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    Evénement

    Un nouveau cadre pour réveiller l’innovation

    Par L'Economiste | Edition N°:4025 Le 07/05/2013 | Partager
    Un comité national pour chapeauter l’écosystème
    Objectif: produire 1.000 brevets et 200 start-up à l’horizon 2014
    Un programme qui semble trop ambitieux

    Le système marocain de l’innovation reste plus ou moins disparate et manque de coordination malgré l’intervention de plusieurs acteurs. Le Comité national, qui sera rattaché au chef du gouvernement, se donne justement l’ambition de «mettre en cohérence» les différentes stratégies mises en place. Néanmoins, le problème de reddition des comptes demeure. Pour beaucoup de protagonistes, seule une structure politique peut réellement chapeauter le mécanisme

    Alors que d’aucuns critiquaient le système marocain de l’innovation pour son manque de coordination (voir L’Economiste du 23/11/2012), voilà qu’un nouvel organe voit le jour. Le Comité national de l’innovation et de la recherche industrielle, qui sera institué par décret, a justement pour vocation de «coordonner les différentes stratégies sectorielles» selon les dires du ministère de l’Industrie. Une tâche difficile. Du plan Emergence à Maroc Vert, en passant par la vision 2020 et la stratégie énergétique, pas moins de 4 ministères sont concernés par ces stratégies et «une gouvernance globale semble de plus en plus urgente», selon Mohamed Smani, directeur de l’association R&D Maroc, qui siègera au comité. Ce nouveau cadre institutionnel sera présidé par le chef du gouvernement, et y siègeront les différents départements ministériels engagés dans la promotion de l’innovation: Enseignement supérieur et formation professionnelle, Industrie, Energie et Mines, Agriculture et Finances. Mais là où se trouve la différence avec le Comité permanent interministériel, c’est la présence du secteur privé, représenté par la CGEM, le GPBM,  R&D Maroc et l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC). Quelques organismes publics sont aussi présents : l’Académie Hassan II des sciences et techniques, le Centre national de la recherche scientifique et technique et la CDG.
    Les instigateurs de cette «réforme», à savoir le ministère de l’Industrie, celui de l’Enseignement supérieur ainsi que la CGEM, se sont fixé comme but la création de 200 start-up et la production de 1.000 brevets, et ce à l’horizon 2014. Cette «mise en cohérence», selon le ministère, vise à «rattraper le retard pris par le Maroc par rapport à certains pays émergents et concurrents». En effet, le Maroc pointe encore à la 88e place dans l’indice mondial de l’innovation élaboré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). La faute à de maigres dépenses  en R&D et un déficit en chercheurs spécialisés dans les nouvelles technologies. 1,87 chercheur pour 1.000 actifs, 80% des entreprises qui recourent à l’autofinancement pour financer leurs projets R&D, d’après les données de l’Amic. Ces chiffres ne sont toutefois pas révélateurs. Certes, le déficit est présent, mais le Maroc enregistre une croissance annuelle moyenne de 7% du nombre de chercheurs. Près de 40.000 sont aujourd’hui présents dans différents champs disciplinaires, qui vont des sciences exactes aux sciences humaines, en passant par les sciences de l’ingénieur et technologiques (SIT) et les sciences médicales. Et si la structure actuelle des activités de recherche au Maroc semble privilégier les domaines théoriques et fondamentaux, les SIT enregistrent en 2012 un nombre croissant (+16%).
    Seulement, plusieurs intervenants revendiquent une structure plus «politique». Mohamed Smani parle d’un «ministère ou d’un secrétariat d’Etat qui garantirait la pérennité du plan Maroc Innovation» car, selon lui, «le comité n’aura aucune charge de reddition des comptes». Effectivement, le projet de décret, qui ne contient que 7 articles, ne comporte aucune disposition relative à la mise en bilan de ses travaux…

    Financement, le maillon faible

    Après un benchmark international, l’on déduit que toute réussite d’un écosystème de l’innovation s’appuie sur une forte coordination entre le secteur privé et public, avec un organe central lié à la plus haute sphère du pouvoir (voir L’Economiste du 14/02/2013). Mais force est de constater qu’en l’espèce, c’est le financement qui demeure le maillon faible du processus. Le système bancaire reste encore frileux quant au financement des projets innovants, les considérants à fort taux de sinistralité. Les lignes de financement accordées par les banques sont généralement conditionnées par des dossiers étudiés et la présentation de garantie suffisante. Crise oblige, les banques ont resserré davantage les conditions d’octroi des crédits. La contribution du capital investissement, malgré un certain volontarisme (association des Business Angels, Fonds OCP…), demeure très timide. Seulement 2% des montants levés sont dédiés à l’amorçage. Actuellement, il existe 4 fonds d’investissements dédiés au capital amorçage dont le total des capitaux levés est de 300 millions de dirhams.

    Abdessamad NAIMI

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