Les Cahiers de l'Émergence

Fin des déboires de Kia Motors?

Par L'Economiste | Edition N°:4166 Le 06/12/2013 | Partager
Une issue probable en négociations
Un accord aurait été trouvé entre le management et les Coréens
Un investisseur émirati a acquis les 524 véhicules, objet de saisie

Le showroom Kia de Aïn Sebaâ est désert, depuis que des saisies de matériels, véhicules… y ont été opérées

L’affaire Kia connaîtrait un dénouement? Après quelques mois de turbulences, l’importateur-distributeur de la marque sud-coréenne Kia semble sur le point de trouver un arrangement. Selon des sources concordantes, un accord aurait été trouvé entre le management de Kia Motors et les Coréens. «Les deux parties sont en négociation pour trouver un arrangement et la carte ne sera pas retirée», assure une source proche du dossier.
Rappelons que Kia Motors Maroc (KMM) est en cessation de paiement (cf. L’Economiste du 10 et du 23 octobre 2013) depuis plusieurs mois. La dette de l’entreprise s’élève à près de 1 milliard de DH. La société affiche un déficit de l’ordre de 37 millions de DH à fin 2012, pour 76 millions de capital. Plusieurs banques de la place sont concernées par les créances en souffrance, dont BP (178 millions de DH), BMCI (21 millions de DH) et Crédit Agricole du Maroc (76 millions de DH). L’une de ces banques a d’ailleurs exécuté une vente aux enchères le 31 octobre dernier portant sur 524 véhicules de la marque éponyme.
 Les enchères ont été emportées finalement par des intermédiaires pour le compte d’un investisseur émirati, ayant des partenaires marocains. «Nous étions intéressés par ce lot, mais les enchères se sont envolées trop haut, donc nous nous sommes retirés», tient à préciser une source chez Sopriam, filiale automobile de la SNI. Mais les acheteurs auraient essayé de revendre le lot à Sopriam, qui aurait décliné l’offre. En effet, le prix d’achat n’incluait pas les droits, frais d’immatriculation et d’homologation ainsi que les frais du tribunal qu’il fallait additionner au prix d’achat initial. En attendant l’issue de cette affaire, près de 200 salariés (entre le siège et le réseau) sont tenus en haleine. Ils n’ont pas reçus leurs salaires depuis mai dernier. De même, une saisie conservatoire a touché l’ensemble des équipements (matériel, stock de pièces de rechange, mobilier, véhicules…). Les clients sont aussi pris en otages. Les détenteurs des 40.000 véhicules Kia en circulation au Maroc doivent prendre leur mal en patience. Les garanties de 5 à 7 ans ne leur sont plus d’aucun secours.

Une des banques vient
d’exécuter une vente aux enchères sur 524 véhicules de la marque.

Les enchères ont été emportées finalement par des intermédiaires

pour le compte d’un investisseur émirati, ayant des partenaires marocains

Les concessionnaires et filiales de la marque coréenne ont pâti également de cette situation. Une dizaine de concessionnaires dans plusieurs villes du Royaume (Fès, Kénitra, Meknès, Oujda, Safi, El Jadida…) ont fait l’objet d’ATD (avis à tiers détenteur) et des saisies ont été opérées sur leurs comptes bancaires par une banque de la place. Ce réseau de concessionnaires et succursales, qui avait donné des lettres de change en échange de véhicules, non livrés, se voit donc redevable d’un montant total de 20 millions de DH. En riposte, les concessionnaires ont intenté en groupe une action en justice contre cette banque, car ces effets barrés et non endossables sont au nom de KMM. «Aujourd’hui, l’affaire est toujours devant le tribunal qui reporte à chaque fois les audiences», indique l’un des concessionnaires sous couvert de l’anonymat.


A. E.

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