du chiffre d’affaires de +25% sur la M&A et de +5% sur l’ECM.
Morgan Stanley a brillé sur le segment des introductions en Bourse, en prenant le lead d’opérations telles que l’introduction d’Ali Baba. Mais, même si la banque se classe première sur les IPO, le chiffre d’affaires se réduit de -17%. On en déduit alors qu’elle dû faire de grandes concessions sur ses fees, pour pouvoir s’adjuger ces opérations très médiatisées. C’est sur l’activité de M&A que la banque signe sa plus forte progression de revenus: +8%. La banque ne doit son salut que grâce à une baisse forte de sa fiscalité, en raison du changement de la structure juridique de sa principale filiale – celle qui s’occupe de la Gestion de fortune.
JP Morgan est à l’opposé de Goldman Sachs et de Morgan Stanley. Elle a connu une année très difficile sur l’ECM (-25%) et stagnante sur la M&A, et s’est illustrée sur la DCM (Debt Capital Markets). En effet, les revenus de la banque progressent de +31% sur ce segment, alors qu’ils déclinent chez Goldman et Morgan Stanley.
L’exercice de Bank of America Merril Lynch serait ressorti avec une faible progression de son chiffre d’affaires de +2%, s’il n’y avait pas eu l’amende historique du Department of Justice.

Les performances des banques américaines furent très variables. Morgan Stanley a enregistré les meilleures performances, et Bank of AmericaMerril-Lynch les plus mauvaises. Goldman Sachs et Morgan Stanley se placent entre les deux

Le marché actions fut historiquement peu volatil en 2014, cette volatilité a réaugmenté en fin d’année. Du coup, plusieurs banques rapportent une baisse d’activité sur les produits dérivés actions, censés couvrir contre la volatilité des marchés. C’est le cas de Goldman Sachs qui affiche une baisse de -20% de ses revenus sur l’Exécution Actions; c’est aussi le cas de JP Morgan dont le segment TradingEquity n’a rebondi qu’en fin d’année, lorsque la volatilité a réaugmenté.
Toutes les banques suivent le même axe stratégique: réduire la taille du bilan en se délestant des activités jugés trop annexes, afin d’augmenter les rentabilités. Mais au-delà des exigences des actionnaires, la réduction des bilans est également portée par des impératifs réglementaires – Réforme Dodd Frank pour les banques américaines.
Goldman Sachs a revendu en 2013 sa filiale de réassurance américaine, et a revendu en 2014 sa filiale européenne d’assurance. La taille de son bilan consolidé s’est dégonflée de -55 milliards de dollars en 2014, pour s’établir à 856 milliards.
JP Morgan a revendu en 2014 son groupe «Physical Commodities and Global Special Opportunities Group businesses». Cette unité, basée à Hong Kong, emploie 35 personnes essentiellement en Asie, et gère 2 milliards de dollars de fonds propres à la banque. Elles les investissaient en matières premières et sur de la dette susceptible de faire défaut.
Morgan Stanley a revendu plusieurs filiales actives sur les Commodities (TransMontaigne Inc, Canterm Canadian Terminals et Global Oil Merchanting). De plus, elle réduit ses fonds propres investis sur le segment FixedIncome. La banque poursuit sa stratégie de spécialisation sur le Wealth Management. En 2006, ce segment ne représentait que 20% de son PNB, aujourd’hui il représente 45%.
Bank of America Merrill Lynch cherche à réduire la taille de ses activités immobilières, grosse plaie encore saignante de son activité. A ce titre, l’encours de ses prêts immobiliers a baissé de -5% en 2014, à 881 milliards de dollars.

 

Le marché immobilier encore problématique

Le marché immobilier américain est encore problématique, et cela se ressent sur les performances des banques. Goldman Sachs explique que son activité de DCM a reculé de -5% en raison de la faible émission de produits titrisés adossés à des actifs immobiliers. Chez JP Morgan qui est active sur la banque de détail, la banque explique le recul de -17% de son résultat net sur le détail, par de mauvaises performances sur le marché immobilier. Les intérêts reçus sur les prêts immobiliers ont baissé de -10% et les commissions de -26%. Le coût du risque fut multiplié par 9. Chez BofA Merrill Lynch l’activité immobilière est dans le rouge, même sans considérer l’amende du Département de la Justice.

 

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