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Meknès: Les plans de l’INRA pour le figuier

Par L'Economiste | Edition N°:3942 Le 04/01/2013 | Partager
Ce fruit aux multiples vertus a aussi la qualité d’être peu consommateur en eau
Variétés plus productives, qualité des plants… les priorités
Conventions avec des pépiniéristes pour l’installation de parcs à bois

Le défi que se lance l’INRA est celui d’assurer une production de qualité tout en adoptant des technologies économes en eau

LE figuier a évolué, passant d’une plante sauvage à un arbre cultivé et très apprécié pour sa rusticité et les valeurs nutritives de son fruit. Pour Ahmed Oukabli, chercheur au sein du Centre régional de la recherche agronomique (CRRA) de l’INRA-Meknès, le processus de domestication qu’a connu cette espèce a permis au patrimoine génétique marocain de marquer son originalité et son importante diversité à l’échelle du bassin méditerranéen. Au Maroc, la culture du figuier s’étend sur une superficie d’environ 48.000 ha et génère une production d’environ 109.000 tonnes de figues fraîches, soit un rendement moyen de 2,3 t/ha.
Le Maroc se place ainsi au 4e rang des pays producteurs au monde avec 7% de la production mondiale de figues séchées. Les deux principales régions de production des figues sèches sont Taounate et Chefchaouen qui totalisent, à parts égales, près de 64% de la production nationale. Le dernier tiers de la production est assuré par les régions de Tétouan et Al Hoceima (8,4% chacune), Safi (6,1%), Loukkos (4,1%), Nador (3,5%), Rabat/Salé (2,8%), Settat (2%), Taza (1,4%) et Ouarzazate (0,5%). Dans ces principales zones de production, cette espèce a été considérée à importance secondaire et a été associée à l’olivier  (91% des cas) ou conduite en intercalaire avec des cultures annuelles (2% de la superficie utilisable).
Pour Oukabli, la culture du figuier au Maroc, quoique très ancienne, est généralement appréhendée dans le cadre d’une agriculture vivrière exploitant plusieurs variétés d’intérêt inégal. Plusieurs facteurs ont concouru à la sauvegarde du caractère traditionnel de cette culture bien qu’elle constitue de nos jours une alternative intéressante pour le développement d’une arboriculture fruitière diversifiée.
Côté recherche, l’INRA dispose de collections du figuier qui comptent parmi les plus riches à l’échelle du bassin méditerranéen. «Les travaux de recherche engagés sur ce fruit ont permis de générer de précieux acquis de recherche et de proposer ainsi une gamme de variétés nationales et étrangères de figues nobles et performantes, tant en productivité qu’en qualité», indique le chercheur de l’INRA. «Les connaissances acquises par la recherche agronomique au sujet des performances variétales conjuguées au cadre incitatif offert par le plan Maroc Vert sont de nature à répondre aux réels besoins de développement de cette filière», renchérit-il. En effet, des conventions avec plusieurs pépiniéristes ont été signées pour l’installation de parcs à bois nécessaires à une production de plants de qualité et d’authenticité variétale garantie. De plus, plusieurs actions concertées de développement de cette filière ont été entreprises par les différents intervenants (FeDAM, DPAs, INDH, MCC…) et ce, dans les régions du nord, à Ouazzane et Taounate. Ces efforts sont entrepris au moment où la figue connaît un regain d’intérêt sur le marché et commence à être échangée à des prix de plus en plus intéressants. Ceci, en raison de ses vertus reconnues et à effets bénéfiques pour la santé. «L’avenir appartient donc à une production innovante, capable de faire face aux contraintes environnementales et à celles du marché dont essentiellement la qualité du produit et la maîtrise du coût qui présentent un réel défi», explique Oukabli. Le défi que se lance l’INRA est celui d’assurer une bonne production tout en adoptant des technologies économes en eau. A ce titre, Abdellah Kajji, chercheur à l’INRA, rappelle que «l’Institut, en tant qu’organisme national public de recherche agronomique, a axé ses travaux de recherche, durant les dernières décennies, sur  la mise au point de technologies permettant de répondre aux stress hydriques». Cette contrainte est désormais une donnée structurelle de l’environnement. D’ailleurs, «les recherches conduites dans ce sens sont en adéquation avec la nouvelle stratégie du «plan Maroc Vert» tout en répondant aux objectifs d’une profession de plus en plus exigeante». Elles ont abouti dans un premier temps à l’adaptation du matériel végétal au stress hydrique, et dans un deuxième temps, à la recherche d’itinéraires techniques permettant de valoriser la ressource en eau. Ces deux axes concernent aussi bien les espèces annuelles que pérennes.

Irrigation raisonnée

Pour Abdellah Kajji, les recherches en cours à l’INRA apportent des réponses pour certaines espèces par rapport à la problématique du stress hydrique. «Pour les plantes annuelles, la sélection par rapport à la tolérance au stress hydrique a permis d’obtenir un certain nombre de variétés. Pour les plantes pérennes, la démarche de sélection est plus longue», explique-t-il. Les voies adoptées sont, d’une part, l’exploration de la variabilité génomique présente au Maroc, notamment en cherchant à tirer parti de la sélection naturelle effectuée dans les zones plus arides, et d’autre part, la mise au point des indicateurs permettant de prédire ou modéliser la réponse des plantes pérennes en cas de stress hydrique.
Cette dernière voie permet au Centre de recherche de Meknès d’acquérir progressivement une expertise qui pourra être étendue à d’autres espèces. «Pour leur part, les études menées sur l’irrigation raisonnée sont également très prometteuses, bien qu’elles ne concernent que les situations pour lesquelles une irrigation d’appoint est possible à un stade choisi par l’agriculteur». Dans de nombreux cas, cette irrigation raisonnée permet non seulement d’améliorer le rendement par rapport à un témoin non irrigué ou quasiment le maintenir par rapport à un témoin irrigué à volonté, mais également d’améliorer la qualité du produit, affirme-t-on.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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