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    Economie

    Quand des produits subventionnés flambent!

    Par L'Economiste | Edition N°:4072 Le 11/07/2013 | Partager
    Gros écarts des prix de la farine de luxe
    Le produit occulté par les contrôleurs

    Normalement la farine issue du blé tendre d’importation ayant reçu le soutien de l’Etat doit transiter en totalité par les minotiers. Mais de grandes quantités sont écoulées sur le marché à des prix fort élevés par rapport à ceux de cession aux minotiers

    Ya-t-il réellement un contrôle des prix de produits subventionnés? A en croire  des petits faiseurs de la pâtisserie traditionnelle, tous les produis de base de leur métier ont flambé ces derniers temps. Dans la foulée, ils citent les amandes, les noix, les huiles mais aussi le sucre et les farines. Du coup, ils ont répercuté les hausses subies sur les prix des crêpes, m’semen, mlaoui, chebbakia  et toute la gamme de la pâtisserie artisanale.  Une situation révélatrice de l’absence du suivi des dépenses de la compensation. Sinon, comment expliquer les écarts parfois trop exagérés entre les prix réglementés et ceux pratiqués sur le marché. C’est le cas du sucre et des farines, ces produits dont la consommation triple durant le mois de Ramadan. «Des hausses de 10 à 15%, voire plus sont généralement appliqués même en période normale», révèle un grossiste. Ceci, bien évidemment, en plus des frais d’approche et de mise en marché dont le niveau est connu pour chaque région. Et la pratique touche beaucoup plus les produits vendus en vrac.
    Dans le cas précis des farines, la fraude se situe à un double niveau. D’abord, la farine nationale de blé tendre est introuvable sur le marché au prix fixé de 2 DH/kg. «Ensuite, lorsqu’elle est disponible, elle fait souvent l’objet de vente conditionnée», dénonce un patron de four traditionnel.  
    Mais que dire de la farine de luxe qui est aussi fortement soutenue par la communauté? En effet, un grand changement dans la distribution de la subvention a été opéré depuis 2010. Autrefois limitée à la farine nationale de blé tendre issue de la production locale, l’aide de l’Etat a été étendue à la farine dite de luxe. Et le montant accordé à ce produit est en croissance à deux chiffres. L’année passée, il a dépassé le milliard de DH, et il est fort probable qu’il double en 2013, vu l’importance des  achats réalisés dans une conjoncture de flambée à l’international. C’est pratiquement le même niveau des cours relevés en 2011. Or, à cette époque, l’enveloppe dédiée à la farine de luxe a culminé à 1,8 milliard de DH. L’année d’après et rien que la restitution aux importateurs du différentiel entre les cours de blé tendre à l’import et le prix de cession aux minotiers a coûté à l’Etat 1,3 milliard de DH. Ceci, sans compter le manque à gagner pour l’Etat au titre du gel des droits de douane dont le taux s’élève à 135%. Une moins-value que l’Office national des céréales et légumineuses, en charge de la subvention, ne quantifie pas.
    Quoi qu’il en soit, l’objectif affiché est de maintenir le prix de cession du blé tendre aux minoteries à 260 DH le quintal. Ces dernières étant tenues à leur tour de livrer la farine aux boulangeries à 350 DH/quintal pour que le prix du pain rond ou de la baguette reste maintenu à 1,20 DH l’unité. Théoriquement, le schéma fonctionne selon les règles prévues entre l’administration et les opérateurs du secteur. Mais qu’en  est-il des farines de luxe commercialisées sur le marché intérieur?  A priori, elles doivent être soumises au contrôle des prix dans la mesure où elles sont subventionnées. Mais apparemment, les contrôleurs considèrent toujours ce type de marchandise comme bénéficiant de la liberté des prix. Certes, des marques ont développé des produits de qualité avec des additifs alimentaires, un bon design et des emballages consommateurs. Ce qui justifie le surcoût. Mais que dire des produits de qualité trop moyenne et de surcroît vendus en vrac? D’autant plus que les volumes commercialisés restent importants. Une étude de la profession meunière estime la consommation de farine industrielle à 80 kg par habitant et par an contre 27 kg pour ce qui est du pain acheté auprès des boulangeries. C’est donc un marché d’envergure qui échappe au contrôle des prix bien qu’il est fortement subventionné.  
    Aussi, ne faut-il pas verrouiller le circuit de distribution des farines de luxe comme c’est le cas pour la farine nationale. Du moins pour barrer la route aux spéculateurs qui annihilent à leur seul profit l’effet de la subvention.


    A. G.

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