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    Economie Internationale

    Marché du vin: Redistribution des cartes

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Italie, Espagne, France: Le trio du podium mondial des producteurs
    Les prix moyens en hausse, la consommation en baisse

    Le très prospère business mondial du vin ne s’est toujours pas remis des effets de la crise, en dépit d’une consommation qui, si elle se stabilise, continue à assurer un bon niveau de rentabilité aux opérateurs. Au total, la consommation a baissé de 2,5 millions d’hectolitres (hl) en une année: 238,7 millions d’hectolitres en 2013 contre 241,2 millions l’année précédente. C’est l’une des tendances qui se dégagent du rapport que vient de publier l’Organisation Internationale de la vigne et du vin (OIV). Tout n’est pas imputable à la crise, tempère l’OIV. La baisse de production vinicole mondiale en 2012 a sensiblement impacté la consommation en 2013.
    Aucun des grands débouchés traditionnels n’a échappé à ce fléchissement: Ainsi, entre 2012 et 2013, le marché français, - premier marché en Europe - a perdu 2,1 millions d’hectolitres, l’Italie, 0,8 million et 0,2 million d’hectolitres pour l’Espagne. Pour la première fois, les Etats-Unis détrônent la France de la première place du podium des plus grands consommateurs du monde.  Avec 29,1 millions d’hectolitres de vin, ils marquent néanmoins un certain ralentissement avec une petite croissance de  0,5% entre 2012 et 2013 contre 2% entre 2011 et 2012. 
    La Chine, nouvel Eldorado des marchands de vin, et de biens de consommation courante en général, marque un coût d’arrêt dans sa progression rapide entamée au début des années 2000. Selon les analyses de l’Organisation internationale de la vigne et du vin, le marché chinois avait absorbé 16,8 millions d’hectolitres en 2013, en baisse de 3,8% par rapport à 2012. Mais la Chine reste une valeur sûre pour les marchands de vin. L’explosion des classes moyennes urbaines et les nouveaux millionnaires leur assurent une visibilité et un débouché à long terme.
    Malgré des perturbations (climatiques) dans certains pays, la production a repris des couleurs en 2013. Selon les chiffres de l’OIV, elle aurait atteint 278,6 millions d’hectolitres. C’est 24 millions d’hectolitres supplémentaires en un an. Il s’agit d’une «production globale de vins qui peut donc être qualifiée de moyenne forte, particulièrement». Il faut noter la très forte progression de la production espagnole: 44,72 millions hl, soit +44% par rapport à 2012. L’Espagne se situe ainsi deuxième producteur du monde entre l’Italie, premier, et la France, troisième, qui enregistrent une faible croissance de +2% avec respectivement 44,9 et 42 millions d’hectolitres en 2013.
    Malgré la baisse de la consommation et la hausse de production mondiale, le prix du litre de vin a quand même augmenté en 2013. Il coûte en moyenne 2,6 euros. La raison de cette chute est le fait que les récoltes relativement basses de 2012 enregistrées au nord ont provoqué «un sentiment de pénurie de vin». Cela a exercé une pression à la hausse sur les prix. Ainsi, les échanges mondiaux de vin ont chuté de 2,2% en volume, atteignant 98 millions d’hectolitres.

    Les plus grands acheteurs

    Le rapport de l’OIV identifie 5 importants marchés de vin dans le monde. Champion toutes catégories, les Etats-Unis, premier pays importateur. En 2013, ils ont acheté 1,1 milliard de litres de vins étrangers l’équivalent de 5,2 milliards de dollars. Fait marquant, le prix moyen du litre s’est raffermi. Par rapport à 2012, les Américains ont acheté moins de volume de vin (-6%), mais à 10,3% plus cher. Ce sont les produits dits du «Nouveau monde» (Australie, Chili, Argentine, Afrique du Sud, Californie) qui ont surtout profité de cette remontée des prix.
    Le deuxième importateur mondial de vin, le Royaume-Uni, a moins consommé. Ainsi, toutes les catégories ont vu leur prix moyen augmenter, mais l’évolution de la gamme des produits échangés, présentant une plus grande proportion de vins moins chers, a entraîné un déclin de 0,2% du prix moyen des importations totales.
    L’Allemagne, quant à elle, a parfaitement illustré de quelle manière une grande disponibilité  de vin bon marché à des prix plus élevés a affecté plusieurs marchés. Ici encore, ce sont les vins des producteurs «émergents» qui ont tiré leur épingle du jeu.

    L’Europe réforme sa viniculture dans la douleur

    Les producteurs de l’Union européenne sont en pleine application de la réforme viticole. Celle-ci devrait améliorer la compétitivité de la filière confrontée de plus en plus à la concurrence de vins du «Nouveau monde». Bruxelles va introduire le principe des autorisations de plantation de nouvelles vignes. Si l’accord en cours d’élaboration passe, la croissance de la surface viticole européenne sera limitée pour chaque pays à 1% par an à partir du 1er janvier 2016. Entre 2012 et 2013, la surface européenne des vignobles s’est rétrécie de près de 19.000 ha par l’effet de la même réforme qui a également instauré des primes d’abandon définitif du vignoble non compétitif. Cela dit, le reste du monde a compensé ce recul en produisant presque la même quantité en plus, par rapport à une année avant. Par exemple, en Chine et en Amérique du Sud, la superficie viticole totale a progressé. Ce qui a fait de ces deux pays les principaux foyers de croissance du vignoble mondial. Idem pour la Turquie dont la surface vinicole plantée a augmenté de 7.000 ha en une année, et ce, malgré les mesures restrictives sur la vente d’alcools prises par le gouvernement islamiste.

    M. L.

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