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Economie

Comment minimiser le risque à l’export

Par L'Economiste | Edition N°:4243 Le 28/03/2014 | Partager
La recette des cycles de formation de l’Asmex
Contrats de croissance, appui aux consortiums, les mesures de soutien

Le tissu d’opérateurs à l’export est constitué pour l’écrasante majorité de PME, voire de TPE. Sur 5.250 entités, à peine 415 ont un chiffre d’affaires compris entre 50 et 500 millions de DH. Et seules 52 entreprises disposent d’un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions de DH. C’est d’ailleurs cette dernière frange qui réalise les trois quarts des exportations

Comment exporter dans un environnement hostile? C’est la question centrale du dernier débat organisé par l’Association marocaine des exportateurs (Asmex). Un débat qui a drainé une assistance fort nombreuse d’opérateurs. Car, il s’insère dans cette dynamique ciblant le développement de l’export sur les marchés africains. Néanmoins, la formation des opérateurs et cadres aux techniques du commerce international est inscrite dans le plan d’action 2013-2015 de l’Asmex. Une formation que la profession mène en collaboration avec l’Université Al Akhawayn et l’Université internationale de Rabat. Avec également comme partenaire, l’Université de Busan-Corée du Sud dont l’expertise est mise à contribution  pour les besoins d’adaptation aux réalités des marchés. Comme la première session le 20 février dernier à Nador, le séminaire a ciblé les primo-exportateurs potentiels et confirmés. «C’est que la PME marocaine évolue et s’attaque à d’autres horizons en dehors des marchés traditionnels», constate Hammad Kassal, vice-président de l’Asmex. Or, c’est ce type d’entreprise qui prédomine à l’export avec un effectif de plus de 5.000 entités.
L’enjeu tient à la maîtrise de l’acte d’exporter surtout dans un environnement difficile ou contraignant. Quelle stratégie adopter? Quels risques faut-il éviter? Comment bénéficier d’un accompagnement adapté? Autant de questions qui ont été traitées dans le cadre de deux panels.
Le décor a été planté par Zakya Sekkat, vice-présidente de la CGEM-Nord, à commencer par quelques définitions de l’environnement «hostile». Cela se traduit dans le jargon de l’export par un environnement difficile, contraignant ou encore dangereux, est-il précisé. Une situation qui peut être appréhendée, d’abord, à travers le risque politique. Car, il n’est pas rare que des actes politiques ou des lois limitent la liberté des échanges commerciaux: système des quotas, lourdeur des procédures douanières et insécurité du système bancaire. Ce qui aggrave le risque de paiement.
«La nature peut ensuite constituer un frein considérable aux exportations», relève Sekkat. Dans ce cas, l’hostilité se manifeste à travers des conditions climatiques extrêmes, l’éloignement ou l’enclavement du pays d’importation. Les pays en développement, notamment africains, manquent d’infrastructures adéquates. Ce qui occasionne des surcoûts. Comparé aux pays développés, le dédouanement d’un conteneur nécessite un surplus de 43%.    

Frais portuaires, droits
de douane, procédures,... bien décrypter tous
les facteurs

Cependant, outre ces éléments, il existe d’autres conditions difficiles ou contraignantes à l’acte d’exporter. Et dans tous les cas, la contrainte génère des coûts pour les partenaires. Des coûts qui ont un impact disproportionné sur les PME qui manquent souvent de moyens et de capacités à se conformer à des règles complexes.
«En somme, il ne suffit pas d’identifier les marchés susceptibles de présenter un intérêt à l’export», prévient Sekkat qui préside également le Conseil d’affaires maroco-tunisien. Il importe aussi d’en comprendre les conditions d’accès. Ce qui devrait se traduire par l’élaboration d’un guide d’information sur le pays cible. Un travail qui relève du ressort de l’Observatoire du commerce extérieur, encore en gestation. Il s’agit d’être au fait de la législation du pays cible en relation avec le produit en termes de mesures restrictives, de situations monopolistiques et de mesures non tarifaires liées à la santé et à l’environnement. Les avantages accordés audit produit par des accords de libre-échange doivent aussi être pris en considération. Et pour cause, la compétitivité d’un produit peut être affectée s’il fait l’objet d’un traitement préférentiel accordé à un autre pays concurrent.
En clair, le guide d’information doit identifier, outre les procédures d’accès, l’ensemble des coûts liés au transit, au dédouanement, au transport international, aux frais portuaires et à la logistique interne du pays cible. «Bien que certains de ces éléments ne concernent pas directement l’exportateur, ils renseignent sur la faisabilité de l’opération export», souligne la vice-présidente de la CGEM-Nord. Pour compléter ce tableau à connotation fort pédagogique, Sekkat a suggéré quelques sites où le risque pays est bien détaillé et étudié pour de nombreux pays. C’est le cas du site de la Banque mondiale, de celui de l’OCDE ou encore  l’International Trade Centre  qui contient des informations sur les tarifs douaniers et d’autres mesures d’accès à quelque 200 pays.
Quant à l’accompagnement, différentes mesures ont été mises en place dans le cadre de la stratégie «Export plus». A commencer par le programme d’audit ciblant 750 entreprises à l’horizon 2015. Ce programme, dont le financement est assuré à hauteur de 80% par l’Etat, est mené par des experts du Centre international du commerce. L’objectif est d’identifier les anomalies à l’export et d’aider l’entreprise auditée à élaborer un plan d’action en adéquation avec ses capacités et son potentiel. Il s’adresse aux entreprises qui justifient au moins de 2 ans d’activité. 
«Mais les contrats de croissance et le programme d’appui aux consortiums ont bien accroché», constate Mohamed El Mouhtadi, chef de la division de la promotion commerciale du ministère délégué chargé du Commerce extérieur.  
Ce programme a déjà permis la confirmation de 75 entreprises à l’export durant sa première année. Etalé sur la période 2011-2015, il cible 300 entreprises émergentes. L’Etat y participe à hauteur de 80% du coût des actions engagées.
Une contribution basée sur la réalisation des objectifs de croissance que se fixe l’entreprise. Mais l’appui financier reste plafonné à 5 millions de DH pour les entreprises réalisant un chiffre d’affaires à l’export compris entre 50 et 500 millions de DH sur les deux dernières années. Il passe à 2 millions de DH pour celles ayant un chiffre d’affaires de moins de 50 millions de DH. Au total, le montant de l’aide s’élève à 937 millions de DH sur cinq années. Le programme s’adresse aux entreprises opérant dans tous les secteurs à l’exception du tourisme et de l’artisanat.

Formation: 2.200 bénéficiaires en 2015

Le programme de formation mis en place par le ministère du Commerce extérieur au profit du secteur export cible 2.200 personnes à l’horizon 2015. Il s’agit des cadres commerciaux et marketing des entreprises, de ceux relevant des institutions en charge du commerce international et des diplômés de l’enseignement supérieur. Le programme est doté d’une enveloppe de 7,3 millions de DH à la charge de l’Etat, ce qui représente 80% du coût global. Il porte sur des formations diplômantes spécialisées dans le commerce international et la formation continue au profit du personnel des entreprises exportatrices. C’est dans ce cadre que deux projets pilotes ont été lancés avec l’Université  Al Akhawayn et l’Université Internationale de Rabat. Il est prévu d’élargir cette expérience à d’autres établissements de formation.

A .G.

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