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Culture

Debbouze: «Ma vie est une source intarissable de sketchs»

Par L'Economiste | Edition N°:4048 Le 07/06/2013 | Partager

Pour l’humoriste Jamel Debbouze, le comique marocain a une musique particulière qui n’existe nulle part ailleurs
 

Il est un peu partout dans ce festival du rire de Marrakech: tantôt sur les plateaux TV et d’autres pour des rendez-vous de la dernière minute, tout en veillant sur les préparatifs du show final de samedi, la soirée de gala tant attendue. Normal, Jamel Debbouze est le parrain de ce festival qu’il a initié il y a trois ans avec son frère, Karim. Aujourd’hui, on se bouscule au portillon pour venir y jouer, et tant mieux se réjouit l’humoriste. Et c’est à la terrasse du Sofitel que Jamel nous reçoit pour parler du festival, des humoristes marocains et de ses projets.


- L’Economiste: Le Marrakech du Rire est à sa 3e édition sans parler de l’édition zéro. Il était difficile d’installer un festival pareil?
- Jamel Debbouze: Bizarrement non, grâce au soutien du public. Nous avons été portés par Marrakech. Et comme nous avons impliqué tout le monde, les choses étaient assez faciles. Et pour surprendre ce public qui nous a rapidement adoptés, chaque année, le festival innove. Aujourd’hui, nous avons installé définitivement le spectacle de la Halqa qui, à lui seul, est un festival populaire, libre et désordonné comme je les aime. Somme toute, on n’aurait pas trouvé mieux que Marrakech pour ce festival.

- La preuve c’est que vous revenez chaque an. Avez-vous atteint les objectifs prévus et surtout une rentabilité?
- Absolument pas! Pour l’instant, le festival n’est pas rentable et nous n’avons pas encore fait un euro de bénéfice, malgré la présence de partenaires... Nous n’avons pas suffisamment de sponsors à notre grand regret et heureusement que M6 et 2M nous aident. L’année dernière, nous étions en déficit de 1.500 euros pour un investissement de 3 millions et j’attends les chiffres de cette année pour voir où nous en sommes. En revanche, nous avons atteint nos objectifs auprès du public. Les places de la 3e édition se sont vendues en 48 heures et nous avons de plus en plus d’audience à la télévision. Avec autant de succès, on ne peut pas ne pas intéresser les sponsors et, je suis sûr, bientôt je pourrais vous inviter au restaurant (Rires).
- Revenons à la programmation, on ne vous voit pas cette année dans un show à part?
- Il y a un embouteillage d’artistes qui avaient très envie de venir jouer à Marrakech et j’ai laissé ma place. Franchement, on se bouscule au portillon et j’ai tout le loisir de revenir l’an prochain avec Gad et Florence Forestier. Cette année, on va faire découvrir au public des artistes comme Patrice Thibaut ou encore le Marocain Youssef Ksiyer, une découverte de la scène du Marrakech du Rire.
- Justement, comment faites-vous pour ne pas lasser le public. Les humoristes revoient-ils leurs registres?
- Evidemment, on ne présente jamais le même spectacle pour ne pas être redondant et drôle. Dès le départ, nous avons voulu présenter des spectacles exclusifs, jamais vus ailleurs. Et on est très à cheval là-dessus pour pouvoir surprendre le public en permanence.

- Tout est ou presque biographique dans vos sketchs à vous. N’avez-vous pas peur d’épuiser tous les sujets?
- Ma vie est un sujet inépuisable. Chaque journée est infinie et chaque journée est un spectacle à part entière. Tout dépend de l’humeur avec laquelle vous la racontez et de ce que vous voulez transmettre. Ma vie est incroyable et je vous jure, les personnages qui m’entourent, que ce soit mon père, ma mère ou Michel Druker, extraordinaire bonhomme, sont à mourir de rire. Tout cet entourage m’inspire tous les jours. Je crois qu’à l’instar de mes pairs comme Eddy Murphy, on s’inspire de ce qui nous entoure et on espère avoir assez de distance pour pouvoir le raconter et en faire rire tout en dédramatisant. La vie est dure et la meilleure manière de vivre sa misère sans faire du misérabilisme est d’en rire.
- Vous faites très peu de vannes sur la vie politique ou sociale au Maroc?
- Si. Je ne suis pas au fait de tout ce qui se passe sur la scène politique marocaine, mais je raconte le Maroc à travers mes spectacles. Quand je raconte la vie de ce chien que j’amenais de France au Maroc, c’est une manière de raconter le Maroc. L’histoire du flic qui m’arrête pour lui raconter des blagues est aussi une référence au quotidien marocain avec ses maux et ses bizarreries.

- Que pensez-vous de la jeunesse montante au Maroc et ailleurs?
- Elle est magnifique. Il y a une musique particulière au comique marocain que je ne retrouve nulle part ailleurs. On s’en rend compte à Jamaâ el Fna ou à travers les blagues racontées par nos oncles qui sont d’ailleurs traduisibles en français avec une espèce d’autodérision incroyable. Mon idole et je l’ai toujours dit est Abderraouf qui est un mélange de Charlie Chaplin, Louis de Funès et de zit zitoun.
- Et justement, les talents lancés par le Marrakech du Rire sont-ils exportables?
- Il ne s’agit pas juste de venir mettre la lumière sur eux et repartir, nous les ferons venir en France et fouler la scène du Comedy club pour voir ce que cela donne. Ceci étant, je ne suis pas l’Abbe Pierre des comiques. Il faut que ça marche pour que leurs spectacles aient de l’écho.

- Un petit mot sur vos derniers projets?
- Je viens de terminer un film «Pourquoi j’ai (pas) mangé mon père». (ndlr : le premier en tant que réalisateur) en motion capture. Et j’ai tourné avec ma femme ( Melissa Theuriau) et je me suis rendu compte qu’elle était une actrice formidable. J’ai pris un malin plaisir à jouer avec les dernières techniques imaginables. Il y avait 80 caméras sur 360°, 25 ordinateurs en face de nous. Et c’est surtout la première fois que je mettais en scène et que je pouvais modeler les acteurs comme on a pu le faire avec moi et j’ai adoré.
Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

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