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    Kamal Kamal : «Sotto Voce, un film que j’ai toujours rêvé de faire»

    Par L'Economiste | Edition N°:4217 Le 20/02/2014 | Partager

    «Il y a toujours beaucoup de musique dans mon cinéma. C’est normal, j’adore la musique. Et le propre de l’art, c’est le partage», confie le réalisateur Kamal Kamal

    Le 3e long-métrage du cinéaste et musicien a reçu les honneurs au Festival national du film de Tanger. «Sotto Voce» a décroché le grand prix, le prix de la musique et celui du son. Une consécration pour le réalisateur qui en dit plus sur les coulisses du film.

    - L’Economiste: «Sotto Voce» est un film fait dans la souffrance. Quels ont été les freins à sa réalisation?
    - Kamal Kamal(*): Nous avons tourné pendant 3 ans. Au départ, j’ai bénéficié d’une avance sur recettes de 4,2 millions de DH. Techniquement, on n’avait que 3 millions de DH puisque la 4e tranche n’est distribuée qu’après le visionnage du film par la commission. Ces 3 millions n’étaient pas suffisants pour un film qui coûte 1 million d’euros. On a commencé par tourner pendant environ 7 semaines dans les montagnes d’Azrou, puis on était à court d’argent. Il a donc fallu travailler à côté pour compléter la somme nécessaire. Jusqu’à ce que la famille Rahal intervienne et aide «Sotto Voce» à voir le jour. Ils ont aimé les images du film et sont devenus co-producteurs.

    - Comment avez-vous pu gérer les conditions de tournage?
    - C’était très dur! Nous avons tourné dans la neige sans avoir les moyens de confort nécessaires pour se réchauffer et se reposer. Pendant 15 jours, nous passions 12 heures par jour dans la nature. C’était épuisant. Mais les comédiens et les techniciens se sont beaucoup impliqués dans le film. Ils étaient aussi très excités par les images produites. Ce qui les a encouragés à se dépasser

    - Le fait que vous soyez originaire de l’Oriental a dû vous aider dans la création de ce film?
    - En effet, c’est une histoire que ma mère me racontait sans arrêt, depuis mon enfance. Comment elle est arrivée au Maroc, son mariage avec mon père… Lui qui était soldat dans l’Armée de libération en Algérie, condamné à mort par contumace. Ils devaient aller au Maroc pour éviter qu’il ne soit exécuté. C’est un film que j’ai toujours rêvé de faire. L’histoire revenait sans cesse, mais je n’osais pas l’écrire en scénario car je ne trouvais pas d’élément original pour meubler. Jusqu’à ce que j’imagine ces sourds-muets qui vocalisent en se touchant la gorge et en sentant la tonalité du son à travers les vibrations. Là je me suis dit que j’avais une idée inédite pour faire ce film.

    - Vous êtes à la fois réalisateur, scénariste et compositeur… Y’a-t-il quelque chose que vous ne savez pas faire?
    - Beaucoup de choses (rires). J’essaie d’écrire des scénarios car j’ai été formé à cela, j’écris également la musique car je la pratique depuis mon jeune âge. Je réalise aussi, c’est une chose que j’ai apprise dans le tas, à force d’expérience. J’ai réalisé des vidéo-clips, des publicités… Ce sont des choses que j’aime et quand on aime, on cherche, on persévère jusqu’à ce qu’on réussisse ce que l’on a à faire. Je m’essaie aussi un peu à la poésie. Mais par exemple, je ne sais pas peindre, je ne sais pas danser. Je ne sais pas faire beaucoup de choses!
    Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

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