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Economie

Trop de politiques en pointillé

Par L'Economiste | Edition N°:4068 Le 05/07/2013 | Partager
Après 25 ans, une convergence nationale est cruciale
Elle doit parier autant sur les compétences de flux que celles de stock
Améliorer l’attractivité de l’entreprise, mais surtout celle du pays

Driss Ajbali, membre dirigeant du CCME, souligne l’importance de l’attractivité de l’environnement dans la mobilisation des compétences des Marocains du monde

- L’Economiste: La question de la mobilisation des compétences revient régulièrement, quel est votre avis sur les politiques menées?
- Driss Ajbali: Le Maroc porte depuis une vingtaine d’années un intérêt certain à la question de la mobilisation des compétences. Nous sommes passés du Token début 90 au Finkome 2007 à Maghribcom en 2013. Ces initiatives marocaines ont permis l’émergence de plusieurs réseaux. Toutefois, en vingt ans, nous constatons qu’il existe une discontinuité dans ce dossier avec une absence de capitalisation. Souvent, de grandes cérémonies sont organisées en mobilisant des figures emblématiques de la compétence avec l’impression que la communication est privilégiée sur l’efficacité. Or, cette question véhicule des considérations déterminantes, voire plus, stratégiques pour le développement pays. Cette politique en pointillé doit laisser la place à une politique nationale cohérente et intégrée. Il faut qu’on passe de la politique du coup à coup à la politique du coût.

- Comment imaginez-vous cette politique nationale?
- L’étape de diagnostic est nécessaire. Il faut d’abord commencer par dresser l’état des lieux des compétences marocaines à l’étranger avant d’entamer une politique nationale. D’où l’importance de la dernière publication du CCME. Celle-ci porte sur une analyse des politiques de mobilisations des compétences marocaines de l’étranger menées depuis 25 ans. Maintenant, il reste la mise en œuvre intelligente d’une politique de migration avec l’appui d’une réelle volonté politique. Le pays a besoin de définir une typologie des compétences et en même temps d’une hiérarchisation de ses besoins. Et il faut aussi gérer nos propres chômeurs diplômés. Il est donc nécessaire de chercher une convergence entre l’offre que peuvent faire les Marocains du Monde et les besoins que requiert le développement du pays. L’attractivité du Maroc pour ces compétences est aussi primordiale. Cela suppose l’attractivité de l’environnement marocain (école pour les enfants, santé, lieux culturels) et pas simplement celui de l’entreprise.

- Il existe deux générations, celles nées à l’étranger, et celles qui ont migré plus tard. Faut-il mener deux politiques différentes?
- Dans ce cas, nous parlons des compétences de flux, c’est-à-dire les étudiants qui partent se former et qui ne reviennent pas. Les autres compétences marocaines à l’étranger sont les nouvelles générations qui naissent dans les pays de résidence et qui restent invisibles, et que l’on appelle compétences de stock.
Souvent, ces enfants d’immigrés migrent eux aussi sur le marché mondial du travail dans des pays tels que la Chine, Dubaï, Qatar, etc. Ainsi, il n’est pas question de mettre en place des politiques qui font la différence, mais procéder au recensement des compétences de stock.
D’ailleurs, cette nouvelle génération est elle aussi caractérisée par un attachement qu’elle garde pour le Maroc. Mais, celui-ci reste insuffisant pour justifier le retour ou l’attrait du marché marocain. Même si toutes les conditions matérielles requises sont offertes, il reste que les gens sont liés à leur environnement (famille, scolarité des enfants, offres culturelles, environnement) qu’ils ont patiemment construit dans le pays de résidence.
La solution est dans l’amélioration des conditions de mobilité pour que le Marocain du monde arrive à concilier entre sa vie à l’étranger et les visites régulières ainsi que les offres de service qu’il peut faire au Maroc.


Propos recueillis par R. D. A.

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