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Louardi veut déléguer le système d’approvisionnement

Par L'Economiste | Edition N°:4165 Le 05/12/2013 | Partager
Le secteur privé pour le stockage et la distribution
L’objectif est de remédier aux ruptures de stock, selon le ministre
Les médicaments prochainement vendus sur la base des prix des pays voisins

En déléguant l’approvisionnement des produits pharmaceutiques au secteur privé, le ministre de la Santé veut soulager la trésorerie de ce département

LE stockage et la distribution des médicaments coûtent annuellement quelque 30 millions de DH au département de la Santé. Or, «l’actuel système de gestion induit des résultats médiocres avec souvent des ruptures de stock et des pertes de produits», a déploré El Haussaine Louardi lors d’une conférence sur l’approvisionnement en produits pharmaceutiques, hier à Rabat. En effet, le ministre de la Santé a été on ne peut plus clair: «Cette gestion décrédibilise le Ramed, surtout lorsqu’il y a rupture de stock des médicaments». Pour y remédier, Louardi propose d’externaliser cette activité. «Ce nouveau mode de gestion des produits pharmaceutiques permettra au ministère de la Santé de concentrer ses efforts sur les fonctions de soins et de déléguer les tâches techniques au secteur privé. Il devra également garantir la disponibilité des médicaments», dit-il. Cette nouvelle formule pourrait provoquer une véritable tempête. En tout cas, le ministre préfère temporiser en attendant de consulter les professionnels du secteur. Pour convaincre, il prétend que «son département ne possède pas les compétences techniques nécessaires à l’accomplissement de cette tâche». Selon lui, ce changement est devenu une nécessité. Car «même si le système actuel a permis à la tutelle d’acquérir des médicaments à bas prix, il a favorisé une hausse de la demande. Ce qui a eu un impact négatif sur la disponibilité de certains produits», a-t-il affirmé. Par conséquent, «le processus d’approvisionnement a atteint une certaine saturation».
Concrètement, une nouvelle politique d’approvisionnement en médicaments s’impose pour soulager la trésorerie de la tutelle. Car, rien que les centres de stockage absorbent pas moins de 2 milliards de DH, sans oublier le poids de la masse salariale. «De quoi construire un nouveau CHU et acquérir de nouveaux médicaments et dispositifs médicaux», a lancé le ministre. La future feuille de route devra obéir à plusieurs exigences, telles que l’acquisition de produits pharmaceutiques de qualité en veillant à garantir un meilleur rapport coût/efficacité. «Cela impose le recours aux pratiques recommandées par l’OMS», a dit Abderahim Karib, chef de la division de l’approvisionnement au ministère de la Santé.
Par ailleurs, la réforme du système d’approvisionnement permettra de «mettre fin aux pratiques rentières qui gangrènent le système». Le ministre n’a pas manqué de rappeler la «pagaille» qui règne dans ce domaine. «Certains médicaments sont vendus 4 mille fois plus cher que dans les pays voisins. Ce qui explique d’ailleurs la faible consommation de médicaments au Maroc», a-t-il rappelé. A l’origine de cette situation, l’inadéquation entre la réglementation des prix des médicaments et les besoins actuels. «Le décret fixant les prix remonte à 1969, date à laquelle les génériques n’existaient même pas au Maroc», a-t-il noté. Mais Louardi ne compte pas rester les bras croisés. D’ailleurs, un projet de décret est actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement. Il s’agit d’un texte qui introduit deux modalités de fixation des prix de vente. La première concerne les médicaments fabriqués localement 

et la seconde fixe les prix des produis importés. «Une fois que ce texte entrera en vigueur, les produits pharmaceutiques seront vendus sur la base des prix appliqués dans les pays voisins», a affirmé le ministre. Les produits concernés restent méconnus. Mais l’on sait déjà que le but est d’investir dans le médicament générique et de revoir à la baisse les prix des produits de première nécessité.

Les génériques de plus en plus sollicités

LES produits pharmaceutiques constituent un axe important du plan d’action 2012-2016 du département de la Santé. Deux principales raisons expliquent l’intérêt accordé à l’approvisionnement en médicaments. Il s’agit notamment de l’élargissement de la couverture de base avec le Ramed, qui a entraîné une hausse de la demande et une l’augmentation des budgets alloués à ce système. En 2013, pas moins de 2,2 milliards de DH ont été consacrés à l’achat de médicaments, de dispositifs médicaux et de réactifs des laboratoires.
L’acquisition des médicaments absorbe près de 84% de cette enveloppe, soit près de 1,7 milliard de DH. Sachant que 79% d’entre eux sont constitués de génériques.

Hajar BENEZHA

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