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Economie

Les fertilisants, levier des investissements en Afrique
De notre envoyé spécial à Dakar, Abdelaziz GHOUIBI

Par L'Economiste | Edition N°:3989 Le 15/03/2013 | Partager
Infrastructure, logistique et distribution, les opportunités
Plusieurs fonds représentés à Dakar où se tient la 4e édition de la Conférence internationale dédiée

L’Afrique qui dispose de 18% des terres cultivables de la planète n’utilise que 1% d’engrais consommés dans le monde. Résultat, la productivité agricole ne cesse de reculer sous l’effet de la pauvreté nutritive des sols et leur érosion. La situation est plus aggravée en Afrique subsaharienne

Comment assurer la sécurité alimentaire dans le monde? C’et la grande question à laquelle des experts de plusieurs nationalités tentent d’apporter une réponse durant les trois jours consacrés à la 4ème édition de la conférence internationale dédiée aux engrais en Afrique. Et pour cause! «Le Continent fait partie intégrante de l’équation de la sécurité alimentaire mondiale», relève Mohamed Ibn Abdeljalili, directeur exécutif en charge du Pôle Commercial du groupe OCP.
Organisé pour la première fois en dehors du Maroc, à Dakar (Sénégal) du 13 au 15 mars, l’évènement se veut une plateforme d’échanges sur les outils à mettre en place pour améliorer la productivité agricole. Tout particulièrement via les bonnes pratiques d’une fertilisation raisonnée. Et c’est le réseau de distribution qui est ciblé en premier lieu. Le thème retenu pour cette 4e édition est «Le rôle crucial des distributeurs locaux dans un marché africain en pleine croissance». Ce qui est vrai pour de nombreux secteurs de l’industrie (extractive), les télécommunications, et le commerce. D’où d’ailleurs l’intérêt manifesté par les multinationales américaines, européennes et asiatiques à l’égard de l’Afrique. Selon Patrick Dupoux, directeur général du groupe de Consultation de Boston, basé au Maroc , «depuis 2010, quelque 150 fonds d’investissements ambitionnent de développer des affaires en Afrique en ciblant notamment des productions destinées à la consommation locale». Fini donc l’approche «de comptoir commercial» longtemps adoptée par les entreprises étrangères. Aujourd’hui, un véritable virage est pris par le monde des affaires. «Et l’agriculture africaine est perçue comme une grande opportunité tant le rendement de l’investissement est important», estime Dupoux. Car, à moyen terme, il s’agit de doubler la production alimentaire ne serait-ce que pour nourrir le milliard de personnes qui évoluent sur le continent. Or, la sous-utilisation d’intrants et notamment d’engrais entrave toute marge de manœuvre dans ce secteur vital. L’Afrique qui dispose de 18% des terres cultivables de la planète n’utilise que 1% d’engrais consommés dans le monde. Résultat, la productivité agricole ne cesse de reculer sous l’effet de la pauvreté nutritive des sols et leur érosion. La situation est plus aggravée en Afrique subsaharienne où la consommation d’engrais ne dépasse guère en moyenne 8 kg à l’hectare contre 120 dans le reste du monde. Cette faible utilisation des fertilisants se traduit par le recul de 3% chaque année de la production agricole. S’ajoutent la dégradation des sols cultivables et la déforestation massive à usage industriel. Le tout est aggravé par la prolifération de divers ravageurs. Le schéma est quasiment généralisé à toute l’Afrique subsaharienne avec des déficits assez prononcés à divers niveaux, institutionnel, financier et logistique. Ce qui limite l’utilisation des intrants agricoles, en particulier  les engrais et l’eau d’irrigation.
«Le débat engagé à Dakar s’insère dans le sillage des trois premières éditions et cible des solutions innovantes à même de répondre aux besoins de financement et d’investissements dans le secteur de la distribution des engrais», soulignent les organisateurs. L’objectif est de rapprocher l’agriculteur des points de vente mais aussi du bon conseil. Car si les capitaux ne manquent pas, les structures d’encadrements ainsi que les infrastructures et la logistique de distribution font cruellement défaut. Mais la conférence a eu le mérite de rassembler tout un éventail d’experts et d’acteurs financiers de divers horizons (banques commerciales et d’investissement, institutions de développement, compagnies d’assurance, agences internationales de crédit) en vue d’identifier les modèles économiques les plus adaptés aux réalités africaines. Car le continent est pluriel et les solutions doivent varier d’un pays à l’autre.

Fertilisation à la carte

Le modèle de la carte de fertilité des sols du Maroc sera transposé à certains pays africains. L’objectif est «de participer à la réussite de la révolution verte», est-il indiqué. C’est dans cette optique que le groupe a développé de nouveaux engrais adaptés aux sols de certains pays d’Afrique. En effet, l’OCP, en partenariat avec l’Institut national de recherche agronomique, utilise l’expérience acquise à travers le développement de la carte de fertilité des sols du Maroc, pour réaliser un outil similaire dans les pays d’Afrique subsaharienne. L’objectif est de constituer une base de données géographique des sols en Afrique qui permettra de disposer d’un système d’aide à la décision pour la fertilisation et mettre au point des produits  sur mesure pour les différents contextes sol/culture en Afrique. La carte de fertilité des sols du Maroc couvre 9 millions d’hectares et a permis de connaître les caractéristiques des sols, qui elles-mêmes permettent de définir les types et quantités d’engrais optimaux. L’outil qui sera mis en place dans les différents pays est basé sur le modèle marocain qui couvre la fertilité des sols, l’information géographique et le conseil agronomique.

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