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    Economie

    Recherche: Les propositions-chocs de la CGEM

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Une gouvernance, une vision, des objectifs et des moyens cohérents
    En finir avec l’atomicité des instances et des centres de recherche
    Rompre avec la consanguinité des organes de pilotage des universités

    Tarafa Marouane, président de la Commission Recherche & Développement, E-Entreprise et Relations avec l’Université du patronnat

    Tarafa Marouane préside la Commission recherche & développement,
    e-entreprise et relations avec l’Université de la CGEM. Il y a un an, le patronat signait en grande pompe avec l’Enseignement supérieur et de la recherche, une convention qui devait placer sur orbite le rapprochement entre l’industrie et l’université. Trois axes formaient le socle de cet accord: le développement des stages en entreprise, l’adéquation formation-emploi et la promotion de la recherche scientifique et l’innovation. Depuis, quelques avancées ont été réalisées, mais trop timides pour que la recherche irrigue tout le tissu industriel et reconfigure le PIB. Les propositions-choc de la Confédération patronale.

    Pour les jeunes qui sont en quête de stage d’été, voilà une petite bonne nouvelle: toutes les offres de stages recueillies auprès des entreprises seront bientôt mises en ligne sur un site dédié accessible à partir d’un lien sur le portail de la CGEM (www.cgem.ma).
    Le diagnostic sur l’importance de la recherche et développement est partagé par tout le monde et à tous les niveaux de la société. On ne peut pas développer une véritable base industrielle sans décliner une politique de recherche et développement qui donne de l’impulsion au système productif, prévient Tarafa Marouane. «C’est par l’innovation que notre économie peut monter sur la chaîne de valeur. L’équation est simple», insiste-t-il.
    Le changement le profil du PIB et l’accélération de la croissance ne peuvent reposer que sur l’innovation technologique, la recherche à l’université et en entreprise. Si on veut avancer dans la recherche, il faut d’abord régler le problème de gouvernance. Cela veut dire sortir de l’atomisation des instances où chacun travaille dans son coin sans coordination avec les autres centres, insiste Tarafa Marouane. Et surtout, connecter la recherche avec l’industrie, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Pour la CGEM, l’efficacité passe par une structure de pilotage investie de pouvoirs de coordination et qui fixera les priorités vers lesquelles convergeront tous les programmes de recherche. Sur ce point, nous n’aurons pas à réinventer la roue, les pays qui ont réussi à dynamiser leur économie ont placé la recherche sous une seule entité.
    Ce qui fait défaut aujourd’hui, c’est une vision en matière de recherche. Cette définition du cap et des objectifs doit être assortie de ressources en conséquence. Cette question d’adéquation entre les objectifs et les moyens est capitale.
    Si le Maroc veut développer son industrie, il faudra fixer les priorités de recherche pour les secteurs prioritaires. C’est à cette condition que l’on pourra espérer monter en gamme. L’aéronautique? C’est très bien, mais il ne faudra pas se contenter que du câblage. Pareil pour l’automobile, le Maroc doit être en mesure d’aller plus loin dans la compensation/intégration. La présence de Renault à Tanger représente à cet effet une formidable opportunité pour progresser sur la chaîne de valeur: Le challenge à relever est d’aller progressivement vers la production des pièces «nobles». 
    Le rapprochement avec l’université se heurte encore à bien des rigidités. Le cadre réglementaire du statut de chercheur et le droit du travail ne facilitent guère les choses. Tenez, observe Tarafa Marouane, si une entreprise veut recruter un chercheur (thésard, doctorant), elle se heurte à la rigidité des formules contractuelles, qui, aujourd’hui, n’ont plus de prise avec la réalité économique: c’est soit un CDD, soit par un contrat à durée indéterminée (CDI). Entre les deux, il y a probablement un juste milieu, croit savoir le patronat. Il faudra trouver un cadre contractuel qui permette à l’entreprise de faire appel à un chercheur pour un  un laps de temps donné, sans que cela ne le lie pas les mains.
    L’autre point, c’est revoir de fond en comble le statut des chercheurs qui enseignent à l’université. A ce jour, pour cette population, il n’existe aucun dispositif d’incitation et de motivation.
    Par ailleurs, il n’existe aucun cadre légal non plus pour dynamiser les partenariats de recherche entre les entreprises et l’université. Impossible par exemple pour une entreprise d’allouer directement des ressources pour financer des projets de recherche dans les universités car celles-ci ont les mains liées par des procédures trop lourdes d’engagement de dépenses. L’autonomie des universités est un leurre, accuse le président de la Commission e-entreprises et relations avec l’Université du patronat.

    Donner du contenu à l’autonomie des universités

    IL faudra par ailleurs donner un contenu réel à l’autonomie des universités et en finir avec la cosanguinité qui caractérise leurs instances de gouvernance en y introduisant des personnes étrangères au corps enseignant. La participation des chefs d’entreprises par exemple permettra d’y introduire la culture du résultat. Il faudra aussi un comité d’audit chargé d’évaluation des programmes. Or, à ce jour, aucune évaluation ne se fait pour les projets de recherche. Que les résultats soient au rendez-vous ou pas, les enseignants-chercheurs ne sont soumis à aucun système de sanction/récompense. Lorsqu’un prof évolue par ancienneté, il n’a aucun intérêt à se lancer dans la production scientifique. C’est probablement là une piste de réforme majeure du système à condition d’affronter les résistances politiques. A bon entendeur.

    A.S.

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