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Régions

Troubles à Marrakech
Le dérapage programmé d’un quartier!

Par L'Economiste | Edition N°:3940 Le 02/01/2013 | Partager
Pauvreté et taux de chômage aidant, ce quartier est manipulable à souhait
Elus, membres d’Al Adl Wal Ihssane, soupçonnés de tirer les ficelles

Une jeunesse désemparée, désoeuvrée, et sans perspectives d’avenir, ayant vécu toute sa vie dans des conditions difficiles. Un cocktail Molotov qui devait un jour ou l’autre exploser, surtout au regard du passé de ce quartier qui en dit long sur sa surchauffe. Ici, pour calmer les tempéraments «fougueux et farouches», les autorités sont obligées de sortir l’artillerie lourde…

Manifestation spontanée ou manipulation? Seul le temps nous le dira. Les responsables de la Radeema, eux, sont convaincus d'une manipulation. Pour eux, la hausse des factures durant le mois d'été, disent-ils, était prévisible car la plupart des foyers sont équipés de climatiseurs et de ventilateurs. Il faut dire que les factures du mois d'été, qui ne tombent qu'en octobre, connaissent une forte hausse, justifiée selon la Radeema par le passage à la troisième, voire la quatrième tranche. La pilule ne passe pas pour les usagers du quartier Sidi Youssef Ben Ali qui reste un des quartiers les plus pauvres de la ville. Il abrite aujourd’hui une des populations les plus denses de Marrakech avec des perspectives de travail très limitées et des taux de chômage qui en font un des quartiers les plus «chauds» de la cité ocre. Ici, les chefs de familles sont soient artisans, vendeurs ambulants, ouvriers à la tâche ou chômeurs. Le chômage touche davantage les jeunes qui étaient aux premiers rangs des manifestants du 28 décembre dernier. A sa naissance dans les années 1960, Sidi Youssef Ben Ali avait l’allure d’un bidonville de Marrakech avec des maisons construites toutefois en argile. Il rassemblait à l’époque les populations des régions agricoles qui migraient vers Marrakech.
Pendant plus d’une trentaine d’années, cette population a été marginalisée vivant dans des conditions de grande précarité, à savoir dans un bidonville sans eau, sans électricité ni éclairage et surtout en l’absence totale de sécurité. Ce n’est que dans les années 1990 que ce quartier a été pris en main avec une véritable politique de reconstruction et surtout un raccordement aux réseaux d’eau et d’électricité ainsi que la construction d’écoles, mais sans plus. Politique entreprise après les violentes manifestations dans ce quartier en 1984. Mais si le quartier a été reconstruit, rien n’est fait sur le plan économique. Aucune activité n’y a été développée et le chômage est toujours prédominant et fait de ses habitants une population manipulable à souhait. Les élus en en profitent bien d’ailleurs (voir encadré). Pis encore, une nouvelle vague de migrants s’est installée dans les années 1990 à Sidi Youssef Ben Ali et les maisons abritent entre 4 à 6 familles. Si les chefs de familles ne trouvent pas de travail, les femmes se débrouillent mieux. Ces dernières années, elles se sont lancées dans la broderie, l’artisanat avec l’appui de l’INDH ou encore des institutions de microcrédits. Leur priorité est de rendre les foyers plus agréables. «Ainsi, lorsqu’elles gagnent de l’argent, elles l’investissent automatiquement dans l’achat d’un frigidaire ou d’un climatiseur et à crédit». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les manifestations de Sidi Youssef Ben Ali contre la cherté des factures d’électricité sont menées aussi par les femmes.

Des mauvais choix au départ

La pauvreté et le chômage aidant, les habitants de Sidi Youssef Ben Ali sont manipulables à souhait. Les élus qui se présentent dans cet arrondissement le savent d’ailleurs et en profitent largement. Certains estiment que la population de Sidi Youssef a été manipulée par des élus alors que d’autres soutiennent que ce sont des membres d'Al Adl Wal Ihssane qui tirent les ficelles. Enfin, pour d’autres, la journée du vendredi 28 décembre était plutôt spontanée. Les habitants voulaient tout simplement porter leur voix. Pour la petite histoire, Sidi Youssef Ben Ali a été érigé en préfecture dans les années 1990 et après un découpage administratif, il devient un arrondissement adossé à celui de la médina. Aux toutes dernières élections communales, le quartier a été fief de la famille Rafouche. Najib Rafouche, fils de son père Abdellah qui est aussi un élu communal, plus connu sous le nom de Ould Laroussia. Najib s’était présenté sous les couleurs du PAM à l’époque avant de changer de parti et de revenir vers le parti de l’Union constitutionnelle pour les législatives. Que ce soit le père ou le fils, les deux élus sont connus pour leurs largesses avec les habitants des quartiers populaires qui leur vouent une fidélité sans faille, particulièrement pour le père. C’est un membre influent de l’UC et en est l’homme fort. Il fait le beau et le mauvais temps dans le quartier de Sidi Youssef. Son absence aux dernières élections communales de 2009 était programmée, selon les observateurs avertis, pour laisser le champ libre au PAM. En contrepartie, il avait réussi à placer son fils, Najib, au sein du parti du tracteur. Finalement, ce mariage n’a pas duré  longtemps. Najib claque la porte, et soutenu par son père, s’est présenté pour les législatives sous les couleurs de l’UC.

 

Jihad RIZK

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