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Abattage: Tout le réseau à «nettoyer au karcher»

Par L'Economiste | Edition N°:3912 Le 21/11/2012 | Partager
L’Intérieur et l’Agriculture signent l’armistice pour la réforme
Une douzaine d’abattoirs en gestion déléguée
Aucune précision sur le calendrier et les sites

Sur les 180 abattoirs que compte le pays, seule la nouvelle unité privée de Meknès est au top des normes internationales

DES tops et des flops. C’est ce que reflète le film réalisé sur la filière des viandes rouges et diffusé avant-hier à l’occasion de la rencontre entre les professionnels et les ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur. Autant l’évolution de l’amont de la filière est un motif de fierté, autant l’aval provoque de la révulsion. Et le mot n’est pas assez dur. L’insalubrité règne partout dans les abattoirs visités. Et ils sont 179 qui ne répondent pas aux normes d’hygiène les plus élémentaires. Que dire alors des 674 tueries rurales passées sous silence par le film?
Le contraste est saisissant avec la nouvelle unité privée située dans la région de Meknès. Elle est au top des normes internationales. Même constat pour quelques élevages bovins et ovins menés dans des fermes modernes.
L’engagement politique d’en finir enfin avec cette plaie des abattoirs qui menaçait toute la filière des viandes rouges de scepticémie est un premier pas pour réformer le système d’abattage. Mais ce n’est pas gagné, car les résistances sont partout. A commencer par le ministère de l’Intérieur qui a longtemps résisté à lâcher la moindre parcelle de territoire sur la gestion des abattoirs. «C’est la recette fiscale générée par les unités d’abattage qui explique cette résistance», concède  Mohand Laenser, ministre de l’Intérieur. Lui-même avait tenté l’entreprise du temps où il dirigeait le ministère de l’Agriculture, sous le gouvernement Jettou, mais sans succès. Aujourd’hui, il affiche la volonté d’accompagner la réforme de manière progressive (voir édition du 3 novembre 2012). «Tout en sauvegardant les intérêts des divers intervenants», rassure le ministre sans rien dire sur la manière dont il compte s’y prendre, ni sur les mesures qu’il déclinera. Ce qui augure d’une lenteur certaine.
Pour le moment, il est prévu la mise à niveau d’une douzaine d’abattoirs à travers la gestion déléguée. A cet effet, deux cahiers des charges, l’un sur l’agrément sanitaire, l’autre sur la gestion déléguée ont été élaborés par les ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur et diffusés auprès des communes concernées. Mais aucune précision n’a été filtrée quant à la localisation des abattoirs et encore moins sur le timing. Ce qui est sûr, c’est la reprise des 8 projets intégrés programmés par le privé. «Déjà un abattoir dans la région de Tadla est en phase d’achèvement et la construction d’un autre sera lancée début 2013», a confirmé Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture. Dans le pipe aussi, l’aménagement et la modernisation de 21 marchés de bétail. «Et d’autres ne manqueront pas de suivre, vu la visibilité qui est désormais donnée aux opérateurs de la filière», se félicite le ministre. Au demeurant, le satisfecit était quasi-unanime parmi les professions présentes à la rencontre de lundi dernier quant au nouveau cadre réglementaire. «Les projets mis en veilleuse vont bientôt reprendre», anticipent de nombreux opérateurs. Le montant des investissements prévus dans le cadre du contrat-programme liant l’Etat à la filière des viandes rouges est également d’importance considérable: 6 milliards de dirhams. Chiffre assorti d’une subvention de 850 millions de DH sous forme de primes d’investissement, de subventions aux éleveurs et de soutien aux associations professionnelles.   
Pour le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural, Ahmed Ouayach, «c’est une mesure décisive qui va révolutionner la filière des viandes rouges». Des retombées sur la qualité et des prix des viandes seront aussi au rendez-vous si la valorisation gagne toute la chaîne des valeurs, prédit le chef de file des exploitants agricoles. «Pourvu que le même vent du libéralisme souffle sur les marchés de gros des fruits et légumes», espère Ouayach. Et l’appel a trouvé l’écho. Pour Laenser, «l’insalubrité et la mauvaise gestion ne sont pas limitées aux abattoirs». L’allusion est faite ici aux plateformes de commercialisation des fruits et légumes qui croulent aussi sous le monopole des communes. Selon nos informations, le dossier est en phase d’étude finale entre les ministères de l’Intérieur et du Commerce et de l’Industrie. Mais le département de l’Agriculture y est aussi très impliqué.

22 milliards de chiffre d’affaires

La filière concerne 1,1 million d’éleveurs. Avec à la clé 25,8 millions de têtes de bovins, ovins, caprins et dromadaires. L’activité réalise par ailleurs un chiffre d’affaires annuel estimé à 22 milliards de dirhams et assure 1,8 million de journées de travail à plein temps. En 2011, la production totale des viandes rouges a atteint 440.000 tonnes dont 52% sont contrôlées. Le reste relève de l’abattage religieux, familial et clandestin. Les objectifs du contrat-programme portent sur 500.000 tonnes à l’horizon 2020. Volume à rapprocher de l’activité structurée.

A. G.

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