Régions

Mirleft: L’envers du paradis touristique

Par L'Economiste | Edition N°:4222 Le 27/02/2014 | Partager
Le hub des surfeurs, sans décharge contrôlée
La gestion des eaux usées se fait encore via des fosses septiques

Mirleft est pointée pour l’absence d’une décharge contrôlée. Bien que plusieurs propositions aient été faites après la fermeture de l’ancienne décharge, aucune n’a abouti. La collectivité, en raison de moyens limités, a fait le choix de la décharge communale de Sidi Ifni 

CARTON rouge pour la commune rurale de Mirleft, qui ne se préoccupe pas plus de son environnement que des horreurs d’urbanisme pourtant autorisées par les élus sur toute la côte sauvage jusqu’à Aglou. Mirleft, si connue par les surfeurs à travers le monde et par les touristes à la recherche de dépaysement, est épinglée par la Cour régionale des comptes pour la faiblesse de ses mesures en faveur de la protection de l’environnement. Pour commencer, les magistrats de la Cour des comptes, soulignent sur ce plan, l’absence d’une décharge contrôlée.
En effet, après la fermeture de l’ancienne décharge, plusieurs études ont été réalisées. La démarche a débouché sur la proposition d’un nombre de sites mais rien n’a abouti visiblement puisque la collectivité, en raison de moyens limités, a fait le choix de la décharge communale de Sidi Ifni comme alternative aux sites proposés, est-il indiqué.
La solution, en l’absence d’une convention avec la commune urbaine de Sidi Ifni, reste cependant tout à fait provisoire. «Pour ces raisons, les risques de déchets solides continuent de menacer l’espace environnementale de la commune», indiquent les rédacteurs de la Cour des comptes. Il reste bien sûr à la collectivité locale de trouver au plus vite une solution définitive, poursuivent-ils. Pour les élus de la localité, l’idéal serait une décharge régionale à Sidi Ifini car les sites identifiés à Mirleft ne conviennent pas pour l’exploitation d’une décharge. Toujours sur le plan environnemental, Mirleft est clouée au pilori pour sa gestion anarchique de l’évacuation et le traitement des eaux usées. Sur ce plan, bien que ce service reste une attribution du conseil communal, il a été constaté par la Cour régionale des comptes que des opérateurs privés se chargent de l’évacuation des eaux usées à partir des fosses septiques. Et ce, en contrepartie d’une somme d’argent qu’ils perçoivent directement auprès des habitants sans aucun contrat ou convention avec la commune et sans être soumis à un cahier des charges. «Il est à signaler que la plupart des quartiers du centre de la commune et des douars avoisinants ont été raccordés au réseau d’eau potable sans assainissement, ce qui s’est traduit par une forte utilisation d’eau et par conséquent une abondance des eaux usées. Ces dernières sont collectées dans des fosses septiques privées creusées à l’intérieur des maisons et dans les rues», est-il indiqué dans le rapport. La multiplication des fosses septiques privées dans les rues menacent bien sûr la sécurité des constructions et d’une façon générale l’espace environnemental.

Malika ALAMI

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