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    Rétrospective

    Rétrospective
    Les secteurs qui cartonnent et ceux qui accusent le coup

    Par L'Economiste | Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager
    L’automobile et l’aéronautique boostent l’export
    Le tourisme perd la vedette
    L’immobilier décroche

    L’année 2013 a connu une évolution disparate entre les différents secteurs. Certaines industries comme l’automobile

    Renault a inauguré la deuxième chaîne de son unité de production située à Melloussa en octobre dernier, à quelques kilomètres de la périphérie de Tanger. Cette chaîne a démarré avec une production de près de 100 unités par jour pour pouvoir rapidement monter en cadence et atteindre la capacité nominale prévue de 170.000 véhicules par an

    ou l’aéronautique ont enregistré d’importantes hausses à l’export. A l’opposé, l’immobilier et les travaux publics ne traversent pas leurs meilleurs périodes. Globalement, l’indice de la production des industries manufacturières a affiché une hausse de 0,5% au titre du troisième trimestre 2013. Cette amélioration a été tirée, notamment, par la croissance qu’ont connues les industries chimiques. Nous avons recensé pour voir les secteurs qui se sont illustrés cette année positivement ou négativement.


    ◆ Tourisme: Recul de la contribution du secteur au PIB
    Ce n’est pas la Fédération ou la Confédération du tourisme qui soutiendra le contraire. Le très respectable Haut commissariat au plan (HCP) acte le recul continu de la contribution du secteur du tourisme au PIB, et ce, depuis 2010. Sur les trois dernières années, entre 2010 et 2012, cette contribution est passée de 7,3% à 6,9%. Une tendance baissière qui devrait se poursuivre en 2013.
    Le HCP impute cette contreperformance au ralentissement de l’évolution de la consommation intérieure du tourisme. En effet, le tourisme récepteur semble s’inscrire dans une longue mauvaise passe. Sa part dans la contribution au PIB est tombée de 4,5% en 2011 à 1,1% l’année suivante. Pendant ce temps aussi, le tourisme interne émetteur dévissait de 9,2 à 7,9%, selon les données des comptes satellites du tourisme rendues publiques par le HCP.     
    C’est ainsi que la consommation intérieure du tourisme récepteur,  touristes non résidents  étrangers et MRE en visite au Maroc, n’a progressé que de 1,1% en 2012, après avoir crû de 4,5%  en 2011, pour atteindre  69,5 milliards de DH. De son côté, la consommation du tourisme interne émetteur a  enregistré une hausse de 7,9%, se situant ainsi à 28,1 milliards de DH en 2012, mais après une hausse  de 9,2% en 2011.
    La coupe des budgets de l’Office (ONMT) et de la Société marocaine d’ingénierie (SMIT) décidée par le PLF 2014 n’augure rien de rassurant pour ce secteur stratégique de l’économie nationale.
    ◆ Télécoms: La fièvre est  retombée
    Les faits marquants au 30 septembre 2013 attestent de l’accalmie du secteur des télécoms, longtemps en locomotive de l’économie. En tout cas, ces faits donnent à voir que le secteur au Maroc, comme partout  ailleurs en Europe,  s’essouffle, du point de vue rentabilité. Du pain béni pour l’utilisateur final qui voit son pouvoir d’achat s’apprécier

    Les exportations hors phosphates et dérivés progressent de 5,2%. Leur part dans les exportations totales ne cesse d’augmenter grâce à l’automobile, l’aéronautique et l’électronique

    grâce à la pugnacité de l’ANRT.  L’Agence de régulation a pesé de tout son poids pour harmoniser le prix facial proposé par les trois opérateurs du secteur. Il en a résulté que l’évolution des prix de l’usage moyen (ARPM) du fixe et du mobile ainsi que de la facture moyenne mensuelle par client Internet a pris une tendance baissière.
    Pour l’ARPM, il est passé de 0,57 DH HT/min à fin septembre 2012 à 0,43 DH HT/min à fin septembre 2013, soit une baisse de 25%. L’usage moyen sortant mensuel par client s’est apprécié sur la même période, passant de 72 à 80 minutes/client, soit une croissance de l’usage moyen sortant mensuel par client de 11%.
    Pour le fixe, le même indicateur est passé de 0,82 DH HT/min à 0,69 DH HT/min, soit une baisse de 16%. Ce qui se traduit par un usage moyen sortant mensuel par client en hausse de 16%. Il est passé de 108 à 125 minutes par mois. Pour l’Internet, la tendance baissière des prix mesurée par la facture moyenne mensuelle par client s’est confirmée. Elle est passée de 50 DHHT à 34 DH HT/mois/client, marquant ainsi une baisse de 32%.
    ◆ Offshoring: Les années d’euphorie sont derrière
    Il est clair que la destination Maroc est entrée dans le club très fermé des destinations Offshoring reconnues dans le monde, particulièrement dans le monde francophone. La dernière distinction en date, en juin 2013, quand l’Association européenne de l’offshoring (EAO) a élu le Maroc meilleure destination de l’année 2012. Cette distinction reconnaît, s’il en est, l’attractivité du Royaume  en tant que plateforme parfaitement adaptée pour l’externalisation des services administratifs et IT des grandes entreprises européennes surtout à la recherche d’alternatives compétitives en termes de coûts. Résultat des courses. Le secteur qui attire aujourd’hui plus de 50.000 salariés, bien qu’en ralentissement en 2012 avec une croissance de 5% contre 8 à 10% quelques années plus tôt, affiche des arguments sonnants et trébuchants. Le chiffre d’affaires du secteur a atteint 4 milliards en 2012. Il devrait terminer 2013 dans une croissance stable et «2014 s’annonce difficile», pronostique Karim Bernoussi, PDG d’Intelcia.
    ◆ Automobile: De nouvelles installations en perspective
    L’horizon 2014 est porteur de bonnes perspectives pour l’industrie automobile. Le secteur s’est bien porté depuis l’installation de l’usine Renault. D’ailleurs, de fortes rumeurs annoncent l’installation d’autres grands groupes (notamment américains). Au niveau des exportations, 2013 a été une année record avec une hausse de 16% (les exportations automobiles se chiffrant à 21,5 milliards de DH), dépassant pour la première fois le secteur du textile. Au 1er semestre 2013, le secteur a drainé 600 millions de DH d’investissements actés avec des projets portant essentiellement sur les industries de la climatisation, de l’isolation, de l’éclairage et du câblage. Les principales résolutions  auxquelles devrait s’atteler le secteur pour la nouvelle année à venir seraient d’attirer des métiers plus techniques et, surtout, d’augmenter le taux de motorisation qui est actuellement de 70 véhicules pour 1.000 ménages au Maroc, contre 600 à 700 chez des pays voisins. Un seul bé-mol dans le marché automobile : le projet de taxation sur les voitures de luxe venant menacer un segment qui génère entre 8.000 et 10.000 ventes par an. De plus, cette nouvelle taxe suscitera certainement  une baisse du volume des importations. Un projet qui fait tâche, l’année 2013 ayant été marquée par l’arrivée de deux prestigieux nouveaux entrants : Ferrari et Maserati.
    ◆ Aéronautique/Spatial: Ça plane pour le secteur
    Le secteur aéronautique et spatial est aujourd’hui une réalité industrielle de premier rang. Il est constitué de véritables centres d’excellence couvrant toute la chaîne de valeur, de la production aux services dédiés, en passant par la maintenance et l’ingénierie.  De l’inexistence de ce secteur en 2002, l’industrie aéronautique et spatial au Maroc est aujourd’hui forte d’une centaine d’entreprises dont les ténors mondiaux (Bombardier, EADS, Safran, Aerospace, Aircelle…). Il emploie  plus de 100.000 salariés hautement qualifiés et réalise un chiffre d’affaires de plus de 8 milliards de DH. Le rythme de croissance du secteur sur ces cinq dernières années a atteint 25%. L’investissement cumulé dans le secteur a atteint près de 4 milliards de DH. La force du secteur réside dans la diversité de son tissu industriel. Plus de quinze filières s’y croisent, allant de l’assemblage d’éléments de structure au câblage, en passant par la maintenance des avions/moteurs, l’ingénierie (études), mécanique de précision… 
    L’aéronautique et spatial est l'un des rares secteurs industriels au Maroc à se jouer de la crise.  Avec l’arrivée du dernier big player, le canadien Bombardier, cette industrie devrait maintenir sa croissance à deux chiffres pour de longues années encore.
    ◆ Agroalimentaire: La hausse de la TVA de mauvais augure
    2014 s’annonce rude pour les industriels de l’agroalimentaire. Le projet de budget qui revoit à la hausse la TVA sur les différents produits et services a été pour le moins surprenant. L’on retient notamment le sucre brut et raffiné, le thé, les graisses alimentaires et margarines, le riz, les conserves de sardines et le sel. Décevant à un moment où la Fédération de l’agroalimentaire ne cesse de réclamer une TVA théorique, comme l’a confirmé son président Amine Berrada Sounni à l’Economiste. D’autant plus qu’elle s’applique au chiffre d’affaires et non pas à la valeur ajoutée. Fiscalement, cette réforme risque de creuser davantage le gap entre les produits agricoles et ceux transformés alors qu’entre-temps, des efforts de complémentarité ont été déployés. En effet, depuis le lancement de la stratégie agricole, 100.000 ha ont été attribués pour améliorer l’approvisionnement. Une manière de pallier le faible taux de transformation des produits agricoles (15%). Autre bémol, le secteur ne contribue qu’à hauteur de 4% au PIB. Par ailleurs, la part des produits transformés dans les exportations globales a augmenté de 8%. De leur côté, les investissements ont atteint 70 milliards de DH (+117% entre 2008 et 2013). Mieux encore, la stratégie sectorielle a permis de lever plus de 15 milliards de DH.
    ◆ Logistique: Un vent de relance
    Après deux années de retard dans le déploiement de la feuille de route logistique, 2013 a plutôt été une année de prémices de relance. TangerMed a certes propulsé le Maroc de la 94e place à la 50e dans l’indice mondial performance logistique, mais le pays ne figure pas encore dans le trio des destinations les plus attractives en Afrique. La création de l’observatoire marocain de la compétitivité logistique devra assurer plus de visibilité pour le secteur à l’international. En tout cas, en attendant d’atteindre 116 milliards de DH de recettes d’ici à 2030, le secteur devra contribuer de 20 milliards de DH au PIB à l’horizon 2015 et drainer quelque 36.000 emplois. Des plateformes comme celles de Zenata, de TangerMed dont la capacité de stockage sera de 8,5 millions en 2015 ou encore l’ANP et l’ONCF, devront donner une bouffée d’oxygène au secteur. Mais le maillon faible du secteur demeure les ressources humaines. Pour l’heure, quelque 61.000 profils sont nécessaires pour la réalisation de la stratégie logistique à moyen terme. Une ambition qui a nécessité l’intervention de la SFI en termes d’assistance technique.
    ◆ BTP: Une année difficile
    2013 est une année à oublier dans l’histoire du BTP. Le secteur du BTP, avec 54.000 postes d’emploi en moins (-5,6% du volume de l’emploi du secteur), enregistre ainsi la diminution la plus importante depuis qu’il a commencé à connaître un essoufflement il y a deux ans. Que ce soit pour la composante immobilière ou pour les travaux, la machine a grincé. Après une véritable euphorie qui a duré plusieurs années, les mises en chantier accusent un recul, tous segments confondus, de près de 29%. Les volumes dans le logement social connaissent la même baisse. Le resserrement des financements a directement impacté les ventes. Les marchés dans les travaux publics sont également en régression. Les perspectives ne sont pas très bonnes pour 2014. La dernière note de conjoncture du HCP ne laisse pas présager un retour à la croissance. Les pronostics avancés par les patrons du secteur du BTP s’expriment, plutôt, dans le sens d’une quasi- stabilité de leur activité. C’est ainsi que 44% des chefs d’entreprise prévoient une stabilité et 26% une diminution de leur activité. Cette quasi- stabilité résulterait de la hausse de l’activité prévue au niveau du bâtiment  contre une légère baisse de celle des travaux publics.


    B. T., I. N. & S. E.

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