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    Economie

    Croissance: Pourquoi le modèle marocain s’essouffle

    Par L'Economiste | Edition N°:4068 Le 05/07/2013 | Partager
    Contribution agricole: Une addition à risque
    PIB industriel: Inquiétante baisse en 4 ans
    Beaucoup de précarité dans la création d’emploi

    Le CMC prévoit une croissance de 4,9% cette année sous l’effet de la bonne tenue des activités agricoles. L’année prochaine, il table sur un ralentissement de la croissance économique qui ne dépasserait pas 3,7%

    «NOUS n’avons pas une culture tournée vers les réformes. Celles-ci sont en panne dans un contexte difficile qui nécessite de la réactivité».
    Pour Lahbib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC) et membre de l’USFP (Parti de l’opposition), le temps économique doit aller au-delà du temps politique. Un clin d’œil à l’équipe Benkirane qui se limite à des effets d’annonces sur des dossiers sensibles sans pour autant opérer les réformes nécessaires ou apporter des ajustements aux plans sectoriels lancés depuis quelques années.
    Tirant une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le modèle économique, lors de la rencontre annuelle organisée mercredi 3 juillet à Casablanca, les experts du CMC sont revenus à la charge sur la nécessité d’opérer un changement en faveur de l’industrialisation du pays. Car le modèle de croissance actuelle basé sur la demande intérieure s’essouffle et montre ses limites. Il reste lié à la bonne tenue de la campagne agricole.
    Le Maroc trouverait son salut dans l’industrialisation. Celle-ci rendrait la croissance plus compétitive et générerait de l’emploi. « Notre économie n’est pas moderne et elle ne peut le devenir que par une forte impulsion industrielle», souligne El Malki.
    Or sur les quatre dernières années, l’on note une baisse de deux points de la part de l’industrie dans le PIB. Ce qui soulève des interrogations : s’agit-il d’une  désindustrialisation ?  Sans apporter de réponse à cette question, le président du CMC parle d’une transformation des grands projets industriels en projets commerciaux. «Nous ne pouvons pas industrialiser le Maroc à travers une approche commerciale», poursuit-il.
    Aujourd’hui,  la croissance ne crée pas ou peu de postes de travail. «Sur le front social, nous constatons une tendance de fond à l’augmentation du chômage et à l’aggravation des disparités sociales», souligne El Malki. Une situation qui trouve son explication dans le décalage entre les performances des activités économiques et la dynamique de l’emploi. Dans les pays où les «structures sont stables», un point de croissance a un impact en termes d’emploi. Ce qui est loin d’être le cas au Maroc où le poids des activités primaires reste important malgré les efforts déployés pour accroître le PIB non agricole. Ce qui montre, selon le CMC, les limites des politiques publiques poursuivies à travers les différents programmes. Même cette année où le taux de croissance attendu est de 4,9%, imputable en grande partie aux performances du secteur primaire, l’impact ne sera pas significatif sur la situation de l’emploi. Car les postes créés sont le plus souvent précaires, saisonniers et sans valeur ajoutée. «C’est ce qui explique que la croissance reste irrégulière, instable et imprévisible. D’une année à l’autre, elle évolue de manière incompréhensible. Cette instabilité nécessite une bonne grille de lecture», estime le président du CMC pour lequel le monde rural vit une situation de vulnérabilité en raison du sous-emploi (voir encadré).
    Pour lui, les statistiques du Haut Commissariat au Plan (HCP) sur le chômage restent  discutables: «Elles sont anormalement bas. Le taux de chômage dans le rural est sous-estimé». Tel qu’il ressort des statistiques du HCP, le chômage dans le rural varie peu par rapport aux fluctuations économiques et influence la moyenne nationale en réduisant le taux global.
    Une situation qui contribue au déphasage par rapport aux tendances de l’activité économique et aux cycles de production. Comme l’expliquent les économistes du CMC, «sans une bonne estimation de ce phénomène il est difficile de mettre sur pied une bonne politique aussi bien en ville que dans les compagnes».
    A côté de l’industrialisation, le CMC insiste aussi sur l’export mais des produits à forte valeur ajoutée ainsi que sur la nécessité de rendre le Maroc plus attractif pour les investisseurs étrangers. En principe, une nouvelle Charte de l’investissement devait être mise en place mais jusque-là le projet est toujours au stade de discussions au sein des départements ministériels.

    Les incohérences des chiffres sur le chômage

    LES statistiques sur l’emploi situent la population active en sous-emploi à 966.000 personnes en 2012 contre 1,1 million une année auparavant. Pour le Centre marocain de conjoncture, il existe un déphasage entre cette donnée et la tendance de l’activité, et ce, à l’inverse de ce qui est normalement attendu.
    L’année 2012 est marquée par un repli de la croissance qui a enregistré une régression de la population active occupée sous-employée. De plus, le niveau du sous-emploi ne se différencie pas beaucoup en termes absolus de celui de la population en chômage. Pour le CMC, la notion de sous-emploi utilisée dans l’élaboration des données est assez large et peut revêtir des réalités nettement différenciées selon les professions et les secteurs d’activité. Et donc «une partie non négligeable du sous-emploi répond d’une certaine manière à la définition du chômage». Cette situation serait particulièrement valable dans le milieu rural qui compte, selon le CMC, plus de la moitié de la population sous-employée.

    Khadija MASMOUDI

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