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Régions

Troubles à Marrakech
Sidi Youssef Ben Ali compte ses dégâts

Par L'Economiste | Edition N°:3940 Le 02/01/2013 | Partager
Bataille rangée entre population et forces de l’ordre
Une trentaine de personnes interpellées, des blessés de part et d’autre et des dégâts matériels
Le bilan d’un sit-in de protestation contre les factures d’électricité salées

Rien ne semble pouvoir arrêter la fureur des manifestants, qui apparemment n’ont pas l’air de craindre les forces de l’ordre. Les nombreux cailloux qui jonchent le sol montrent qu’ils ont la main leste. Ce n’est qu’au terme de deux jours de fortes tensions, que les autorités ont ramené l’ordre dans ce quartier chaud. Un calme pour l’instant précaire…

Le bras de fer qui oppose  les usagers de Sidi Youssef Ben Ali à la Radeema a viré au cauchemar pour les habitants du quartier. Le climat n’est plus très sécurisé dans cette zone, sise au sud de Marrakech, pas très loin du Méchouar et de la médina et ce, malgré la présence des forces de l’ordre. Tout est parti d’un sit-in de protestation que les usagers organisent habituellement le vendredi contre la cherté des factures d’électricité. Vendredi 28 décembre, le rassemblement a dégénéré et s’est transformé en bataille rangée sans précédent entre population et forces de l’ordre. Bilan: plusieurs blessés de part et d’autres, une trentaine de personnes interpellées et d’importants dégâts matériels. La tension est montée d’un cran lorsque les forces de l’ordre, présentes en grand nombre, ont essayé d’encercler les manifestants dans une tentative de dissuasion, raconte cet habitant du quartier. En vain, le rassemblement continuait de grossir. Deuxième étape de ces affrontements: les forces d’intervention ont chargé les manifestants pour les empêcher d’entreprendre une marche. S’en suivra un scénario des plus inimaginables: des jets de pierres frontaux, des courses poursuites dans les petites ruelles, mais aussi des actes de vandalisme commis sur les voitures de police et ceux des particuliers. Rapidement, la bataille se propage un peu partout dans les rues de Sidi Youssef Ben Ali, jusqu’aux écoles avec des poubelles mises à feu
A l’approche d’un fourgon de police ou d’une équipe d’intervention (contrairement aux rumeurs sur internet, ce ne sont pas des militaires qui ont été déployés, mais  la police) les manifestants, des jeunes en grande majorité, s’enfuient dans les ruelles de la médina pour revenir quelques minutes plus tard avec un tas de pierres qu’ils jettent sur les membres de la police. Il a fallu une intervention aux gaz lacrymogènes et avec des camions à jets d’eau anti-émeutes pour venir à bout des tensions qui embrasaient totalement le quartier. Le lendemain, il y a eu encore des échauffourées dans le quartier et le calme n’est revenu que dimanche. Un calme précaire car les tensions sont encore très vivaces. Et si les habitants de Sidi Youssef Ben Ali comptent les dégâts, la police, elle, identifie les jeunes manifestants filmés vendredi et samedi. Plusieurs descentes ont été menées dans les quartiers pour interpeller les responsables des actes «de violence et de vandalisme». Dans le lot, un grand nombre de jeunes et de mineurs.
Quoiqu’il en soit, le conflit qui oppose Radeema (régie autonome d’électricité d’eau et d’assainissement) de Marrakech s’enlise et prend une tournure désastreuse. Car pour rappel, ce n’est pas la première fois que les habitants du quartier Sidi Youssef Ben Ali manifestent contre la régie de Marrakech ou organisent des marches «non autorisées». Les usagers de Sidi Youssef Ben Ali ont commencé à organiser des sit-in périodiques en janvier 2011 avec des trêves dès que la Régie entame des négociations. Les manifestations étaient plutôt pacifiques avec des rassemblements de deux ou trois heures avant que les foules ne se dispersent. Mais certaines factures de l’été dernier ont brusquement augmenté: il a fait chaud, jusqu’à 50°, et les nombreux climatiseurs, visibles sur les façades, ont tourné en permanence pour adoucir les journées de Ramadan. Les responsables de la Régie se disent surpris de ces «réactions exagérées des usagers» d’autant plus qu’elle a entrepris, depuis quelques semaines des réunions, avec les associations représentant les usagers pour trouver des solutions au conflit. Dans une déclaration faite à 2M, le Wali de Marrakech, Mohamed Faouzi, a souligné de son côté, que les «exigences de cette population sont irréalisables, car ne dépendant pas de la Régie» et surtout a mis l’accent sur le fait que «seul le quartier de Sidi Youssef Ben Ali a réagi à cette tarification et que pour l’heure la situation était maîtrisée». Rappelons que pour calmer les esprits, la Régie avait adopté, l’an dernier, des mesures visant à alléger la facturation. A commencer par les frais de coupure d’électricité et d’eau réduits de 50% et l’élargissement du nombre de familles bénéficiant du programme de branchements sociaux. Les usagers, eux demandent tout simplement une révision du système de facturation et exigent l’annulation de la facturation par tranche. Pour la Radeema et les autorités locales, c’est une demande qui dépasse la Régie puisque le barème est dicté par le ministère de l’Intérieur.
De notre correspondante,
Badra BERRISSOULE

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